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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 20 octobre 2025, n° 503682

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503682.20251020

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension d'une sanction disciplinaire est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la commune contre l'ordonnance du juge des référés ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme A..., responsable de la police municipale de la commune de Joyeuse, a été sanctionnée d'une exclusion temporaire de fonctions d'un an par décision du maire du 25 février 2025.
  • Le juge des référés du tribunal administratif de Lyon a suspendu l'exécution de cette sanction par ordonnance du 7 avril 2025.
  • La commune de Joyeuse a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • La commune soutenait que le juge des référés avait commis une erreur de droit en retenant l'urgence, une erreur de droit en ne prenant en compte qu'un seul motif de l'arrêté, et une erreur de qualification juridique en retenant un doute sérieux sur la légalité de la sanction.
  • Le Conseil d'État a jugé qu'aucun de ces moyens n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 133-3 du code général de la fonction publique article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme B... A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Lyon d’ordonner, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 25 février 2025 par laquelle le maire de Joyeuse lui a infligé la sanction d’exclusion temporaire de fonctions pour une durée d’un an à compter du 1er mars 2025. Par une ordonnance n° 2503918 du 7 avril 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Lyon a suspendu l’exécution de cette décision. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 avril et 6 mai 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la commune de Joyeuse demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de rejeter la demande de Mme A... ; 3°) de mettre à la charge de Mme A... la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général de la fonction publique ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Cécile Isidoro, conseillère d'Etat, - les conclusions de M. Thomas Pez-Lavergne, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Bauer-Violas - Feschotte-Desbois - Sebagh, avocat de la commune de Joyeuse ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, la commune de Joyeuse soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Lyon : - a commis une erreur de droit en retenant l’existence d’une situation d’urgence en se bornant à constater une atteinte à la situation de Mme A... au regard de l’incidence de la sanction sur sa rémunération sans prendre en compte la nature des faits qui lui étaient reprochés et de ses missions de responsable de la police municipale de la commune ; - s’est mépris sur la portée de l’arrêté du 25 février 2025 et a entaché son ordonnance d’erreur de droit en ne prenant en compte qu’un motif de l’arrêté attaqué sans rechercher si le maire aurait pris la même décision en se fondant sur les autres motifs énoncés dans cet arrêté ; - a entaché son ordonnance d’erreur de qualification juridique en retenant qu’était de nature à faire naître un doute sérieux, sur la légalité de la décision contestée, le moyen tiré de ce que les faits reprochés à Mme A... ne constituent pas une faute et que la décision de sanction méconnaît les dispositions de l’article L. 133-3 du code général de la fonction publique. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la commune de Joyeuse n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la commune de Joyeuse. Copie en sera adressée à Mme B... A.... Délibéré à l'issue de la séance du 25 septembre 2025 où siégeaient : Mme Sylvie Pellissier, conseillère d'Etat, présidant ; M. Philippe Ranquet, conseiller d'Etat et Mme Cécile Isidoro, conseillère d'Etat-rapporteure. Rendu le 20 octobre 2025. La présidente : Signé : Mme Sylvie Pellissier La rapporteure : Signé : Mme Cécile Isidoro La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour obtenir la suspension d'une sanction disciplinaire en référé ?
Il faut démontrer une situation d'urgence et l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Comment se déroule la procédure d'admission d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi doit être admis par le Conseil d'État. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux.
Le juge des référés doit-il examiner tous les motifs de la décision attaquée ?
Le juge des référés doit apprécier la légalité de la décision dans son ensemble, mais il peut se fonder sur un seul motif pour retenir un doute sérieux.
Qu'est-ce qu'une situation d'urgence en référé suspension ?
L'urgence est caractérisée lorsque la décision attaquée porte une atteinte grave et immédiate à la situation du requérant, par exemple en affectant sa rémunération.
Que se passe-t-il si le pourvoi en cassation n'est pas admis ?
La décision attaquée devient définitive et le pourvoi est rejeté. Le requérant peut être condamné aux dépens.

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