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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 26 novembre 2025, n° 504748

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:504748.20251126

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une décision de la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des médecins est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le conseil départemental des Alpes-Maritimes de l'ordre des médecins a porté plainte contre M. A... devant la chambre disciplinaire de première instance.
  • La chambre disciplinaire de première instance a infligé à M. A... une interdiction d'exercer la médecine pendant un mois.
  • La chambre disciplinaire nationale a rejeté l'appel de M. A... le 27 mars 2025.
  • M. A... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
  • Le pourvoi contestait la motivation, la dénaturation des pièces et la proportionnalité de la sanction.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Le conseil départemental des Alpes-Maritimes de l’ordre des médecins a porté plainte contre M. B... A... devant la chambre disciplinaire de première instance de Provence-Alpes-Côte d’Azur-Corse de l’ordre des médecins. Par une décision du 24 octobre 2022, la chambre disciplinaire de première instance lui a infligé la sanction de l’interdiction d’exercer la médecine pendant un mois. Par une décision du 27 mars 2025, la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins a rejeté l’appel formé par M. A... contre cette décision. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 27 mai et 27 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette décision ; 2°) de mettre à la charge du conseil départemental des Alpes-Maritimes de l’ordre des médecins la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la santé publique ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Yacine Seck, auditrice, - les conclusions de M. Jean-François de Montgolfier, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Richard, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de la décision de la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins qu’il attaque, M. A... soutient qu’elle est entachée : - d’insuffisance de motivation en ce qu’elle omet de se prononcer sur son argumentation tirée de ce que le taux de D-dimères mesuré chez le patient n’était pas visible sur ordinateur à la date à laquelle il a autorisé sa sortie de l’établissement hospitalier ; - de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle estime qu’il n’a pas mis en œuvre les moyens nécessaires pour poser le diagnostic d’embolie pulmonaire, alors qu’il n’en ressortait pas que le patient était décédé d’une telle affection ; - d’insuffisance de motivation en ce qu’elle se borne à constater des variations de troponine chez le patient, sans rechercher le caractère significatif ou non de ces variations alors que des variations peu significatives sont compatibles avec un diagnostic de myopéricardite. Il soutient en outre que la sanction infligée est hors de proportion avec les fautes qui lui sont reprochées. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée au conseil départemental des Alpes-Maritimes de l’ordre des médecins et au Conseil national de l’ordre des médecins. Délibéré à l'issue de la séance du 16 octobre 2025 où siégeaient : M. Raphaël Chambon, conseiller d'Etat, présidant ; Mme Marie-Astrid Nicolazo de Barmon, conseillère d'Etat et Mme Yacine Seck, auditrice-rapporteure. Rendu le 26 novembre 2025. Le président : Signé : M. Raphaël Chambon La rapporteure : Signé : Mme Yacine Seck La secrétaire : Signé : Mme Julie Gatignol

Questions fréquentes

Quelle est la procédure pour contester une décision disciplinaire de l'ordre des médecins ?
La procédure commence par une plainte devant la chambre disciplinaire de première instance, puis un appel devant la chambre disciplinaire nationale, et enfin un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, soumis à une procédure d'admission.
Quelles sont les conditions pour que mon pourvoi en cassation soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. Si aucun moyen sérieux n'est soulevé, le pourvoi est rejeté.
Que signifie 'moyen sérieux' dans le cadre d'un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à remettre en cause la décision attaquée, par exemple une erreur de droit, une dénaturation des faits, ou un défaut de motivation.
Puis-je faire appel d'une décision de la chambre disciplinaire nationale ?
Non, la décision de la chambre disciplinaire nationale peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, mais pas d'un appel.
Quels sont les délais pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai est généralement de deux mois à compter de la notification de la décision, conformément à l'article R. 821-1 du code de justice administrative.
Comment démontrer que la sanction disciplinaire est disproportionnée ?
Il faut établir que la sanction est manifestement disproportionnée par rapport à la gravité des fautes commises, en comparant avec des sanctions similaires et en tenant compte des circonstances.

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