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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 16 décembre 2025, n° 504026

Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:504026.20251216

Synthèse de la décision

Question juridique

Le refus d'autoriser le licenciement d'un salarié protégé pour méconnaissance de l'obligation de reclassement est-il légalement justifié, et le préjudice résultant du maintien de la rémunération est-il en lien direct avec l'illégalité de ce refus ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Allis a demandé réparation des préjudices subis du fait de l'illégalité de deux décisions refusant d'autoriser le licenciement de Mme B...
  • Le tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande par jugement du 15 décembre 2023.
  • La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté son appel par arrêt du 4 mars 2025.
  • La société Allis a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen n'était sérieux.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Allis a demandé au tribunal administratif de Caen de condamner l’Etat à lui verser la somme de 105 808, 03 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de sa réclamation indemnitaire préalable ainsi que de la capitalisation de ces intérêts, en réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis du fait de l’illégalité tant de la décision du 8 avril 2013 par laquelle l’inspecteur du travail de la section n° 5 de l’unité de contrôle du Calvados a refusé de l’autoriser à licencier Mme A... B... que de la décision du 19 septembre 2013 par laquelle le ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social a rejeté son recours hiérarchique contre ce refus. Par un jugement n° 2200731 du 15 décembre 2023, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24NT00402 du 4 mars 2025, la cour administrative d’appel de Nantes a rejeté l’appel formé par la société Allis contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 5 mai et 4 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Allis demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code du travail ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Aurélien Gloux-Saliou, maître des requêtes, - les conclusions de M. Jean-François de Montgolfier, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Lyon-Caen, Thiriez, avocat de la société Allis ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Nantes qu’elle attaque, la société Allis soutient qu’il est entaché : - d’insuffisance de motivation, de dénaturation des pièces du dossier, de méconnaissance de l’office du juge, de méconnaissance de l’autorité de chose jugée et d’erreur de droit en ce que la cour retient que le refus d’autoriser le licenciement était légalement justifié par la méconnaissance de son obligation de reclassement, alors que ce motif erroné, dont la cour ne précise ni en quoi il était fondé ni en quoi il suffisait à justifier le refus de licenciement, n’était énoncé que dans la décision du ministre chargé du travail du 19 septembre 2013, annulée par une décision du Conseil d’Etat, statuant au contentieux du 24 décembre 2019, et que l’administration, malgré une mise en demeure de produire un mémoire en défense adressée par la cour, n’a pas davantage produit d’écritures en appel qu’en première instance et n’a donc pas invoqué ce motif, qu’il n’appartenait pas au juge de rechercher de lui-même ; - d’erreur de droit et d’inexacte qualification juridique des faits en ce que la cour écarte l’existence d’un lien direct entre l’illégalité du refus d’autoriser le licenciement et le préjudice résultant du maintien de la rémunération de la salariée concernée, en jugeant qu’elle a méconnu son obligation de reclassement, faute d’avoir formulé des offres de reclassement fermes, alors que le caractère ferme de telles offres ne constitue pas un critère pertinent pour apprécier le respect de l’obligation en cause. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Allis n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Allis. Copie en sera adressée à Mme A... B... et au ministre du travail et des solidarités.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un salarié protégé ?
Un salarié protégé est un salarié qui bénéficie d'une protection particulière contre le licenciement, comme les représentants du personnel, les délégués syndicaux, etc. Son licenciement nécessite une autorisation administrative.
Que se passe-t-il si l'inspecteur du travail refuse d'autoriser un licenciement ?
L'employeur peut former un recours hiérarchique auprès du ministre du travail. Si le refus est annulé par le juge, l'employeur peut demander réparation des préjudices subis.
Qu'est-ce que l'obligation de reclassement ?
L'obligation de reclassement impose à l'employeur de proposer un autre poste au salarié dont le licenciement est envisagé, avant de pouvoir obtenir l'autorisation de licencier.
Comment former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi doit être formé dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée. Il doit être accompagné d'un mémoire exposant les moyens de cassation.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est soumis à une procédure d'admission. Le pourvoi est admis s'il soulève un moyen sérieux ; sinon, il est rejeté.

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