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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 25 novembre 2025, n° 504530

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:504530.20251125

Synthèse de la décision

Question juridique

L'arrêt de la cour administrative d'appel est-il entaché d'erreur de droit en ce qu'il applique les dispositions relatives aux maladies non professionnelles à une salariée victime d'une maladie professionnelle, et a-t-il inexactement qualifié les faits en jugeant que l'employeur avait satisfait à son obligation de reclassement ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a été licenciée par la société Akidis après autorisation de la ministre du travail le 13 novembre 2020.
  • Elle a demandé l'annulation de cette décision devant le tribunal administratif de Bordeaux, qui a rejeté sa demande le 23 février 2023.
  • La cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté son appel le 20 mars 2025.
  • Mme B... se pourvoit en cassation contre cet arrêt, soutenant notamment une erreur de droit sur le fondement applicable (maladie professionnelle vs non professionnelle) et une inexacte qualification des faits concernant l'obligation de reclassement.
  • Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen n'est sérieux.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative articles L. 1226-2 et L. 1226-2-1 du code du travail

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 13 novembre 2020 par laquelle la ministre du travail a autorisé la société Akidis à la licencier. Par un jugement n° 2100127 du 23 février 2023, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 23BX00838 du 20 mars 2025, la cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté l’appel formé par Mme B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 20 mai et 20 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat et de la société CAT France, venant aux droits de la société Akidis, la somme de 8 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code du travail ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Cécile Fraval, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Cyrille Beaufils, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Boucard, Capron, Maman, avocat de Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Bordeaux qu’elle attaque, Mme B... soutient qu’il est entaché : - d’insuffisance de motivation et d’erreur de droit en ce que, pour rechercher si son employeur a procédé à une recherche sérieuse des possibilités de reclassement, il se fonde sur les dispositions des articles L. 1226 2 et L. 1226-2-1 du code du travail relatives aux salariés victimes d’une maladie non professionnelle alors qu’elle est victime d’une maladie professionnelle ; - d’inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que son employeur a procédé à une recherche sérieuse des possibilités de reclassement ; - d’inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il juge que les trois postes situés à Onnaing et Gennevilliers ont fait l’objet d’une proposition individuelle alors que ces postes s’inscrivaient dans le cadre d’une bourse aux offres d’emploi ; - d’erreur de droit et d’inexacte qualification juridique des faits en ce qu’il retient que la société Akidis a satisfait à son obligation de reclassement alors que les postes relevant de la société Geodis Sud-Ouest proposés à Mme B... n’étaient pas appropriés à ses capacités. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B.... Copie en sera adressée à la société CAT France et au ministre du travail et des solidarités.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre maladie professionnelle et maladie non professionnelle pour le reclassement ?
Les obligations de l'employeur en matière de reclassement sont différentes selon que l'inaptitude résulte d'une maladie professionnelle ou non. Pour une maladie professionnelle, l'employeur doit proposer un emploi adapté en tenant compte des préconisations du médecin du travail, et la recherche de reclassement doit être sérieuse.
Que faire si mon employeur ne respecte pas son obligation de reclassement ?
Vous pouvez contester la décision de licenciement devant le conseil de prud'hommes ou, si le licenciement est soumis à autorisation administrative, demander l'annulation de cette autorisation devant le juge administratif.
Comment saisir le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État doit être formé dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de la cour administrative d'appel. Il doit être accompagné d'un mémoire exposant les moyens de droit.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation ?
C'est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative (comme une cour administrative d'appel). Il vise à faire censurer une erreur de droit ou une irrégularité de procédure.
Quels sont les critères pour qu'un pourvoi soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. Le Conseil d'État refuse l'admission si le pourvoi est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux.
Mon employeur doit-il rechercher un reclassement dans le groupe ?
Oui, l'obligation de reclassement s'apprécie au niveau du groupe auquel appartient l'employeur, parmi les entreprises dont les activités, l'organisation ou le lieu d'exploitation permettent la permutation de tout ou partie du personnel.

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