Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 14 octobre 2025, n° 505093

Non-lieu Publication : C ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:505093.20251014

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une décision de la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des médecins est-il fondé sur un moyen sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés de l'erreur de droit, de la méconnaissance du droit à un recours effectif et du caractère disproportionné de la sanction, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le conseil départemental du Morbihan de l'ordre des médecins et la CPAM du Morbihan ont porté plainte contre M. A...
  • La chambre disciplinaire de première instance de Bretagne a prononcé une interdiction d'exercer la médecine de trois mois et révoqué un sursis de trois mois assortissant une précédente sanction de six mois.
  • La chambre disciplinaire nationale a rejeté l'appel de M. A... et fixé l'exécution de la sanction du 1er septembre 2025 au 28 février 2026.
  • M. A... a formé un pourvoi en cassation et une requête en sursis à exécution contre cette décision.
  • Le Conseil d'État a statué par une même décision sur le pourvoi et la requête en sursis.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

Texte de la décision

Vu les procédures suivantes : Le conseil départemental du Morbihan de l’ordre des médecins et la caisse primaire d’assurance maladie du Morbihan ont porté plainte contre M. B... A... devant la chambre disciplinaire de première instance de Bretagne de l’ordre des médecins. Par une décision du 17 mai 2023, la chambre disciplinaire de première instance a prononcé à l’encontre de M. A... la sanction de l’interdiction d’exercer la médecine pendant une durée de trois mois et révoqué le sursis de trois mois dont était assortie la sanction d’interdiction d’exercice de six mois, prononcée par une précédente décision de la même chambre disciplinaire du 29 juin 2021. Par une décision du 11 avril 2025, la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins a rejeté l’appel formé par M. A... contre cette décision et dit que la sanction d’interdiction d’exercer la médecine sera exécutée du 1er septembre 2025 au 28 février 2026. 1° Sous le n° 505093, par un pourvoi, enregistré le 11 juin 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette décision ; 2°) de mettre à la charge de l’ordre national des médecins et de la caisse primaire d’assurance maladie du Morbihan la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. 2° Sous le n° 505096, par une requête, enregistrée le 11 juin 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’ordonner qu’il soit sursis à l’exécution de la même décision du 11 avril 2025 ; 2°) de mettre à la charge de l’ordre national des médecins et de la caisse primaire d’assurance maladie du Morbihan la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. ………………………………………………………………………… Vu les autres pièces des dossiers ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code de la santé publique ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Catherine Fischer-Hirtz, conseillère d'Etat, - les conclusions de M. Jean-François de Montgolfier, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Le Bret-Desaché, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Le pourvoi par lequel M. A... demande l’annulation de la décision du 11 avril 2025 de la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins et sa requête tendant à ce qu’il soit sursis à l’exécution de cette décision sont dirigés contre la même décision. Il y a lieu d’y statuer par une même décision. 2. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 3. Pour demander l’annulation de la décision de la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins qu’il attaque, M. A... soutient qu’elle est entachée : - d’erreur de droit et de méconnaissance de son office au regard du principe d’individualisation des peines faute, pour fixer la durée de la nouvelle sanction, d’avoir tenu compte de l’effet de la sanction prononcée sur la révocation du sursis antérieur ; - de méconnaissance du droit à un recours effectif garanti par l’article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales en raison du court délai entre la date de la décision lui infligeant la sanction litigieuse et la date de mise en œuvre de cette sanction. Il soutient en outre que la sanction prononcée est hors de proportion avec les fautes qui lui sont reprochées. 4. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. 5. Le pourvoi formé par M. A... contre la décision du 11 avril 2025 de la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins n’étant pas admis, les conclusions qu’il présente aux fins de sursis à exécution de cette décision sont devenues sans objet. Il n’y a donc pas lieu d’y statuer. 6. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’il soit fait droit aux conclusions présentées à ce titre par M. A... à l’encontre, d’une part, de la caisse primaire d’assurance maladie du Morbihan qui n’est pas, dans les présentes instances, la partie perdante, d’autre part, du Conseil national de l’ordre des médecins, qui n’y a pas la qualité de partie. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A... tendant à ce qu’il soit sursis à l’exécution de la décision de la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins du 11 avril 2025. Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté. Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. B... A..., au conseil départemental du Morbihan de l’ordre des médecins et à la caisse primaire d’assurance maladie du Morbihan. Copie en sera adressée au Conseil national de l’ordre des médecins.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Quels moyens peuvent justifier l'admission d'un pourvoi ?
Les moyens sérieux, par exemple une erreur de droit, une méconnaissance du droit à un recours effectif, ou une disproportion de la sanction, peuvent justifier l'admission.
Puis-je demander un sursis à exécution d'une sanction disciplinaire ?
Oui, mais si le pourvoi au fond n'est pas admis, les conclusions aux fins de sursis deviennent sans objet.
Quelle est la durée maximale d'une interdiction d'exercer la médecine ?
La durée est fixée par la juridiction disciplinaire en fonction des fautes commises, dans le respect du principe de proportionnalité.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.