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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 12 février 2026, n° 504542

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:504542.20260212

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande d'annulation d'un permis de construire est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le maire de Vaujany a délivré un permis de construire à la société Nala pour deux chalets comportant trois logements chacun, pour une surface de plancher totale de 737,44 m² dans le hameau de Pourchery.
  • La société Sainte-Colette, M. B... et Mme D... ont demandé l'annulation de ce permis et du rejet de leur recours gracieux.
  • Le tribunal administratif de Grenoble a rejeté leur demande par un jugement du 20 mars 2025.
  • Ils se sont pourvus en cassation contre ce jugement.
  • Le Conseil d'État a examiné les moyens soulevés et a constaté qu'aucun n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article R. 111-2 du code de l'urbanisme article R. 111-5 du code de l'urbanisme article R. 111-27 du code de l'urbanisme article L. 122-5 du code de l'urbanisme

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. E... B..., Mme C... D..., la société Sainte-Colette et M. F... A... ont demandé au tribunal administratif de Grenoble d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 18 mai 2022 par lequel le maire de Vaujany (Isère) a délivré à la société Nala un permis de construire deux chalets comportant trois logements chacun, pour une surface de plancher totale de 737,44 mètres carrés dans le hameau de Pourchery, ainsi que la décision du 14 septembre 2022 rejetant leur recours gracieux. Par un jugement n° 2207358 du 20 mars 2025, le tribunal administratif a rejeté leur demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 20 mai et 13 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Sainte-Colette, M. B... et Mme D... demandent au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler le jugement attaqué ; 2°) de mettre à la charge de la société Nala et de la commune de Vaujany la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Julia Flot, auditrice, - les conclusions de M. Clément Malverti, rapporteur public, La parole ayant été donnée, après les conclusions, au cabinet Munier-Apaire, avocat de la société Sainte-Colette et autres ; Vu la note en délibéré, enregistrée le 3 février 2026, présentée par la société Sainte-Colette, M. E... B... et Mme C... D... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’ils attaquent, la société Sainte-Colette, M. B... et Mme D... soutiennent que ce jugement : - doit être annulé par voie de conséquence de l’annulation du jugement du tribunal administratif de Grenoble du 20 mars 2024, qui fait l’objet d’un pourvoi, et de l’arrêté du 28 avril 2022 de non-opposition à la déclaration préalable portant sur la réalisation d’un lotissement ; - dénature le plan de division figurant dans le dossier de déclaration préalable de la division parcellaire, en retenant à tort qu’il en ressortait qu’un accès distinct était prévu pour chaque lot, pour en déduire que le moyen tiré de l’existence d’une discordance entre ce plan et le plan de masse du permis de construire litigieux manquait en fait ; - est irrégulier dès lors que le tribunal administratif de Grenoble s’est abstenu d’inviter les parties à présenter leurs observations sur les moyens relevés d’office tirés de ce que l’arrêté de permis de construire comportait des prescriptions qui imposaient, d’une part, de présenter au département de l’Isère une demande d’alignement pour une bande de terrain et d’autorisation d’accès sur la route départementale et, d’autre part, d’aménager cet accès en accord avec le département de l’Isère ; - est entaché de dénaturation des pièces du dossier en rejetant le moyen tiré de ce que l’arrêté de permis de construire méconnait les dispositions des articles R. 111-2 et R. 111-5 du code de l’urbanisme ; - est entaché d’insuffisance de motivation, d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en retenant que le projet n’est pas de nature à porter atteinte à l’intérêt des lieux avoisinants au sens de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme ; - est entaché de dénaturation des pièces du dossier en estimant que le projet ne méconnait pas l’exigence de continuité de l’urbanisation posée par l’article L. 122-5 du code de l’urbanisme. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Sainte-Colette et autres n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Sainte-Colette, première requérante dénommée. Copie en sera adressée à la commune de Vaujany et à la société Nala.

Questions fréquentes

Comment contester un permis de construire ?
Vous pouvez former un recours gracieux auprès du maire, puis un recours contentieux devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de la notification ou de la publication de la décision.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, comme un jugement de tribunal administratif ou un arrêt de cour administrative d'appel. Le Conseil d'État vérifie la régularité de la décision et l'application du droit.
Quelles sont les conditions pour que le Conseil d'État admette un pourvoi ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux.
Que signifie 'moyen sérieux' dans une procédure de cassation ?
Un moyen sérieux est un argument de droit ou de fait qui paraît de nature à remettre en cause la décision attaquée. Il doit être suffisamment fondé pour justifier un examen approfondi.
Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée, sauf exceptions.
Quels sont les recours contre un jugement du tribunal administratif ?
Vous pouvez faire appel devant la cour administrative d'appel, puis éventuellement un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.

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