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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 5 février 2026, n° 504992

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:504992.20260205

Synthèse de la décision

Question juridique

Le refus de visa de court séjour fondé sur une menace pour l'ordre public est-il légal lorsque le demandeur conteste la réalité de la condamnation et invoque une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés de la dénaturation des pièces et de l'inexacte qualification juridique des faits, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé l'annulation de la décision du sous-directeur des visas du 27 décembre 2023 refusant de lui délivrer un visa de court séjour.
  • La décision initiale de refus a été prise par l'autorité consulaire française à Londres le 4 septembre 2023.
  • Le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande par jugement du 7 avril 2025.
  • Le président de la cour administrative d'appel de Nantes a renvoyé le pourvoi au Conseil d'État.
  • M. B... conteste la condamnation du 10 juin 2022 par le tribunal judiciaire de Toulouse, affirmant qu'il n'est pas l'auteur des faits.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative article R.351-2 du code de justice administrative article R.811-1 du code de justice administrative règlement (CE) n° 810/2009 du 13 juillet 2009 convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Nantes d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 27 décembre 2023 par laquelle le sous-directeur des visas du ministère de l’intérieur, saisi d’un recours contre la décision du 4 septembre 2023 de l’autorité consulaire française à Londres (Royaume-Uni) refusant de lui délivrer un visa de court séjour, a refusé de lui délivrer le visa sollicité et d’enjoindre au consul général de France à Londres de lui délivrer ce visa. Par un jugement n° 2400619 du 7 avril 2025, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par une ordonnance n° 25NT01085 du 2 juin 2025, le président de la cour administrative d’appel de Nantes a renvoyé au Conseil d’Etat, sur le fondement des articles R. 351-2 et R. 811-1 du code de justice administrative, le pourvoi de M. B... enregistré le 16 avril 2025 au greffe de cette cour. Par ce pourvoi, enregistré le 5 juin 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler le jugement du tribunal administratif de Nantes ; 2°) d'enjoindre au ministre de l’intérieur de produire le dossier de procédure relatif à la décision du 10 juin 2022 du tribunal judiciaire de Toulouse ; 3°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le règlement (CE) n° 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code communautaire des visas ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Hadrien Tissandier, maître des requêtes, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à Me Bouthors, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’il attaque, M. B... soutient que le tribunal administratif de Nantes a : - dénaturé les pièces du dossier en retenant qu’il a fait l’objet d’une condamnation prononcée le 10 juin 2022 par le tribunal judiciaire de Toulouse, alors qu’il n’est pas l’auteur des faits commis ; - inexactement qualifié les faits de l’espèce en jugeant qu’il représente une menace pour l’ordre public justifiant la décision de refus de visa prononcée à son encontre, alors que, d’une part, les infractions commises sont anciennes et, d’autre part, cette mesure porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.

Questions fréquentes

Puis-je obtenir un visa de court séjour si j'ai été condamné pénalement ?
La condamnation pénale peut être un motif de refus si elle est considérée comme une menace pour l'ordre public. Cependant, chaque cas est examiné individuellement, et il est possible de contester la décision.
Comment contester un refus de visa de court séjour ?
Vous pouvez former un recours gracieux auprès du consul, puis un recours hiérarchique auprès de la commission de recours contre les décisions de refus de visa, et enfin un recours contentieux devant le tribunal administratif.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est soumis à une procédure d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne soulève aucun moyen sérieux.
Un refus de visa peut-il porter atteinte à ma vie privée et familiale ?
Oui, un refus de visa peut être contesté s'il porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
Que faire si je conteste la réalité de ma condamnation ?
Vous devez apporter des preuves de votre innocence, par exemple en produisant des documents judiciaires. Le juge vérifiera si l'administration a commis une erreur de fait ou de droit.

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