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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 28 novembre 2025, n° 504230

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:504230.20251128

Synthèse de la décision

Question juridique

Le refus d'admission d'un pourvoi en cassation est-il fondé lorsque le requérant conteste le jugement rejetant sa demande d'indemnisation pour absence de relogement, en invoquant une erreur de droit sur la composition du foyer et une violation de l'article 8 de la CESDH ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé au tribunal administratif de Paris de condamner l'Etat à lui verser 30 000 euros en réparation des préjudices résultant de son absence de relogement à compter du 30 mars 2023.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par un jugement du 8 janvier 2025.
  • M. B... réside dans un studio de 15 m2 et soutient qu'il ne peut pas accueillir ses deux filles âgées de 23 et 25 ans.
  • La commission de médiation avait reconnu son droit au relogement, mais l'Etat ne l'a pas relogé.
  • M. B... se pourvoit en cassation contre le jugement du tribunal administratif.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales article L. 761-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Paris de condamner l’Etat à lui verser une somme de 30 000 euros en réparation des préjudices subis résultant de son absence de relogement à compter du 30 mars 2023. Par un jugement n° 2413694 du 8 janvier 2025, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 mai et 8 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros à verser à la société Boulloche, Colin, Stoclet et associés, son avocat, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code de la construction et de l’habitation ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Coralie Albumazard, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Maxime Boutron, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Boulloche, Colin, Stoclet et associés, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’il attaque, M. B... soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit, en ce qu’il juge qu’il ne démontre pas résider dans un logement suroccupé au seul motif que ses deux filles, âgées de 23 et 25 ans, ne font pas partie de son foyer fiscal ; - de dénaturation des pièces du dossier, d’erreur de droit et d’inexacte qualification juridique des faits en ce qu’il retient qu’il ne subit aucun trouble dans ses conditions d’existence alors qu’il réside toujours dans un studio de 15 m2 dans lequel il ne peut accueillir ses filles, ce qui caractérise des conditions de logement contraires aux exigences qui découlent de l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - d’erreur de droit, en ce qu’il se réfère uniquement à ses conditions de logement actuelles sans les comparer avec celles qui auraient été les siennes si l’Etat l’avait relogé conformément à la décision de la commission de médiation. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de la ville et du logement. Délibéré à l'issue de la séance du 21 octobre 2025 où siégeaient : M. Jean-Philippe Mochon, président de chambre, présidant ; M. Alain Seban, conseiller d’Etat et Mme Coralie Albumazard, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 28 novembre 2025. Le président : Signé : M. Jean-Philippe Mochon La rapporteure : Signé : Mme Coralie Albumazard La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Pilet

Questions fréquentes

Comment obtenir une indemnisation pour absence de relogement ?
Vous devez saisir le tribunal administratif d'une demande de réparation, en démontrant le préjudice subi du fait de l'absence de relogement, après avoir été reconnu prioritaire par la commission de médiation.
Qu'est-ce que le droit au logement opposable (DALO) ?
Le DALO permet à toute personne prioritaire et urgente de bénéficier d'un logement ou d'un hébergement. Si l'Etat ne propose pas de solution, un recours peut être formé devant le tribunal administratif.
Comment saisir la commission de médiation pour un relogement ?
Vous devez déposer un recours amiable auprès de la commission de médiation de votre département, en justifiant de votre situation (logement insalubre, suroccupé, etc.).
Quels sont les critères pour être reconnu prioritaire pour un logement social ?
Les critères incluent notamment l'absence de logement, le logement insalubre ou suroccupé, les personnes handicapées, etc. La commission de médiation évalue chaque situation.
Que faire si l'Etat ne me reloge pas après une décision de la commission de médiation ?
Vous pouvez saisir le tribunal administratif pour faire valoir votre droit et demander une indemnisation pour le préjudice subi.
Comment former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat ?
Le pourvoi doit être formé dans un délai de deux mois après la notification du jugement, par un avocat au Conseil d'Etat, et il doit soulever des moyens de droit.

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