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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 2 décembre 2025, n° 505035

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:505035.20251202

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande d'annulation d'un permis de construire est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les requérants, relatifs à l'erreur de droit concernant la prescription d'une étude géotechnique, à la dénaturation des pièces du dossier et à la contradiction de motifs, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le maire de Saint-Prix a délivré un permis de construire à la société Nexity IR Programmes Grand Paris pour un ensemble immobilier de deux bâtiments collectifs et huit maisons individuelles.
  • Mme B... et M. C... ont demandé l'annulation de ce permis devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, qui a rejeté leur demande par jugement du 8 avril 2025.
  • Ils se sont pourvus en cassation devant le Conseil d'Etat, invoquant plusieurs moyens.
  • Les requérants soutenaient notamment que le maire ne pouvait pas prescrire une étude géotechnique, que le tribunal avait dénaturé les pièces en écartant le risque de mouvements de sols, et qu'il avait mal apprécié l'impact sur l'environnement.
  • Le Conseil d'Etat a examiné les moyens et a estimé qu'aucun n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article R. 111-27 du code de l'urbanisme article UB11 du règlement du plan local d'urbanisme

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... et M. D... C... ont demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d’annuler l’arrêté du 8 août 2023 par lequel le maire de la commune de Saint-Prix (Val d'Oise) a délivré à la société Nexity IR Programmes Grand Paris un permis de construire portant sur la réalisation d’un ensemble immobilier constitué de deux bâtiments collectifs d’une trentaine de logements ainsi que de huit maisons individuelles. Par un jugement n° 2313351 du 8 avril 2025, le tribunal administratif a rejeté leur demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 10 juin et 9 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B... et M. C... demandent au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à leur demande ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Prix et de la société Nexity IR Programmes Grand Paris la somme de 4 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Paul Bernard, maître des requêtes, - les conclusions de M. Clément Malverti, rapporteur public, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Rocheteau, Uzan-Sarano et Goulet, avocat de Mme B... et autre ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise qu’ils attaquent, Mme B... et autre soutiennent qu’il est entaché : - d’erreur de droit en jugeant que le maire de Saint-Prix ne pouvait prescrire la réalisation d’une étude géotechnique au motif qu’une telle étude ne faisait pas partie des pièces limitativement énumérées pouvant être exigées dans le cadre du dossier de demande de permis de construire, alors qu’une telle prescription peut être imposée indépendamment de la liste de ces pièces ; - de dénaturation des pièces du dossier et de contradiction de motifs en estimant, d’une part, en dépit de ce que la demande de permis de construire faisait état de risques de mouvements de sols en raison de la présence de gypse et d’anciennes carrières, qu’il n’y avait pas lieu de saisir pour avis l’inspection générale des carrières, et, d’autre part, que le pétitionnaire s’était conformé à l’article 8 du règlement du plan local d’urbanisme en réalisant une étude géotechnique ; - de dénaturation des pièces du dossier en écartant le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles R. 111-27 du code de l’urbanisme et UB11 du règlement du plan local d’urbanisme en dépit de l’altération significative des lieux environnants, composés de maisons individuelles, d’une forêt domaniale et d’un monument historique. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... et M. C... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B..., première dénommée. Copie en sera adressée à la commune de Saint-Prix et à la société Nexity IR programmes Grand Paris. Délibéré à l'issue de la séance du 6 novembre 2025 où siégeaient : M. Alain Seban, président de chambre, présidant ; M. Jean-Yves Ollier, conseiller d'Etat et M. Paul Bernard, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 2 décembre 2025. Le président : Signé : M. Alain Seban Le rapporteur : Signé : M. Paul Bernard La secrétaire : Signé : Mme Sandrine Mendy

Questions fréquentes

Quels sont les recours contre un permis de construire ?
Vous pouvez former un recours gracieux ou hiérarchique auprès de l'autorité qui a délivré le permis, puis un recours contentieux devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois. En cas de rejet, un pourvoi en cassation est possible devant le Conseil d'Etat, mais il est soumis à une procédure d'admission.
Qu'est-ce que la procédure d'admission devant le Conseil d'Etat ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat doit d'abord être admis. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux. En pratique, seuls les pourvois présentant un intérêt juridique important sont admis.
Le maire peut-il exiger une étude géotechnique pour un permis de construire ?
Le maire peut imposer des prescriptions au permis de construire, mais elles doivent être fondées sur les dispositions du code de l'urbanisme. Une étude géotechnique peut être exigée si elle est nécessaire à la sécurité du projet, mais elle ne fait pas partie des pièces obligatoires du dossier de demande.
Que signifie la dénaturation des pièces du dossier ?
La dénaturation consiste pour le juge à interpréter de manière erronée les pièces du dossier, en leur donnant un sens qu'elles ne peuvent pas avoir. C'est un moyen de cassation qui peut être invoqué devant le Conseil d'Etat.
Quels sont les risques de mouvements de sols pour un projet de construction ?
Les risques de mouvements de sols peuvent être liés à la présence de gypse, de carrières souterraines, ou à la nature du sol. Une étude géotechnique permet de les évaluer et de prendre des mesures de prévention.
Puis-je obtenir des dommages-intérêts si le permis de construire est annulé ?
L'annulation d'un permis de construire peut ouvrir droit à des dommages-intérêts si vous avez subi un préjudice direct et certain. Il faut alors engager une action en responsabilité devant le juge administratif.

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