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Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 23 décembre 2025, n° 505205

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:505205.20251223

Synthèse de la décision

Question juridique

Le rejet par ordonnance d'une demande d'annulation d'un indu de prime d'activité, sans instruction préalable, est-il conforme au droit à un recours effectif et à un procès équitable ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé au tribunal administratif de Dijon l'annulation d'une décision de la caisse d'allocations familiales de Saône-et-Loire du 23 mai 2024 lui réclamant un indu de prime d'activité de 5 976,87 euros.
  • La présidente de la troisième chambre du tribunal administratif a rejeté sa demande par ordonnance, estimant qu'elle ne reposait pas sur une argumentation propre à établir l'illégalité des décisions.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance, soutenant notamment que le rejet par ordonnance sans instruction préalable méconnaissait son droit à un recours effectif et à un procès équitable.
  • Le Conseil d'État a examiné les moyens du pourvoi et a constaté qu'aucun n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.
  • Le Conseil d'État a décidé de ne pas admettre le pourvoi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 222-1 du code de justice administrative article R. 772-6 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article 37 alinéa 2 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Dijon d’annuler la décision du 23 mai 2024 par laquelle la directrice de la caisse d’allocations familiales de Saône-et-Loire a mis à sa charge un indu de prime d’activité d’un montant de 5 976,87 euros, ensemble la décision implicite par laquelle la commission de recours amiable de cette caisse a rejeté son recours administratif, de recalculer ses droits à cette allocation et que les sommes indûment récupérées lui soient restituées. Par une ordonnance n° 240943, la présidente de la troisième chambre du tribunal administratif de Dijon a rejeté cette demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 juin et 15 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande de première instance ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros, à verser à la SCP Le Guérer, Bouniol-Brochier, Lassalle-Byhet, son avocat, en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 alinéa 2 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code de la sécurité sociale ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Thomas Godmez, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Mathieu Le Coq, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Le Guérer, Bouniol-Brochier, Lassalle-Byhet, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. B... soutient que : - la présidente de la troisième chambre du tribunal administratif de Dijon a méconnu son office, méconnu l’article R. 772-6 du code de justice administrative et porté atteinte à son droit à un recours effectif et à un procès loyal et équitable, tel que protégé par les articles 6 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, en rejetant par ordonnance sa demande au motif qu’elle ne reposait pas sur une argumentation propre à établir que les décisions en litige étaient illégales, sans lui avoir au préalable présenté la nature de son intervention, demandé de lui transmettre tout élément utile pour l’instruction de sa demande ni avoir demandé au défendeur la communication de son dossier ; - elle a insuffisamment motivé son ordonnance et méconnu son office en ne précisant pas la nature et la période de l’indu en litige ; - elle a commis une erreur de droit et fait un usage abusif, notamment au regard des dispositions de l’article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentale, des pouvoirs qu’elle tient des 4° et 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative pour rejeter sa demande par ordonnance. 3. Aucun de ces moyens n’est pas de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre du travail et des solidarités. Délibéré à l’issue de la séance du 20 novembre 2025 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Jean-Luc Nevache, conseiller d’Etat et M. Thomas Godmez, maître des requêtes en service extraordinaire-rapporteur. Rendu le 23 décembre 2025. La présidente : Signé : Mme Gaëlle Dumortier Le rapporteur : Signé : M. Thomas Godmez La secrétaire : Signé : Mme Vasantha Breme

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un indu de prime d'activité ?
Un indu est une somme d'argent versée à tort par la CAF et qui doit être remboursée. Dans le cas de la prime d'activité, cela peut survenir si les ressources ou la situation du bénéficiaire ont changé.
Comment contester un indu de prime d'activité ?
Vous devez d'abord former un recours gracieux auprès de la commission de recours amiable de la CAF dans un délai de deux mois. En cas de rejet, vous pouvez saisir le tribunal administratif dans un délai de deux mois.
Pourquoi mon pourvoi en cassation a-t-il été refusé ?
Le Conseil d'État n'admet les pourvois que s'ils soulèvent un moyen sérieux. Si votre pourvoi ne présente pas de moyen de droit suffisant, il est rejeté par une ordonnance de non-admission.
Qu'est-ce que le droit à un procès équitable ?
C'est un droit fondamental garanti par l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme, qui implique notamment le droit à un tribunal impartial, à une procédure contradictoire et à un délai raisonnable.
Puis-je demander l'aide juridictionnelle pour un recours ?
Oui, si vos ressources sont insuffisantes, vous pouvez demander l'aide juridictionnelle pour être assisté d'un avocat et être dispensé de certains frais.

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