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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 12 février 2026, n° 504985

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:504985.20260212

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande d'annulation d'un permis de construire est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par la société requérante n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Valampierre a demandé l'annulation d'un arrêté du 13 décembre 2021 délivrant un permis de construire à Mme A.
  • Le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande par jugement du 25 mars 2025.
  • La société a formé un pourvoi en cassation contre ce jugement.
  • Le pourvoi a été transmis au Conseil d'Etat par ordonnance du président de la cour administrative d'appel de Marseille.
  • La société invoquait plusieurs moyens : erreur de droit, dénaturation, insuffisance de motivation concernant la hauteur des façades, la desserte, les raccordements et les surfaces imperméabilisées.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 351-2 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article R. 431-9 du code de l'urbanisme article L. 332-15 du code de l'urbanisme article UP5 du règlement du PLUi article UP4 12 du règlement du PLUi article UP13 du règlement du PLUi

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Valampierre a demandé au tribunal administratif de Marseille d’annuler l’arrêté du 13 décembre 2021 par lequel le maire de Châteauneuf-les-Martigues (Bouches-du-Rhône) a délivré un permis de construire à Mme A.... Par un jugement n° 2204671 du 25 mars 2025, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par une ordonnance n° 25MA01175 du 2 juin 2025, le président de la cour administrative d’appel de Marseille a transmis au Conseil d'Etat, en application de l'article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi de la société Valampierre. Par ce pourvoi et des observations, enregistrés les 5 juin et 26 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Valampierre demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à ses conclusions de première instance ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Châteauneuf-les-Martigues la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Liza Bellulo, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Clément Malverti, rapporteur public, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Buk Lament – Robillot, avocat de la société Valampierre ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’elle attaque, la société Valampierre soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en écartant le moyen tiré de la méconnaissance de l’article UP5 du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal du territoire Marseille Provence relatif à la hauteur des façades des constructions ; - d’erreur de droit, de dénaturation des pièces du dossier et d’insuffisance de motivation en n’accueillant pas le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article UP4 12 du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal et de l’article R. 431-9 du code de l’urbanisme, alors que l’existence d’une servitude de passage permettant l’accès à la voie publique n’était pas établie, que le chemin d’accès est d’une largeur inférieure à 6 mètres et que la desserte ne satisfait pas aux exigences de lutte contre l’incendie ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en écartant le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 332-15 du code de l’urbanisme et UP13 du plan local d’urbanisme intercommunal relatifs aux raccordements aux équipements notamment en eau potable ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en rejetant le moyen tiré de la méconnaissance de l’article UP13 du plan local d’urbanisme intercommunal, alors qu’il était impossible de déterminer la réalité des surfaces à imperméabiliser. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Valampierre n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Valampierre. Copie en sera adressée à la commune de Châteauneuf-les-Martigues. Délibéré à l'issue de la séance du 29 janvier 2026 où siégeaient : M. Alain Seban, président de chambre, présidant ; M. Jean-Yves Ollier, conseiller d'Etat et Mme Liza Bellulo, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 12 février 2026. Le président : Signé : M. Alain Seban La rapporteure : Signé : Mme Liza Bellulo La secrétaire : Signé : Mme Sandrine Mendy

Questions fréquentes

Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi en cassation doit être formé dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement de la cour administrative d'appel ou du tribunal administratif.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois ?
La procédure d'admission est un filtre : le Conseil d'Etat n'examine que les pourvois qui soulèvent un moyen sérieux. Si aucun moyen sérieux n'est invoqué, le pourvoi est rejeté.
Puis-je contester un permis de construire pour non-respect du PLU ?
Oui, le non-respect du PLU est un motif d'annulation d'un permis de construire. Il faut agir dans les délais de recours contentieux.
Quelles sont les règles de hauteur des constructions ?
Les règles de hauteur sont fixées par le PLU. En cas de litige, il faut vérifier le règlement de la zone concernée.
Que signifie 'moyen sérieux' ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît fondé et susceptible de remettre en cause la décision attaquée.

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