Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 18 décembre 2025, n° 503748

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503748.20251218

Synthèse de la décision

Question juridique

Le refus d'admission d'un pourvoi en cassation est-il fondé lorsque les moyens soulevés ne sont pas de nature à permettre l'admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a demandé au tribunal administratif de Montreuil de condamner l'État à l'indemniser des préjudices résultant du retard dans l'octroi du concours de la force publique pour expulser des occupants sans droit ni titre.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par un jugement du 26 février 2025.
  • M. A... a formé un pourvoi en cassation contre ce jugement.
  • Il soutenait que le jugement était entaché d'erreur de droit, de dénaturation des pièces et d'inexacte qualification juridique des faits.
  • Il invoquait notamment un préjudice moral et financier, une perte de loyers et le versement d'une somme de 20 000 euros dans le cadre d'un protocole transactionnel.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Montreuil de condamner l’Etat à l’indemniser des préjudices résultant pour lui du retard dans l’octroi du concours de la force publique en vue de procéder à l’expulsion des occupants sans droit ni titre d’une maison d’habitation située rue Jean Bachelet à Neuilly Plaisance (Seine-Saint-Denis). Par un jugement n° 2304785 du 26 février 2025, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 avril et 18 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1° d’annuler ce jugement ; 2° réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3° de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code civil ; - le code des procédures civiles d’exécution ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Erwan Le Bras, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Florian Roussel, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Gatineau, Fattaccini, Rebeyrol, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’il attaque, M. A... soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient, sans que le juge n’ait fait usage de ses pouvoirs d’instruction, que sa demande tendant à la réparation d’un préjudice moral et financier était rédigée en des termes trop généraux pour apprécier la réalité des préjudices allégués, alors qu’il faisait état, de manière suffisamment précise, d’un préjudice résultant de l’inaction de la force publique qui a permis aux occupants de son bien de demeurer dans les lieux pendant deux ans sans s’acquitter d’aucune somme ; - d’inexacte qualification juridique des faits, d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il écarte l’existence d’un lien de causalité direct entre la décision du préfet et la perte de loyers qu’il a subie, alors que, d’une part, il n’a consenti à conclure un protocole transactionnel avec les occupants du bien qu’en raison de la seule inaction de l’administration et que, d’autre part, il a renoncé, par ce protocole, aux indemnités d’occupation dues par ces occupants mais non aux loyers qu’il aurait pu percevoir s’il avait disposé de son bien ; - d’inexacte qualification juridique des faits, d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il écarte l’indemnisation de la somme de 20 000 euros qu’il a consenti à verser, par la conclusion de ce protocole transactionnel, aux occupants de son bien, alors que ce protocole a été conclu dans un contexte contraint trouvant directement sa cause dans le retard pris par l’administration dans l’octroi du concours de la force publique. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.

Questions fréquentes

Que signifie le refus d'admission d'un pourvoi en cassation ?
Le refus d'admission signifie que le Conseil d'État estime que le pourvoi n'est pas fondé sur un moyen sérieux ou est irrecevable, et donc ne l'examine pas au fond.
Puis-je demander une indemnisation à l'État pour le retard dans l'expulsion de squatteurs ?
Oui, il est possible de demander réparation à l'État pour le préjudice résultant du retard dans l'octroi du concours de la force publique, mais il faut démontrer un préjudice direct et certain.
Quels sont les préjudices réparables en cas de retard de l'administration ?
Les préjudices réparables peuvent inclure la perte de loyers, les frais engagés, et le préjudice moral, à condition de les justifier précisément.
Le protocole transactionnel avec les occupants empêche-t-il d'obtenir réparation de l'État ?
Non, le protocole transactionnel n'empêche pas nécessairement d'obtenir réparation de l'État, mais il peut influencer l'évaluation du préjudice.
Comment faire pour que mon pourvoi en cassation soit admis ?
Il faut soulever des moyens sérieux, c'est-à-dire des erreurs de droit, de qualification juridique ou de dénaturation des faits, et présenter des arguments précis.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.