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Conseil d'État, 6ème chambre jugeant seule, 17 novembre 2025, n° 504037

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:504037.20251117

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel confirmant la légalité d'un arrêté préfectoral de mise en demeure est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante, tirés d'erreurs de droit, d'insuffisance de motivation et de dénaturation des pièces du dossier, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Idex Environnement exploite un centre de valorisation organique à la Martinique.
  • Le préfet de la Martinique a pris un arrêté de mise en demeure le 4 novembre 2021.
  • Le tribunal administratif a partiellement abrogé l'arrêté, mais la cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté l'appel de la société.
  • La société s'est pourvue en cassation contre l'arrêt de la cour administrative d'appel.
  • Le Conseil d'Etat a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen sérieux n'était soulevé.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Idex Environnement a demandé au tribunal administratif de la Martinique, à titre principal, d’annuler l’arrêté du 4 novembre 2021 par lequel le préfet de la Martinique l’a mise en demeure de respecter les prescriptions applicables à son installation de compostage et de méthanisation de déchets non dangereux pour l’exploitation du centre de valorisation organique situé route de la pointe Jean-Claude sur le territoire de la commune du Robert (Martinique) et, à titre subsidiaire, de réformer le premier article de cet arrêté. Par un jugement n° 2100754 du 22 décembre 2022, le tribunal administratif a abrogé cet arrêté en tant qu’il met en demeure la société Idex Environnement de transmettre, dans un délai d’un mois, un plan détaillant les solutions techniques projetées pour ramener les valeurs des paramètres des rejets aqueux sous les limites autorisées ainsi qu’un planning de mise en œuvre de ces solutions et a rejeté le surplus des conclusions de la demande. Par un arrêt n° 23BX00551 du 4 mars 2025, la cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté l’appel formé par la société Idex Environnement contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 5 mai et 5 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Idex Environnement demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’environnement ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Gabrielle Hazan, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de Mme Maïlys Lange, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Célice, Texidor, Perier, avocat de la société Idex Environnement ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Bordeaux qu’elle attaque, la société Idex Environnement soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit, d’insuffisance de motivation et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il juge que le délai de huit mois imparti pour procéder à la remise en état des murs séparatifs des casiers du hall 4, servant à l’activité de compostage, n’était pas insuffisant ; - d’erreur de droit, d’insuffisance de motivation et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il juge que les délais impartis pour transmettre, d’une part, les bons de commandes de travaux relatifs à la mise en œuvre des solutions techniques projetées pour ramener les valeurs des paramètres de rejets aqueux sous les limites autorisées et, d’autre part, les justificatifs d’achèvement des travaux n’étaient pas insuffisants. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Idex Environnement n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Idex Environnement. Copie en sera adressée à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature. Délibéré à l'issue de la séance du 2 octobre 2025 où siégeaient : M. Stéphane Hoynck, assesseur, présidant ; M. Christophe Pourreau, conseiller d'Etat et Mme Gabrielle Hazan, maîtresse des requêtes en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 17 novembre 2025. Le président : Signé : M. Stéphane Hoynck La rapporteure : Signé : Mme Gabrielle Hazan La secrétaire : Signé : Mme Juliette Dolley

Questions fréquentes

Comment contester une mise en demeure préfectorale ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif, puis un appel devant la cour administrative d'appel, et enfin un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat, sous réserve de l'admission de ce pourvoi.
Quelles sont les conditions pour que le Conseil d'Etat admette un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne soulève aucun moyen sérieux.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit qui paraît de nature à entraîner la cassation de la décision attaquée, par exemple une erreur de droit, une insuffisance de motivation ou une dénaturation des pièces du dossier.
Quels sont les délais pour se pourvoir en cassation ?
Le délai de recours en cassation est généralement de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée, sauf dispositions contraires.
Que faire si ma demande d'admission est refusée ?
La décision de refus d'admission est définitive et ne peut être contestée. Vous devez vous conformer à la décision attaquée.

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