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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 17 décembre 2025, n° 504558

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:504558.20251217

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel liquidant une astreinte pour inexécution d'une injonction de réintégration d'un agent public est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la commune de Montreuil, tirés d'une contradiction de motifs, d'une erreur de droit et d'une dénaturation des pièces du dossier, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a été affecté par arrêté du maire de Montreuil du 29 décembre 2016 sur un poste de chargé de mission, annulé par jugement du tribunal administratif de Montreuil du 13 avril 2018, avec injonction de réintégration dans ses fonctions de responsable du service des arts et de la scène.
  • Par arrêt du 16 mars 2023, la cour administrative d'appel de Versailles a enjoint au maire de réaffecter M. B... sur le poste de responsable des projets culturels et de la programmation du théâtre Berthelot, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi de la commune contre cet arrêt le 10 juillet 2024.
  • Par arrêt du 20 mars 2025, la cour a liquidé provisoirement l'astreinte pour la période du 24 novembre 2023 au 6 mars 2025, condamnant la commune à verser 12 750 euros, répartis entre M. B... et l'État.
  • La commune de Montreuil a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt, soutenant notamment une contradiction de motifs et une dénaturation des pièces.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Montreuil de prescrire les mesures nécessaires à l’exécution du jugement du 13 avril 2018 par lequel ce tribunal a annulé l’arrêté du maire de Montreuil du 29 décembre 2016 l’affectant sur le poste de « chargé de mission mutualisation des moyens culturels sur le territoire Est-ensemble » et lui a enjoint de le réintégrer, dans le délai d’un mois, dans ses fonctions de « responsable du service des arts et de la scène », au sein de la direction du développement culturel de la commune de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Par un jugement n° 1813653 du 15 janvier 2020, ce tribunal a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'exécution du jugement du 13 avril 2018. Par un arrêt n° 20VE00800 du 16 mars 2023, la cour administrative d’appel de Versailles a, sur l’appel de M. B..., annulé ce jugement, enjoint au maire de la commune de Montreuil d’affecter M. B... sur le poste de « responsable des projets culturels et de la programmation du théâtre Berthelot » dans un délai de trois mois et prononcé une astreinte de 50 euros par jour de retard à l’encontre de la commune de Montreuil si celle-ci ne justifie pas avoir, à l’expiration de ce délai, exécuté cette injonction. Par une décision n° 474210 du 10 juillet 2024, le Conseil d’Etat a refusé d’admettre le pourvoi formé par la commune de Montreuil contre cet arrêt. Par un arrêt n° 20VE00800 du 5 décembre 2023, la cour administrative d’appel de Versailles a condamné la commune de Montreuil à verser à M. B... la somme de 8 000 euros au titre de la liquidation provisoire de l’astreinte prononcée par l’arrêt du 16 mars 2023 pour la période comprise entre le 16 juin 2023 et le 23 novembre 2023 inclus et ordonné au maire de la commune de Montreuil de lui communiquer copie des actes justifiant de la réintégration de M. B... sur le poste de responsable des projets culturels et de la programmation du théâtre Berthelot. Par un arrêt n° 20VE00800 du 20 mars 2025, la cour administrative d’appel de Versailles a condamné la commune de Montreuil à verser la somme de 12 750 euros au titre de la liquidation provisoire de l’astreinte prononcée par l’arrêt du 16 mars 2023, pour la période du 24 novembre 2023 au 6 mars 2025 inclus, et réparti cette somme entre M. B... (6 375 euros) et l’Etat (ministre chargé du budget, 6 375 euros). Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 20 mai et 20 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la commune de Montreuil demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler l’arrêt du 20 mars 2025 de la cour administrative d’appel de Versailles ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à ses conclusions devant la cour ; 3°) de mettre à la charge de M. B... la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Géraud Sajust de Bergues, conseiller d'Etat, - les conclusions de M. Arnaud Skzryerbak, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Foussard, Froger, avocat de la commune de Montreuil ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la commune de Montreuil soutient que la cour administrative d’appel de Versailles : - a entaché son arrêt d’une contradiction, puisque les motifs et le dispositif retiennent des périodes de liquidation provisoire de l’astreinte différentes ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en se référant, pour juger qu’elle n’avait pas exécuté l’arrêt du 16 mars 2023, à la fiche de poste de « responsable des projets culturels et de la programmation du théâtre Berthelot » dans sa version de 2018 au lieu de se référer à la fiche du poste dont était titulaire M. B... jusqu’en 2016 ; - a dénaturé tant les motifs de son arrêt du 16 mars 2023 que les pièces du dossier en retenant que cet arrêt ne pouvait être regardé comme exécuté faute pour les postes proposés de comporter des responsabilités d’encadrement, alors que le poste de « responsable des projets culturels et de la programmation » proposé à M. B... était conforme à l’injonction qu’elle avait formulée. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la commune de Montreuil n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la commune de Montreuil. Copie en sera adressée à M. A... B.... Délibéré à l'issue de la séance du 20 novembre 2025 où siégeaient : M. Philippe Ranquet, conseiller d'Etat, présidant ; Mme Sylvie Pellissier, conseillère d'Etat et M. Géraud Sajust de Bergues, conseiller d'Etat-rapporteur. Rendu le 17 décembre 2025. Le président : Signé : M. Philippe Ranquet Le rapporteur : Signé : M. Géraud Sajust de Bergues La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Que faire si mon employeur public n'exécute pas un jugement de réintégration ?
Vous pouvez saisir le juge administratif pour demander l'exécution forcée, notamment en sollicitant une astreinte. En cas d'inexécution persistante, le juge peut liquider l'astreinte et condamner l'administration à verser des sommes.
Comment obtenir le paiement d'une astreinte pour inexécution d'une décision de justice ?
Vous devez saisir le juge de l'exécution (souvent le tribunal administratif ou la cour) pour demander la liquidation de l'astreinte. Le juge fixe le montant en fonction de la durée du retard et des circonstances.
Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation contre une décision de cour administrative d'appel ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification de la décision. Le pourvoi doit être déposé au Conseil d'État, et il est soumis à une procédure d'admission.
Quels moyens peuvent justifier l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi doit soulever un moyen sérieux, tel qu'une erreur de droit, une dénaturation des faits, une contradiction de motifs, ou un vice de procédure. Si aucun moyen n'est sérieux, le pourvoi est rejeté.
Comment contester une liquidation d'astreinte ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la cour qui a liquidé l'astreinte, en soulevant des moyens comme la contradiction de motifs ou la dénaturation des pièces. Le Conseil d'État examinera si le pourvoi est admissible.
Quelle est la procédure pour demander l'exécution d'un jugement annulant une décision administrative ?
Vous devez d'abord demander à l'administration d'exécuter le jugement. Si elle refuse ou reste inactive, vous pouvez saisir le juge de l'exécution pour obtenir une injonction et éventuellement une astreinte.

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