Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 25 novembre 2025, n° 504059

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:504059.20251125

Synthèse de la décision

Question juridique

La cour administrative d'appel a-t-elle commis une erreur de droit ou une dénaturation des faits en jugeant que les difficultés scolaires d'un élève handicapé n'étaient pas imputables à une carence fautive de l'État dans la mise en œuvre de son projet d'accompagnement individualisé ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés de l'insuffisance de motivation, de la méconnaissance de l'office du juge, de l'erreur de droit et de la dénaturation des pièces, n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B..., handicapé, a été scolarisé entre 2009 et 2014.
  • Il a demandé réparation à l'État pour mauvaise prise en charge de son handicap.
  • Le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande (jugement du 4 juillet 2024).
  • La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté son appel (arrêt du 11 mars 2025).
  • M. B... s'est pourvu en cassation devant le Conseil d'État.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Nantes de condamner l’Etat à lui verser la somme de 3 365 290 euros en réparation des préjudices qu’il estime avoir subis à raison de la mauvaise prise en charge de son handicap au cours de sa scolarité entre 2009 et 2014. Par un jugement n° 2004466 du 4 juillet 2024, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24NT02681 du 11 mars 2025, la cour administrative d’appel de Nantes a rejeté l’appel formé par M. B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 6 mai et 17 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’éducation ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Catherine Fischer-Hirtz, conseillère d'Etat, - les conclusions de M. Cyrille Beaufils, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Marlange, de la Burgade, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Nantes qu’il attaque, M. B... soutient qu’il est entaché : - d’insuffisance de motivation et de méconnaissance par le juge de son office en ce qu’il ne tient pas compte du courrier du 29 juin 2014 dénonçant l’incapacité de l’administration à prendre les mesures nécessaires pour adapter le projet d’accompagnement individualisé à son handicap ; - d’insuffisance de motivation, d’inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il juge que les difficultés qu’il a rencontrées n’étaient pas imputables à l’inadaptation ou à la mauvaise exécution du projet d’accompagnement individualisé et du projet personnalisé de scolarisation par l’administration ; - d’insuffisance de motivation, de méconnaissance de son office, d’erreur de droit et d’inexacte qualification juridique des faits en ce qu’il retient que les nombreux certificats médicaux attestant de ses difficultés scolaires ne permettaient pas d’établir l’incapacité de l’administration à s’adapter à son handicap ; - d’inexacte qualification juridique des faits en ce qu’il juge que les lacunes du projet d’accompagnement individualisé tant dans sa conception que dans son application ne caractérisaient pas une carence fautive de l'Etat. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’éducation nationale.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour engager la responsabilité de l'État en raison de la scolarisation d'un enfant handicapé ?
La responsabilité de l'État peut être engagée s'il est démontré une carence fautive dans la mise en œuvre des mesures prévues par le projet personnalisé de scolarisation ou le projet d'accompagnement individualisé, et si cette carence a causé un préjudice direct et certain.
Que faire si le projet personnalisé de scolarisation de mon enfant n'est pas respecté ?
Vous pouvez saisir le tribunal administratif pour demander réparation des préjudices subis, en apportant la preuve de la carence de l'administration et du lien de causalité avec les difficultés rencontrées.
Comment se déroule un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation est soumis à une procédure d'admission. Le Conseil d'État refuse l'admission si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux. Si l'admission est refusée, la décision attaquée devient définitive.
Quels préjudices peuvent être indemnisés en cas de mauvaise prise en charge du handicap à l'école ?
Les préjudices indemnisables peuvent inclure les préjudices moral, matériel, et les troubles dans les conditions d'existence, sous réserve de leur démonstration et du lien de causalité avec la faute de l'État.
Quels sont les délais pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai de recours en cassation est de deux mois à compter de la notification de la décision de la cour administrative d'appel, conformément à l'article R. 821-1 du code de justice administrative.
Que signifie 'carence fautive' de l'État ?
Une carence fautive est un manquement de l'administration à une obligation légale ou réglementaire, par exemple l'absence de mise en œuvre des mesures d'accompagnement prévues pour un élève handicapé, qui engage sa responsabilité.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.