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Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 19 juin 2026, n° 504283

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:504283.20260619

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel confirmant la imposition de sommes résultant d'un abandon de créance est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les requérants, relatifs à la motivation, à la dénaturation, à l'erreur de droit, à la charge de la preuve et à la qualification juridique des faits, n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • MM. B... et A... ont demandé la décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales pour les années 2011 à 2013.
  • Le tribunal administratif de Nîmes a rejeté leur demande par jugement du 17 février 2023.
  • La cour administrative d'appel de Toulouse a rejeté leur appel par arrêt du 13 mars 2025.
  • Les requérants se pourvoient en cassation contre cet arrêt.
  • Le litige porte sur un jeu d'écritures comptables dans la société Le Roman de la Chaise, qualifié d'abandon de créance.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : MM. Amaury B... et Gilles A... ont demandé au tribunal administratif de Nîmes de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2011, 2012 et 2013, ainsi que des pénalités correspondantes. Par un jugement n° 2003598 du 17 février 2023, ce tribunal a rejeté leur demande. Par un arrêt n° 23TL01047 du 13 mars 2025, la cour administrative d’appel de Toulouse a rejeté l’appel formé par MM. B... et A... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 mai et 13 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, MM. B... et A... demandent au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Cyril Noël, maître des requêtes ; - les conclusions de M. Romain Victor, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Le Prado – Gilbert, avocat de MM. B... et A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’ils attaquent, MM. B... et A... soutiennent que la cour administrative d’appel de Toulouse : - l’a insuffisamment motivé et a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que l’administration avait à bon droit regardé le jeu d’écritures internes à la comptabilité de la société Le Roman de la Chaise, consistant à transférer les sommes inscrites au crédit d’un compte de tiers au nom de M. B... au crédit du compte d’associé ouvert au nom de M. A..., comme procédant d’un abandon de créance de M. B... à cette société puis de celle-ci à M. A... ; - a commis une erreur de droit en estimant que l’administration fiscale avait à bon droit imposé la somme de 162 633,45 euros entre les mains de M. A..., sans rechercher si cette somme correspondait à un revenu et n’était pas représentative d’une cession de la créance que M. B... détenait sur la société Le Roman de la Chaise à M. A... ; - a méconnu les règles de dévolution de la charge de la preuve, commis une erreur de droit et inexactement qualifié les faits de l’espèce en jugeant que l’administration avait apporté la preuve de leur intention délibérée d’éluder l’impôt au motif qu’ils n’établissaient pas la réalité du prêt allégué entre eux. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de MM. B... et A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à MM. Amaury B... et Gilles A.... Copie en sera adressée au ministre de l’action et des comptes publics. Délibéré à l'issue de la séance du 21 mai 2026 où siégeaient : Mme Emilie Bokdam-Tognetti, présidente de chambre, présidant ; M. Jonathan Bosredon, conseiller d'Etat et M. Cyril Noël, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 19 juin 2026 La présidente : Signé : Mme Emilie Bokdam-Tognetti Le rapporteur : Signé : M. Cyril Noël Le secrétaire : Signé : M. Aurélien Engasser La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française, qui examine la légalité des décisions rendues par les cours administratives d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission préalable.
Quelles sont les conditions pour que mon pourvoi soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. S'il est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux, il est refusé.
Qu'est-ce qu'un abandon de créance en droit fiscal ?
C'est une renonciation par un créancier à recouvrer une dette. En fiscalité, cela peut être considéré comme un revenu imposable pour le débiteur, sauf exceptions.
Une cession de créance est-elle imposable ?
La cession de créance n'est pas en soi un revenu imposable, mais le prix de cession peut être soumis à imposition selon les circonstances. Dans cette affaire, l'administration a requalifié l'opération en abandon de créance.
Qui doit prouver l'intention d'éluder l'impôt ?
En matière de pénalités pour manœuvres frauduleuses, l'administration doit apporter la preuve de l'intention délibérée du contribuable d'éluder l'impôt.
Que faire si je conteste une imposition supplémentaire ?
Vous pouvez former une réclamation auprès de l'administration fiscale, puis saisir le tribunal administratif, et éventuellement faire appel et pourvoi en cassation.

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