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Conseil d'État, 6ème chambre jugeant seule, 17 novembre 2025, n° 504272

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:504272.20251117

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'annulation d'une obligation de quitter le territoire français est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à permettre l'admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a demandé au tribunal administratif de Montpellier l'annulation d'un arrêté du préfet de l'Hérault du 27 décembre 2022 rejetant sa demande de titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par jugement du 17 avril 2023.
  • La cour administrative d'appel de Toulouse a annulé ce jugement en tant qu'il rejette la demande d'annulation de l'interdiction de retour, annulé l'arrêté en tant qu'il prononce cette interdiction, et rejeté le surplus de la demande.
  • Mme B... se pourvoit en cassation contre l'arrêt de la cour en tant qu'il rejette le surplus de son appel.
  • Elle soutient que sa demande du 14 novembre 2022 devait être regardée comme une demande de renouvellement de titre en qualité de conjoint de français, et non comme une nouvelle demande.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Montpellier, d’une part, d’annuler l’arrêté du 27 décembre 2022 par lequel le préfet de l’Hérault a rejeté sa demande de délivrance d’un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d’office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d’un an et, d’autre part, d’enjoindre au préfet de l’Hérault, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande d’admission au séjour. Par un jugement n° 2300475 du 17 avril 2023, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 23TL01211 du 26 décembre 2024, la cour administrative d’appel de Toulouse a, sur appel de Mme B..., annulé ce jugement en tant qu’il rejette la demande de Mme B... tendant à l’annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d’un an, annulé l’arrêté du 27 décembre 2022 en tant qu’il prononce une telle interdiction et rejeté le surplus de la demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 mai et 11 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt en tant qu’il rejette le surplus de son appel ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros à verser à la SCP Gaschignard, Loiseau, Massignon, son avocat, au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Léo André, auditeur, - les conclusions de Mme Maïlys Lange, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Gaschignard, Loiseau, Massignon, avocat de Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Toulouse qu’elle attaque, Mme B... soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit et d’erreur de qualification juridique des faits en ce qu’il juge que la demande qu’elle a présentée le 14 novembre 2022 ne pouvait s’analyser que comme une nouvelle demande de titre de séjour et non comme visant au renouvellement du titre en qualité de conjoint de français dont elle disposait précédemment ; - d’erreur de droit en ce qu’il admet que le préfet pouvait légalement lui faire obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Délibéré à l'issue de la séance du 2 octobre 2025 où siégeaient : M. Stéphane Hoynck, assesseur, présidant ; M. Christophe Pourreau, conseiller d'Etat et M. Léo André, auditeur-rapporteur. Rendu le 17 novembre 2025. Le président : Signé : M. Stéphane Hoynck Le rapporteur : Signé : M. Léo André La secrétaire : Signé : Mme Juliette Dolley

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française pour contester une décision rendue en dernier ressort par une cour administrative d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission préalable.
Quelles sont les conditions pour que mon pourvoi soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. Si aucun moyen sérieux n'est invoqué, le Conseil d'Etat refuse l'admission.
Que signifie 'moyen sérieux' ?
Un moyen sérieux est un argument de droit ou de fait qui est susceptible de remettre en cause la décision attaquée. Il doit être pertinent et de nature à entraîner l'annulation ou la réformation de la décision.
Puis-je contester une obligation de quitter le territoire français ?
Oui, vous pouvez contester une OQTF devant le tribunal administratif, puis en appel devant la cour administrative d'appel, et enfin en cassation devant le Conseil d'Etat, sous réserve de respecter les délais et conditions.
Quelle est la différence entre une demande de renouvellement de titre et une nouvelle demande ?
Une demande de renouvellement concerne un titre déjà détenu et arrivant à expiration, tandis qu'une nouvelle demande est faite pour obtenir un premier titre ou un titre différent. Cette distinction peut avoir des conséquences sur les conditions de délivrance.
Que se passe-t-il si mon pourvoi n'est pas admis ?
Si le pourvoi n'est pas admis, la décision de la cour administrative d'appel devient définitive. Vous devez alors vous y conformer, sauf à engager d'autres recours exceptionnels.

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