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Conseil d'État, 9ème chambre jugeant seule, 15 octobre 2025, n° 503466

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503466.20251015

Synthèse de la décision

Question juridique

Les chambres d'un hôtel constituent-elles des locaux commerciaux au sens de l'article 231 ter du code général des impôts, justifiant l'assujettissement à la taxe annuelle sur les surfaces de stationnement ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante, relatifs à la qualification des chambres d'hôtel comme locaux commerciaux, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Louvre Hôtels Group a été assujettie à la taxe annuelle sur les surfaces de stationnement au titre de l'année 2021 pour un ensemble immobilier situé à Bonneuil-en-France.
  • Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande de décharge par un jugement du 11 février 2025.
  • La société a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
  • Elle soutenait que les chambres d'hôtel ne sont pas accessibles au public et ne constituent donc pas des locaux commerciaux au sens de l'article 231 ter du CGI.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen n'était sérieux.

Articles cités

article 231 ter du code général des impôts article 1599 quater C du code général des impôts article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Louvre Hôtels Group a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise de prononcer la décharge de la cotisation de taxe annuelle sur les surfaces de stationnement à laquelle elle a été assujettie au titre de l’année 2021 à raison d’un ensemble immobilier situé à Bonneuil-en-France (Val-d’Oise). Par un jugement n° 2310465 du 11 février 2025, ce tribunal a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 14 avril et 11 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Louvre Hôtels Group demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Benoît Chatard, auditeur, - les conclusions de M. Bastien Lignereux, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL cabinet Briard, Bonichot et Associés, avocat de la société Louvre Hôtels Group ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’elle attaque, la société Louvre Hôtels Group soutient que le tribunal administratif de Cergy-Pontoise : - a méconnu les dispositions de l’article 231 ter du code général des impôts en jugeant que les chambres d’un hôtel entraient dans la catégorie des locaux commerciaux définie au 2° du III de cet article, alors qu’elles ne sont pas accessibles au public ; - a méconnu, par voie de conséquence, les dispositions de l’article 1599 quater C du code général des impôts en jugeant qu’elle avait été assujettie à bon droit, au titre des années en litige, à la taxe annuelle sur les surfaces de stationnement. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Louvre Hôtels Group n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Louvre Hôtels Group. Copie en sera adressée à la ministre de l’action et des comptes publics. Délibéré à l'issue de la séance du 25 septembre 2025 où siégeaient : Mme Anne Egerszegi, présidente de chambre, présidant ; M. Vincent Daumas, conseiller d'Etat et M. Benoît Chatard, auditeur-rapporteur. Rendu le 15 octobre 2025. La présidente : Signé : Mme Anne Egerszegi Le rapporteur : Signé : M. Benoît Chatard Le secrétaire : Signé : M. Gilles Ho La République mande et ordonne à la ministre de l’action et des comptes publics en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Les chambres d'hôtel sont-elles considérées comme des locaux commerciaux pour la taxe de stationnement ?
Selon la décision du Conseil d'État du 15 octobre 2025, les chambres d'hôtel entrent dans la catégorie des locaux commerciaux au sens de l'article 231 ter du CGI, même si elles ne sont pas accessibles au public.
Quels locaux sont soumis à la taxe annuelle sur les surfaces de stationnement ?
La taxe s'applique aux surfaces de stationnement situées dans les locaux commerciaux, notamment les hôtels, selon l'article 231 ter du CGI.
Comment contester une taxe de stationnement ?
Vous pouvez former une réclamation auprès de l'administration fiscale, puis un recours contentieux devant le tribunal administratif, et éventuellement un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
Qu'est-ce que l'admission d'un pourvoi en cassation ?
L'admission est une procédure préalable obligatoire devant le Conseil d'État. Le pourvoi est admis s'il est recevable et fondé sur un moyen sérieux ; sinon, il est rejeté.
Un hôtel peut-il être exonéré de la taxe de stationnement ?
L'exonération dépend des conditions prévues par la loi. En général, les surfaces de stationnement dans les locaux commerciaux sont imposables, sauf exceptions légales.

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