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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 23 décembre 2025, n° 505031

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:505031.20251223

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel relatif au retrait d'une extension d'origine d'un permis de commerce parallèle de produits phytopharmaceutiques est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par la société requérante n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Gritche a demandé l'annulation de la décision du 10 août 2020 par laquelle l'ANSES a retiré l'extension d'origine du permis de commerce parallèle n° 2130001 pour le produit Electis R Flow.
  • Le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande par jugement du 16 mars 2023.
  • La cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté l'appel par arrêt du 10 avril 2025.
  • La société Gritche a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • La société Gritche soutenait notamment que l'ANSES pouvait invoquer le secret des affaires sans preuves complètes, que la procédure de l'article R. 412-2-1 du code de justice administrative n'avait pas été mise en œuvre, et que la cour avait écarté à tort la circonstance que le produit Amaline, de composition identique, restait autorisé.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 412-2-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative règlement (CE) n° 1107/2009 du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Gritche a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d’annuler la décision du 10 août 2020 par laquelle le directeur général de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a retiré, du permis de commerce parallèle n° 2130001 accordé pour la spécialité Figuline, l’extension d’origine pour importer depuis l’Italie le produit Electis R Flow, ensemble le rejet implicite du recours gracieux présenté par l’association Audace pour le compte de la société Gritche. Par un jugement n° 2100092 du 16 mars 2023 ce tribunal a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 23BX01322 du 10 avril 2025, la cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté l’appel formé par la société Gritche contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 10 juin et 10 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Gritche demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’ANSES la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne ; - le règlement (CE) n° 1107/2009 du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 ; - le code rural et de la pêche maritime ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Nicole da Costa, conseillère d'Etat, - les conclusions de M. Thomas Pez-Lavergne, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Célice, Texidor, Perier, avocat de la société Gritche ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la société Gritche soutient que la cour administrative d’appel de Bordeaux : - a commis une erreur de droit en jugeant que l’ANSES pouvait invoquer le secret des affaires sans apporter les éléments de preuve complets du bien-fondé de cette invocation ; - l’a entaché d’irrégularité en s’abstenant de mettre en œuvre la procédure prévue à l’article R. 412-2-1 du code de justice administrative et d’erreur de droit en jugeant, malgré l’absence de mise en œuvre de cette procédure, que l’ANSES apportait la preuve de ses allégations ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en écartant comme inopérant, quant à la légalité de la décision de l’ANSES de retirer l’extension d’origine pour le produit « Electis R Flow », la circonstance qu’elle reste autorisée à importer le produit « Amaline » dont la composition est identique à celle du produit « Electis R Flow ». 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Gritche n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Gritche. Copie en sera adressée à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Délibéré à l'issue de la séance du 11 décembre 2025 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, président de chambre, présidant ; M. Philippe Ranquet, conseiller d'Etat et Mme Nicole da Costa, conseillère d'Etat-rapporteure. Rendu le 23 décembre 2025. Le président : Signé : M. Stéphane Verclytte La rapporteure : Signé : Mme Nicole da Costa La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un permis de commerce parallèle pour les produits phytopharmaceutiques ?
C'est une autorisation permettant d'importer un produit phytopharmaceutique déjà autorisé dans un autre État membre de l'UE, sans avoir à refaire une procédure complète d'évaluation.
L'ANSES peut-elle retirer un permis de commerce parallèle ?
Oui, l'ANSES peut retirer un permis de commerce parallèle si les conditions de délivrance ne sont plus remplies, par exemple si le produit n'est plus autorisé dans le pays d'origine ou si des risques pour la santé ou l'environnement apparaissent.
Que signifie 'pourvoi non admis' ?
Cela signifie que le Conseil d'État a refusé d'examiner le fond de l'affaire car le pourvoi ne présentait pas de moyen sérieux justifiant une cassation.
Puis-je invoquer le secret des affaires pour refuser de communiquer des documents ?
Le secret des affaires peut être invoqué, mais il doit être justifié et la procédure doit respecter l'équilibre entre confidentialité et droits de la défense.
Quel est le rôle de l'ANSES dans l'autorisation des produits phytopharmaceutiques ?
L'ANSES évalue les risques et délivre les autorisations de mise sur le marché pour les produits phytopharmaceutiques en France, conformément à la réglementation européenne.

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