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Conseil d'État, 6ème chambre jugeant seule, 17 novembre 2025, n° 504154

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:504154.20251117

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant la demande d'annulation d'un plan de prévention des risques naturels prévisibles d'inondation est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le préfet des Bouches-du-Rhône a approuvé le plan de prévention des risques naturels prévisibles d'inondation du bassin versant de l'Arc sur la commune d'Aix-en-Provence par arrêté du 2 mars 2020.
  • M. A... a demandé l'annulation de cet arrêté devant le tribunal administratif de Marseille, qui a rejeté sa demande par jugement du 13 octobre 2022.
  • La cour administrative d'appel de Marseille a rejeté l'appel de M. A... par arrêt du 18 octobre 2024.
  • M. A... s'est pourvu en cassation contre cet arrêt, soulevant plusieurs moyens : erreur de droit, insuffisance de motivation, dénaturation des pièces du dossier.
  • Le Conseil d'Etat a examiné les moyens et a décidé de ne pas admettre le pourvoi.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative article L.761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Marseille d’annuler l’arrêté du 2 mars 2020 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a approuvé le plan de prévention des risques naturels prévisibles d’inondation du secteur géographique du bassin versant de l’Arc et de ses affluents sur la commune d’Aix-en-Provence. Par un jugement n° 2006389 du 13 octobre 2022, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 23MA00378 du 18 octobre 2024, la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté l’appel formé par M. A... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 mai et 11 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 500 euros au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’environnement ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Gabrielle Hazan, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de Mme Maïlys Lange, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Gaschignard, Loiseau, Massignon, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. A... soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit et d’insuffisance de motivation en ce que la cour a jugé que la commune d’Aix-en-Provence avait été suffisamment associée au processus d’élaboration du plan ; - d’erreur de droit et d’insuffisance de motivation en ce que la cour a jugé que l’absence d’audition du maire d’Aix-en-Provence par le commissaire enquêteur n’avait pas exercé une influence sur la décision de l’autorité administrative, sans rechercher si elle n’avait pas privé la commune d’une garantie ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce que la cour a jugé que les avis des personnes publiques associées avaient été annexés au dossier de l’enquête publique et mis en ligne sur le site dédié à l’enquête publique ; - de dénaturation des pièces du dossier en ce que la cour a estimé que la parcelle BT16 était particulièrement sujette à inondation pour l’essentiel de sa superficie. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature. Délibéré à l'issue de la séance du 2 octobre 2025 où siégeaient : M. Stéphane Hoynck, assesseur, présidant ; M. Christophe Pourreau, conseiller d'Etat et Mme Gabrielle Hazan, maîtresse des requêtes en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 17 novembre 2025. Le président : Signé : M. Stéphane Hoynck La rapporteure : Signé : Mme Gabrielle Hazan La secrétaire : Signé : Mme Juliette Dolley

Questions fréquentes

Comment contester un plan de prévention des risques d'inondation ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif dans les deux mois suivant la publication de l'arrêté approuvant le plan. En cas de rejet, un appel peut être porté devant la cour administrative d'appel, puis un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat, sous réserve de l'admission de ce pourvoi.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux pour l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à entraîner la cassation de la décision attaquée. Il doit être fondé sur une erreur de droit, une insuffisance de motivation, une dénaturation des faits ou une irrégularité de procédure.
Une commune doit-elle être associée à l'élaboration d'un PPRN ?
Oui, les communes concernées doivent être associées à l'élaboration du plan de prévention des risques naturels prévisibles. Cette association peut se faire par consultation, réunions, ou avis sur le projet.
Que se passe-t-il si le commissaire enquêteur n'auditionne pas le maire ?
L'absence d'audition du maire par le commissaire enquêteur peut constituer une irrégularité si elle a privé la commune d'une garantie ou a exercé une influence sur la décision. En l'espèce, le Conseil d'Etat a jugé que ce moyen n'était pas sérieux.
Les avis des personnes publiques associées doivent-ils être annexés au dossier d'enquête ?
Oui, les avis des personnes publiques associées doivent être annexés au dossier d'enquête publique et mis à disposition du public. En l'espèce, la cour a jugé que cela avait été fait.
Comment prouver qu'une parcelle est sujette à inondation ?
La preuve peut être apportée par des études hydrauliques, des constats d'inondations passées, des cartes de zones inondables, ou des expertises. En l'espèce, la cour a estimé que la parcelle était particulièrement sujette à inondation pour l'essentiel de sa superficie.

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