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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 17 février 2026, n° 504671

Rejet PAPC ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:504671.20260217

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'annulation d'un licenciement disciplinaire et des conclusions indemnitaires est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a été licencié disciplinairement par l'INRA le 20 avril 2016.
  • Il a formé un recours gracieux le 7 juin 2016, rejeté implicitement.
  • Il a demandé au tribunal administratif d'Orléans l'annulation de ces décisions et des dommages-intérêts.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande le 24 mars 2022.
  • La cour administrative d'appel de Versailles a rejeté son appel le 21 novembre 2024.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif d'Orléans, d’une part, d’annuler la décision du 20 avril 2016 prononçant son licenciement disciplinaire ainsi que la décision implicite de rejet née du silence de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) sur son recours gracieux du 7 juin 2016 et, d’autre part, de condamner l’INRA à lui verser la somme de 92 136,83 euros en réparation des préjudices qu’il estime avoir subis en conséquence de diverses fautes commises par cet Institut. Par un jugement n° 2000616 du 24 mars 2022, le tribunal administratif d’Orléans a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 22VE01218 du 21 novembre 2024, la cour administrative d'appel de Versailles a rejeté l’appel formé par M. A... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 26 mai et 26 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), venant aux droits de l’INRA, la somme de 3 500 euros à verser à la SCP Le Prado et Gilbert, son avocat, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code des relations entre le public et l’administration ; - la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ; - la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ; - la loi n° 2016-483 du 20 avril 2016 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Christine Allais, conseillère d'Etat en service extraordinaire, - les conclusions de M. Thomas Pez-Lavergne, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Le Prado - Gilbert, avocat de M. B... A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. A... soutient que la cour administrative d’appel de Versailles : - a commis une erreur de droit en jugeant tardives les conclusions dirigées contre la décision implicite de rejet de son recours gracieux et la décision de licenciement datée du 20 avril 2016 après avoir exclu que le délai raisonnable issu de la jurisprudence « Czabaj » puisse s’appliquer à ce recours contentieux ; - à titre subsidiaire, a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en excluant toute circonstance particulière justifiant que lui soit octroyé un délai de recours plus long que le délai raisonnable issu de la jurisprudence « Czabaj » ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en jugeant, pour rejeter ses conclusions indemnitaires, que la procédure disciplinaire n’était pas prescrite, au motif que la loi du 20 avril 2016 prévoyant un délai de prescription de trois ans ne lui était pas applicable ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que l’administration n’avait pas commis de faute en le licenciant, alors que la sanction n’était pas proportionnée aux manquements reprochés. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée à l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement. Délibéré à l'issue de la séance du 29 janvier 2026 où siégeaient : Mme Sylvie Pellissier, conseillère d'Etat, présidant ; M. Philippe Ranquet, conseiller d'Etat et Mme Christine Allais, conseillère d'Etat en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 17 février 2026. La présidente : Signé : Mme Sylvie Pellissier La rapporteure : Signé : Mme Christine Allais La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Quel est le délai pour contester un licenciement disciplinaire ?
Le délai de recours contentieux est généralement de deux mois à compter de la notification de la décision. Toutefois, en cas de recours gracieux, ce délai est prorogé jusqu'à la décision implicite ou explicite sur ce recours. Passé ce délai, le recours est tardif, sauf circonstances particulières permettant d'appliquer un délai raisonnable.
Que signifie 'pourvoi non admis' ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat est soumis à une procédure d'admission. Si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux, il est rejeté par une décision de non-admission, ce qui met fin à la procédure sans examen au fond.
La loi du 20 avril 2016 sur la prescription de trois ans s'applique-t-elle aux procédures disciplinaires antérieures ?
Non, la loi du 20 avril 2016 n'est pas applicable aux faits antérieurs à son entrée en vigueur. La prescription applicable est celle en vigueur au moment des faits.
Puis-je obtenir des dommages-intérêts pour un licenciement disciplinaire injustifié ?
Oui, si vous démontrez une faute de l'administration et un préjudice direct et certain. Toutefois, le juge vérifie la proportionnalité de la sanction et l'existence de fautes.
Qu'est-ce qu'un 'moyen sérieux' pour un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui est susceptible de remettre en cause la décision attaquée. Il doit être fondé sur une erreur de droit, une dénaturation des faits ou une irrégularité de procédure.

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