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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 4 février 2026, n° 504978

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:504978.20260204

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande d'indemnisation pour licenciement disciplinaire est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a été licencié pour motif disciplinaire le 22 juillet 2022 par la commune d'Agde.
  • Il a demandé au tribunal administratif de Montpellier la condamnation de la commune à lui verser 6 342,36 euros en réparation de préjudices financier et moral.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par jugement du 28 mars 2025.
  • M. A... a formé un pourvoi en cassation contre ce jugement, transmis au Conseil d'État par ordonnance du président de la cour administrative d'appel de Toulouse.
  • Le pourvoi a été enregistré au greffe de la cour le 22 mai 2025.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 351-2 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Montpellier de condamner la commune d’Agde à lui verser la somme de 6 342,36 euros en réparation des préjudices financier et moral qu’il estime avoir subis en raison de son licenciement pour motif disciplinaire intervenu le 22 juillet 2022. Par un jugement n° 2304358 du 28 mars 2025, ce tribunal a rejeté sa demande. Par une ordonnance n° 25TL01045 du 3 juin 2025, enregistrée le 5 juin 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, le président de la cour administrative d’appel de Toulouse a transmis au Conseil d’Etat, en application de l’article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi, enregistré le 22 mai 2025 au greffe de cette cour, présenté par M. A.... Par ce pourvoi, M. A... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler le jugement du 28 mars 2025 du tribunal administratif de Montpellier ; 2°) de mettre à la charge de la commune d’Agde la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général de la fonction publique ; - la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ; - le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ; - le décret n° 2016-1858 du 23 décembre 2016 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Charlotte Galland, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Arnaud Skzryerbak, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Lyon-Caen, Thiriez, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’il attaque, M. A... soutient que le tribunal administratif de Montpellier : - a dénaturé les pièces du dossier et a inexactement qualifié les faits en jugeant que l’illégalité commise par l’administration en ne réunissant pas la commission administrative paritaire préalablement à son licenciement disciplinaire était sans lien avec les préjudices dont il demande réparation ; - a dénaturé les pièces du dossier et a inexactement qualifiés les faits en écartant le moyen tiré de l’insuffisante motivation du jugement ; - a commis une erreur de droit en retenant pour apprécier la légalité du licenciement un fait ne figurant pas dans les motifs de la décision de licenciement ; - a dénaturé les pièces du dossier en retenant que les faits reprochés étaient matériellement établis ; - n’a pas pu juger légale une sanction de licenciement qui est hors de proportion avec les fautes reprochées. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée à la commune d’Agde. Délibéré à l'issue de la séance du 15 janvier 2026 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, président de chambre, présidant ; Mme Sylvie Pellissier, conseillère d'Etat et Mme Charlotte Galland, maîtresse des requêtes en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 4 février 2026. Le président : Signé : M. Stéphane Verclytte La rapporteure : Signé : Mme Charlotte Galland La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est une procédure préalable qui filtre les pourvois : le pourvoi n'est admis que s'il est recevable et fondé sur un moyen sérieux. Sinon, il est rejeté par une décision juridictionnelle.
Que se passe-t-il si mon pourvoi n'est pas admis ?
Le pourvoi est rejeté, ce qui rend la décision attaquée définitive. Vous ne pouvez plus contester cette décision.
Puis-je obtenir une indemnisation pour un licenciement disciplinaire illégal ?
Oui, si vous démontrez une faute de l'administration et un préjudice direct et certain. Mais l'illégalité seule ne suffit pas ; il faut un lien de causalité.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à entraîner l'annulation de la décision attaquée. Il doit être suffisamment fondé.
La consultation de la commission administrative paritaire est-elle obligatoire avant un licenciement disciplinaire ?
Oui, en principe, pour les agents publics, la consultation de la CAP est obligatoire avant une sanction disciplinaire. Son absence peut rendre la sanction illégale.

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