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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 2 décembre 2025, n° 504574

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:504574.20251202

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel condamnant une commune à réparer les dommages causés par l'effondrement d'un mur soutenant une voie communale est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la commune, tirés de l'erreur de qualification juridique, de l'insuffisance de motivation, de l'erreur de droit concernant la force majeure et le coefficient de vétusté, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Un mur soutenant la rue du Pot-d'Étain s'est effondré, causant des dommages à la propriété des consorts B...
  • Le tribunal administratif de Caen a condamné la commune à réaliser des travaux et à verser des indemnités.
  • La cour administrative d'appel de Nantes a modifié le jugement en fixant une participation de 10 % des consorts B... aux travaux.
  • La commune de Saint-Pierre-en-Auge a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • La commune invoquait la force majeure (orage) et l'absence de coefficient de vétusté.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme C... E..., Mme G... A..., M. D... B... et Mme F... B... ont demandé au tribunal administratif de Caen de condamner la commune de Saint-Pierre-en-Auge (Calvados) à leur verser les sommes de 75 600 euros, 2 747,55 euros et 21 980 euros en réparation des préjudices subis à raison des travaux de reprise du mur de leur propriété. Par un jugement nos 2101761, 2102735 du 8 décembre 2023, le tribunal administratif de Caen a enjoint à la commune de réaliser les travaux de confortement et de réfection du mur soutenant la rue du Pot-d’Etain au droit de la propriété des requérants et de remise en état de leur potager et poulailler dans un délai de dix mois, l’a condamnée à verser une indemnité de 6 247,55 euros aux consorts B... en réparation de leurs préjudices, et a mis à sa charge les frais d’expertise, dont le montant a été fixé à 3 253,25 euros. Par un arrêt n° 24NT00324 du 21 mars 2025, la cour administrative d’appel de Nantes a, sur appel de la commune de Saint-Pierre-en-Auge, enjoint à celle-ci de réaliser dans un délai de six mois les travaux de reconstruction du mur, du potager et du poulailler appartenant aux consorts B..., qui devront rembourser à la commune 10 % du coût de ces travaux, ramené à 5 622,80 euros la somme que la commune a été condamnée à leur verser et laissé les frais de l’expertise judiciaire à la charge définitive de la commune. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 21 mai et 21 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la commune de Saint-Pierre-en-Auge demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt en tant qu’il ne lui a pas donné plus ample satisfaction ; 2°) de mettre à la charge de Mme E..., Mme A..., M. B..., Mme B... et de la société Axa France Iard la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Paul Bernard, maître des requêtes, - les conclusions de M. Clément Malverti, rapporteur public, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Guérin – Gougeon, avocat de la commune de Saint-Pierre-en-Auge ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Nantes qu’elle attaque, la commune de Saint-Pierre-en-Auge soutient qu’il est entaché : - d’erreur de qualification juridique et de dénaturation des faits de l’espèce en retenant que l’effondrement du mur était la conséquence de l’infiltration des eaux souterraines provenant de la voie communale, pour retenir que les désordres subis par les consorts B... lui étaient imputables et écarter la cause exonératoire de force majeure qu’elle invoquait ; - d’insuffisance de motivation et d’erreur de droit, faute de rechercher si le rôle joué par l’orage ne pouvait conduire à une exonération partielle de sa responsabilité ; - d’erreur de droit en jugeant que si l’orage constituait l’élément déclencheur du dommage, il ne pouvait être regardé comme un cas de force majeure dès lors qu’il n’était pas à l’origine de l’effondrement du mur ; - d’erreur de droit en jugeant qu’il n’y avait pas lieu d’appliquer un coefficient de vétusté, dès lors qu’il ne résultait pas de l’instruction que les consorts B... tireraient un avantage manifestement injustifié de la reconstruction du mur. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la commune de Saint-Pierre-en-Auge n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la commune de Saint-Pierre-en-Auge. Copie en sera adressée à Mme C... E..., première dénommée. Délibéré à l'issue de la séance du 6 novembre 2025 où siégeaient : M. Alain Seban, président de chambre, présidant ; M. Jean-Yves Ollier, conseiller d'Etat et M. Paul Bernard, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 2 décembre 2025. Le président : Signé : M. Alain Seban Le rapporteur : Signé : M. Paul Bernard La secrétaire : Signé : Mme Sandrine Mendy

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si mon pourvoi en cassation n'est pas admis ?
Si le pourvoi n'est pas admis, la décision de la cour administrative d'appel devient définitive. Vous ne pouvez plus la contester.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux pour l'admission d'un pourvoi ?
Un moyen sérieux est un argument de droit ou de fait qui paraît de nature à remettre en cause la décision attaquée. S'il n'y a aucun moyen sérieux, le pourvoi est rejeté.
La force majeure peut-elle exonérer la commune de sa responsabilité ?
Oui, si l'événement est imprévisible, irrésistible et extérieur. En l'espèce, l'orage n'a pas été considéré comme la cause de l'effondrement, donc pas de force majeure.
Dois-je participer aux frais de reconstruction si le mur appartient à la commune ?
En général, la commune doit supporter les travaux. Mais si le propriétaire tire un avantage manifestement injustifié, une participation peut être demandée. Ici, la cour a fixé une participation de 10 %.
Qu'est-ce que le coefficient de vétusté ?
C'est une réduction de l'indemnisation pour tenir compte de l'usure normale du bien. Il ne s'applique pas si le propriétaire n'en tire pas un avantage injustifié.

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