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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 28 novembre 2025, n° 505193

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:505193.20251128

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance du tribunal du stationnement payant rejetant des requêtes pour défaut de régularisation est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a demandé au tribunal du stationnement payant de la décharger de l'obligation de payer neuf forfaits de post-stationnement émis par la Ville de Paris et recouvrés par l'ANTAI.
  • Le tribunal a rejeté ses requêtes par une ordonnance du 11 avril 2025.
  • Mme B... s'est pourvue en cassation contre cette ordonnance.
  • Elle soutenait notamment que l'ordonnance était irrégulière car rendue sur le fondement de l'article R. 2333-120-27 du CGCT, qui ne prévoit pas de donner acte des renonciations par ordonnance.
  • Elle invoquait un usage abusif de la procédure de régularisation prévue à l'article R. 2333-120-39 du CGCT.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 2333-120-27 du code général des collectivités territoriales article R. 2333-120-39 du code général des collectivités territoriales article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au tribunal du stationnement payant de la décharger de l’obligation de payer les sommes mises à sa charge par les titres exécutoires n° 080007 878220011580, n° 080007 878220010290, n° 080007 878220012072, n° 080007 878220007273, n° 080007 878220095288, n° 080007 878220087129, n° 080007 878220087579, n° 080007 878220090243 et n° 080007 878220086092 émis, respectivement, les 24 évrier 2022, 24 février 2022, 24 février 2022, 24 février 2022, 2 juin 2022, 19 mai 2022, 19 mai 2022, 19 mai 2022 et 12 mai 2022 par l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI) en vue du recouvrement de neuf forfaits de post-stationnement établis les 25 août 2021, 23 août 2021, 26 août 2021, 18 août 2021, 15 janvier 2022, 31 décembre 2021, 4 janvier 2022, 7 janvier 2022 et 29 décembre 2021 par la Ville de Paris et de la majoration dont ils ont été assortis. Par une ordonnance n° 24010893, 24010896, 24010899, 24010900, 24010904, 24010908, 24010913, 24010923, 24010929 du 11 avril 2025, la magistrate désignée par le président du tribunal du stationnement payant, ayant joint ses requêtes, les a rejetées. Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés les 13 juin, 15 septembre et 17 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à ses requêtes ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat, de l’ANTAI et de la Ville de Paris la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des collectivités territoriales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Bastien Brillet, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Maxime Boutron, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Buk Lament - Robillot, avocat de Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, Mme B... soutient qu’elle est entachée : - d’irrégularité et d’erreur de droit en ce qu’elle a été rendue sur le fondement de l’article R. 2333-120-27 du code des général des collectivités territoriales (CGCT), alors que cet article ne prévoit pas qu’il puisse être donné acte des renonciations à action par ordonnance ; - d’un usage abusif de la procédure de régularisation prévue par l’article R. 2333-120-39 du CGCT, ou d’une dénaturation des pièces du dossier, en ce que, d’une part elle retient qu’elle était tenue de régulariser ses requêtes en produisant la copie intégrale de l’avertissement du forfait de post-stationnement majoré ou d’un extrait du titre exécutoire ou d’un bordereau de situation, et, d’autre part, elle lui donne acte de sa renonciation aux conclusions de ses requêtes au motif qu’elle a répondu à la demande de régularisation après l’échéance du délai qui lui était imparti ; - d’un usage abusif de la procédure de régularisation prévue par l’article R. 2333-120-39 du CGCT, d’erreur de droit et d’une méconnaissance de son droit à un recours effectif en lui donnant acte de sa renonciation aux conclusions de 44 de ses requêtes au motif qu’elle avait répondu à la demande de régularisation hors délai alors qu’il aurait dû être tenu compte de la pièce complémentaire produite, dans le délai, dans 20 de ses 64 requêtes. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n'est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et à la Ville de Paris. Délibéré à l'issue de la séance du 21 octobre 2025 où siégeaient : M. Jean-Philippe Mochon, président de chambre, présidant ; M. Alain Seban, conseiller d’Etat et M. Bastien Brillet, maître des requêtes en service extraordinaire-rapporteur. Rendu le 28 novembre 2025. Le président : Signé : M. Jean-Philippe Mochon Le rapporteur : Signé : M. Bastien Brillet La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Pilet

Questions fréquentes

Comment contester un forfait de post-stationnement à Paris ?
Vous devez saisir le tribunal du stationnement payant dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'avis de paiement ou du titre exécutoire.
Que se passe-t-il si je ne fournis pas les pièces demandées par le tribunal ?
Le tribunal peut vous demander de régulariser votre requête en produisant certaines pièces. Si vous ne le faites pas dans le délai imparti, votre requête peut être rejetée.
Puis-je me pourvoir en cassation contre une décision du tribunal du stationnement ?
Oui, mais le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est soumis à une procédure d'admission. Il ne sera admis que s'il est fondé sur un moyen sérieux.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
C'est un filtre préalable : le Conseil d'État examine si le pourvoi est recevable et s'il présente un moyen sérieux. Si ce n'est pas le cas, il refuse de l'admettre.
Quels sont les moyens sérieux pour obtenir l'admission d'un pourvoi ?
Il faut invoquer une erreur de droit, une irrégularité de procédure, une dénaturation des faits ou tout autre moyen de nature à remettre en cause la décision attaquée.

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