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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 16 décembre 2025, n° 505092

ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:505092.20251216

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une décision de la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des médecins est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a porté plainte contre M. A..., médecin, devant le conseil départemental des Yvelines de l'ordre des médecins.
  • La chambre disciplinaire de première instance d'Ile-de-France a interdit à M. A... d'exercer la médecine pour une durée de trois mois.
  • La chambre disciplinaire nationale de l'ordre des médecins a rejeté l'appel de M. A... le 9 avril 2025.
  • M. A... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État contre cette décision.
  • Le pourvoi contestait la qualification de questions insistantes sur les pratiques sexuelles, la posture et les gestes lors d'une palpation mammaire, et la charge de la preuve de l'information délivrée à la patiente.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative articles R. 4127-2 et R. 4127-7 du code de la santé publique article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme C... B... a porté plainte contre M. D... A... devant le conseil départemental des Yvelines de l’ordre des médecins qui a transmis cette plainte, en s’y associant, à la chambre disciplinaire de première instance d’Ile-de-France de l’ordre des médecins. Par une décision du 15 mai 2023, la chambre disciplinaire de première instance a interdit à M. A... d’exercer la médecine pour une durée de trois mois. Par une décision du 9 avril 2025, la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins a rejeté l’appel formé par M. A... contre cette décision. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 10 juin et 11 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette décision ; 2°) de mettre à la charge de la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la santé publique ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Julien Fradel, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Jean-François de Montgolfier, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Zribi & Texier, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de la décision de la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins qu’il attaque, M. A... soutient qu’elle est entachée : - d’inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle juge que les questions posées à la patiente sur ses pratiques sexuelles étaient insistantes et constituaient une méconnaissance aux obligations prévues aux articles R. 4127-2 et R. 4127-7 du code de la santé publique ; - d’insuffisance de motivation et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle retient que sa posture et ses gestes lors de la palpation mammaire sont inhabituels et n’apparaissent pas conformes aux bonnes pratiques médicales ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle juge qu’elle fait peser sur lui la charge de la preuve de la délivrance de l’information à sa patiente au sujet des gestes médicaux qu’il s’apprêtait à réaliser et en ce qu’elle estime que cette information n’aurait pas été délivrée. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. D... A.... Copie en sera adressée au conseil départemental des Yvelines de l’ordre des médecins et au Conseil national de l’ordre des médecins. Délibéré à l'issue de la séance du 6 novembre 2025 où siégeaient : M. Raphaël Chambon, conseiller d'Etat, présidant ; Mme Marie-Astrid Nicolazo de Barmon, conseillère d'Etat et M. Julien Fradel, maître des requêtes en service extraordinaire-rapporteur. Rendu le 16 décembre 2025. Le président : Signé : M. Raphaël Chambon Le rapporteur : Signé : M. Julien Fradel La secrétaire : Signé : Mme Julie Gatignol

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française pour contester une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, comme la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des médecins.
Quelles sont les conditions pour que mon pourvoi soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. S'il est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux, il est rejeté par une décision d'admission.
Que signifie 'moyen sérieux' en cassation ?
Un moyen sérieux est un argument de droit ou de fait qui paraît de nature à remettre en cause la décision attaquée, par exemple une erreur de droit, une dénaturation des faits, ou un défaut de motivation.
Puis-je contester une décision disciplinaire de l'ordre des médecins ?
Oui, vous pouvez faire appel devant la chambre disciplinaire nationale, puis un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, dans les conditions et délais prévus par la loi.
Quels sont les manquements déontologiques des médecins ?
Les manquements sont définis par le code de déontologie médicale (articles R.4127-1 et suivants du code de la santé publique), notamment le respect de la dignité, l'information du patient, et le consentement aux soins.
Quelle est la charge de la preuve en matière d'information médicale ?
En principe, c'est au médecin de prouver qu'il a délivré une information au patient. En cas de litige, il doit apporter la preuve de cette information.

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