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Conseil d'État, 6ème chambre jugeant seule, 17 novembre 2025, n° 503799

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503799.20251117

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel confirmant le refus d'autorisation environnementale pour un parc éolien est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante, relatifs à l'absence de mise en œuvre des pouvoirs de régularisation du préfet et à la vérification des conditions de dérogation à la protection des espèces protégées, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Martaizé Energie a demandé l'annulation de l'arrêté du 17 juin 2022 par lequel le préfet de la Vienne a refusé l'autorisation environnementale pour un parc éolien de huit aérogénérateurs et quatre postes de livraison sur la commune de Martaizé.
  • La cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté sa requête par un arrêt du 6 mars 2025.
  • La société a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • Elle soutenait que la cour avait commis une erreur de droit en confirmant le refus sans mettre en œuvre les pouvoirs de régularisation de l'article L. 181-18 du code de l'environnement.
  • Elle soutenait également que la cour avait commis une erreur de droit en se fondant sur l'absence d'invocation de solutions alternatives ou de raisons impératives d'intérêt public majeur, alors qu'il appartenait au juge de vérifier si les conditions de dérogation étaient réunies.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 181-18 du code de l'environnement article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Martaizé Energie a demandé à la cour administrative d'appel de Bordeaux d’annuler l’arrêté du 17 juin 2022 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer l’autorisation environnementale pour l’installation et l’exploitation d’un parc éolien composé de huit aérogénérateurs et de quatre postes de livraison sur le territoire de la commune de Martaizé. Par un arrêt n° 22BX02176 du 6 mars 2025, la cour a rejeté sa requête. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 25 avril et 17 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Martaizé Energie demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa requête ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’environnement ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Léo André, auditeur, - les conclusions de Mme Maïlys Lange, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Rocheteau, Uzan-Sarano et Goulet, avocat de la société Martaizé Energie ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la société Martaizé Energie soutient que celui-ci est entaché : - d’erreur de droit en confirmant le refus du préfet sans mettre en œuvre les pouvoirs de régularisation qu’il tient de l’article L. 181-18 sans rechercher si les conditions de délivrance d’une dérogation à la protection des espèces protégées étaient réunies ; - d’erreur de droit en se fondant sur la circonstance que le pétitionnaire n’aurait pas invoqué l’absence de solution alternative ou la réponse à une raison impérative d’intérêt public majeur alors qu’il lui appartenait de vérifier s’il ressortait de l’instruction que les conditions de délivrance d’une dérogation ne sont pas réunies. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Martaizé Energie n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Martaizé Energie. Copie en sera adressée à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, et à l'association A contre vent. Délibéré à l'issue de la séance du 2 octobre 2025 où siégeaient : M. Stéphane Hoynck, assesseur, présidant ; M. Christophe Pourreau, conseiller d'Etat et M. Léo André, auditeur-rapporteur. Rendu le 17 novembre 2025. Le président : Signé : M. Stéphane Hoynck Le rapporteur : Signé : M. Léo André La secrétaire : Signé : Mme Juliette Dolley

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Quels sont les moyens soulevés par la société Martaizé Energie dans son pourvoi ?
La société soutenait que la cour avait commis une erreur de droit en confirmant le refus sans mettre en œuvre les pouvoirs de régularisation du préfet et en ne vérifiant pas si les conditions de dérogation pour espèces protégées étaient réunies.
Pourquoi le Conseil d'État a-t-il refusé d'admettre le pourvoi ?
Le Conseil d'État a jugé qu'aucun des moyens soulevés n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi, car ils n'étaient pas fondés sur un moyen sérieux.
Quelle est la portée de cette décision pour les projets éoliens ?
Cette décision rappelle que le refus d'autorisation environnementale pour un parc éolien peut être confirmé si les conditions de dérogation pour espèces protégées ne sont pas remplies, et que le juge de cassation n'admet que les pourvois présentant un moyen sérieux.
Que doit faire un pétitionnaire pour obtenir une autorisation environnementale ?
Le pétitionnaire doit démontrer que son projet respecte les conditions légales, notamment en matière de protection des espèces, et peut être amené à solliciter une dérogation si nécessaire.

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