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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 17 décembre 2025, n° 504232

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:504232.20251217

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel confirmant des redressements fiscaux est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par la société requérante n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La SAS Ranex Builders a fait l'objet de redressements fiscaux au titre des exercices 2013, 2014 et 2015.
  • Le tribunal administratif de Nice a rejeté ses demandes de décharge.
  • La cour administrative d'appel de Marseille a rejeté son appel.
  • La société se pourvoit en cassation contre l'arrêt de la cour.
  • Les moyens invoqués portent sur la réintégration de charges de sous-traitance et d'achat de matériel, ainsi que sur le caractère déficitaire de la société Ranex Angleterre.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société par actions simplifiée (SAS) Ranex Builders a demandé au tribunal administratif de Nice de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés et des retenues à la source auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015, ainsi que des majorations correspondantes. Par un jugement nos 1804411, 2100606 du 25 avril 2022, ce tribunal a rejeté ses demandes. Par un arrêt n° 22MA01850 du 10 mars 2025, la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté l’appel formé par la SAS Ranex Builders contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 mai et 11 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la SAS Ranex Builders demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Nicolas Jau, maître des requêtes, - les conclusions de M. Arnaud Skzryerbak, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Buk Lament - Robillot, avocat de la société Ranex Builders ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la SAS Ranex Builders soutient que la cour administrative d’appel de Marseille : - a commis une erreur de droit, insuffisamment motivé son arrêt et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que l’administration avait à bon droit réintégré les charges correspondant à des prestations de sous-traitance facturées par la société Ranex Angleterre ; - l’a insuffisamment motivé et a dénaturé les pièces du dossier en jugeant que l’administration avait à bon droit réintégré les charges correspondant à l’achat de matériel à la société Natural Stones Production ; - a dénaturé les pièces du dossier en jugeant que la réalité des déficits de la société Ranex Angleterre n’était pas établie ; - a commis une erreur de droit et insuffisamment motivé son arrêt en jugeant que les dividendes d’origine française non imposés avaient pour effet de remettre en cause le caractère déficitaire des exercices concernés pour la société Ranex Angleterre. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la SAS Ranex Builders n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société par actions simplifiée Ranex Builders. Copie en sera adressée à la ministre de l’action et des comptes publics. Délibéré à l'issue de la séance du 20 novembre 2025 où siégeaient : M. Philippe Ranquet, conseiller d'Etat, présidant ; Mme Sylvie Pellissier, conseillère d'Etat et M. Nicolas Jau, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 17 décembre 2025. Le président : Signé : M. Philippe Ranquet Le rapporteur : Signé : M. Nicolas Jau La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française pour contester une décision rendue en dernier ressort par une cour administrative d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission préalable.
Quelles sont les conditions pour qu'un pourvoi soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux, c'est-à-dire un moyen de droit ou de fait susceptible de remettre en cause la décision attaquée.
Que se passe-t-il si le pourvoi n'est pas admis ?
La décision attaquée devient définitive et le requérant doit se conformer à celle-ci. Il ne peut plus contester la décision.
Peut-on déduire des charges de sous-traitance si le sous-traitant est une société liée ?
Oui, mais l'administration peut les réintégrer si elle démontre que les prestations ne sont pas réelles ou que les montants sont excessifs. Il faut pouvoir justifier de la réalité et de la valeur des prestations.
Comment prouver la réalité de déficits pour les reporter ?
Il faut fournir des documents comptables et des justificatifs démontrant que les déficits proviennent de charges réelles et non de montages artificiels. L'administration peut les remettre en cause si elle estime qu'ils ne sont pas justifiés.

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