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Conseil d'État, 10ème chambre jugeant seule, 23 décembre 2025, n° 503432

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503432.20251223

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel statuant sur une demande d'indemnisation des préjudices résultant d'agissements fautifs d'un agent public est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par la requérante n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme C... a demandé au tribunal administratif de Paris la condamnation de l'Etat à lui verser 107 000 euros en réparation de préjudices.
  • Le tribunal administratif a condamné l'Etat à verser 12 000 euros avec intérêts au taux légal à compter du 2 décembre 2020.
  • La cour administrative d'appel de Paris a réformé le jugement en ce qui concerne les intérêts et rejeté le surplus des conclusions d'appel.
  • Mme C... s'est pourvue en cassation contre l'arrêt de la cour administrative d'appel.
  • Elle soutenait notamment que la cour avait omis de statuer sur la faute tirée de la prise de photographies à son insu et avait mal évalué le préjudice sexuel.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme B... C... a demandé au tribunal administratif de Paris de condamner l’Etat à lui verser une somme de 107 000 euros en réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis. Par un jugement n° 2011199 du 16 février 2023, le tribunal administratif de Paris a condamné l’Etat à verser à Mme C... la somme de 12 000 euros en réparation de ces préjudices, assortie des intérêts au taux légal à compter du 2 décembre 2020. Par un arrêt n° 23PA01566 du 13 février 2025, la cour administrative d’appel de Paris a réformé ce jugement en tant qu’il concerne les intérêts sur la somme de 12 000 euros, et rejeté le surplus de ses conclusions d’appel. Par un pourvoi sommaire et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 14 avril, 15 juillet et 29 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme C... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt en tant qu’il rejette le surplus de ses conclusions ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général de la fonction publique ; - la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Sophie Delaporte, conseillère d'Etat, - les conclusions de Mme Leila Derouich, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Zribi & Texier, avocat de Mme C... ; Vu la note en délibéré, enregistrée le 19 novembre 2025, présentée par Mme C... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Paris qu’elle attaque, Mme C... soutient qu’il est entaché : - de défaut de réponse à moyen, en ce qu’il s’abstient de rechercher si le tribunal administratif n’avait pas mal interprété ses écritures, et de méconnaissance des termes du litige et de l’office du juge, en ce qu’il n’a pas répondu à son argumentation tendant à ce que soit reconnue la responsabilité de l’Etat pour une faute propre de l’administration ; - d’erreur de droit et d’insuffisance de motivation, en ce qu’il retient que l’existence d’une faute de l’agent, non dépourvue de tout lien avec le service, dispensait le juge d’examiner les fautes propres de l’administration, dont la méconnaissance de son obligation de sécurité ; - d’insuffisance de motivation en ce qu’il omet de statuer sur la faute tirée de ce que M. A... a pris des photographies d’elle à son insu et, par suite, sur le préjudice spécifique qui en résulte ; - d’erreur de droit, d’insuffisance de motivation et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il juge que le préjudice sexuel n’est pas établi ; - d’inexacte qualification juridique des faits et d’insuffisance de motivation, en ce qu’il exclut tout lien direct entre ses souffrances psychologiques et la faute de M. A.... 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme C... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B... C.... Copie en sera adressée à la ministre de la culture. Délibéré à l'issue de la séance du 13 novembre 2025 où siégeaient : Mme Rozen Noguellou, conseillère d'Etat, présidant ; M. Olivier Yeznikian, conseiller d'Etat et Mme Sophie Delaporte, conseillère d'Etat-rapporteure. Rendu le 23 décembre 2025. La présidente : Signé : Mme Rozen Noguellou La rapporteure : Signé : Mme Sophie Delaporte La secrétaire : Signé : Mme Sylvie Leporcq

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'Etat ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
L'Etat est-il responsable des fautes commises par ses agents ?
Oui, l'Etat peut être responsable des fautes commises par ses agents, même si l'agent a commis une faute personnelle, dès lors qu'il existe un lien avec le service. Toutefois, le juge peut examiner les fautes propres de l'administration.
Que faut-il pour qu'un pourvoi en cassation soit admis ?
Il faut que le pourvoi soit recevable et fondé sur au moins un moyen sérieux. Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à entraîner la cassation de la décision attaquée.
Puis-je obtenir réparation pour un préjudice sexuel causé par un agent public ?
Oui, si vous établissez l'existence d'un préjudice sexuel et un lien de causalité avec une faute de l'administration ou de l'agent, vous pouvez demander réparation devant le juge administratif.
Quels sont les délais pour se pourvoir en cassation ?
Le délai de recours en cassation est généralement de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée. Il est impératif de respecter ce délai.
Le juge doit-il examiner les fautes propres de l'administration si une faute de l'agent est établie ?
Le juge doit examiner l'ensemble des fautes invoquées, y compris les fautes propres de l'administration, même si une faute de l'agent est établie, sauf si cette faute est dépourvue de tout lien avec le service.

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