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Conseil d'État, 10ème chambre jugeant seule, 23 décembre 2025, n° 505254

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:505254.20251223

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une décision de la CNDA rejetant une demande d'asile est-il fondé sur un moyen sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a demandé l'asile à l'OFPRA, qui a rejeté sa demande le 25 septembre 2024.
  • La CNDA a rejeté son recours le 15 janvier 2025.
  • Mme B... a formé un pourvoi en cassation contre la décision de la CNDA.
  • Elle soutenait des moyens de dénaturation, d'insuffisance de motivation et d'erreur de droit concernant son implication dans le militantisme pro-kurde et l'authenticité de documents turcs.
  • Le Conseil d'État a jugé qu'aucun de ces moyens n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 511-1 du CESEDA (implicitement, car mentionné dans le texte)

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé à la Cour nationale du droit d'asile d’annuler la décision du 25 septembre 2024 par laquelle l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d’asile et de lui reconnaître la qualité de réfugié ou, à défaut, de lui accorder le bénéfice de la protection subsidiaire. Par une décision n° 2405369 du 15 janvier 2025, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 16 juin et 12 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette décision ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967, relatifs au statut des réfugiés ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Sophie Delaporte, conseillère d'Etat, - les conclusions de Mme Leila Derouich, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Boutet-Hourdeaux, avocat de Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de la décision de la Cour nationale du droit d’asile qu’elle attaque, Mme B... soutient qu’elle est entachée : - de dénaturation des pièces du dossier en ce que, pour apprécier son degré d’implication dans le militantisme pro-kurde, elle a relevé des contradictions entre ses déclarations, les termes de son recours et ceux de l’attestation rédigée par l’avocat turc chargé de la défendre dans la procédure judiciaire intentée à son encontre en Turquie, s’agissant des initiateurs et organisateurs de l’événement du 7 mai 2017 ; - de dénaturation des pièces du dossier et d’insuffisance de motivation, en ce qu’elle a retenu que les documents produits à partir des extraits numériques de la procédure judiciaire turque ouverte en 2001 étaient faux et en ce qu’elle a ignoré ses explications relatives au cheminement complexe de la procédure judiciaire ; - d’erreur de droit, de dénaturation des pièces du dossier et d’insuffisance de motivation, en ce qu’elle a considéré qu’il n’était pas possible d’obtenir un titre de voyage et de voyager librement à travers les frontières en faisant l’objet d’une mise en cause pénale ; - d’erreur de droit, de dénaturation des pièces du dossier et d’insuffisance de motivation, en ce qu’elle a mis en doute la véracité de l’appel formé par le procureur et des documents imprimés. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B.... Copie en sera adressée à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Délibéré à l'issue de la séance du 13 novembre 2025 où siégeaient : Mme Rozen Noguellou, conseillère d'Etat, présidant ; M. Olivier Yeznikian, conseiller d'Etat et Mme Sophie Delaporte, conseillère d'Etat-rapporteure. Rendu le 23 décembre 2025. La présidente : Signé : Mme Rozen Noguellou La rapporteure : Signé : Mme Sophie Delaporte La secrétaire : Signé : Mme Sylvie Leporcq

Questions fréquentes

Ma demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA, que puis-je faire ?
Vous pouvez former un recours devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) dans un délai d'un mois suivant la notification de la décision de l'OFPRA.
Comment contester une décision de la CNDA ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, mais ce pourvoi est soumis à une procédure d'admission : il doit être fondé sur un moyen sérieux.
Qu'est-ce qu'un 'moyen sérieux' pour l'admission d'un pourvoi ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui est de nature à remettre en cause la décision attaquée, par exemple une erreur de droit, une dénaturation des faits ou une insuffisance de motivation.
Puis-je obtenir la protection subsidiaire si je ne suis pas réfugié ?
Oui, la protection subsidiaire est accordée aux personnes qui ne remplissent pas les conditions pour être réfugié mais qui encourent un risque réel de subir des atteintes graves en cas de retour dans leur pays.
Quels sont les délais pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification de la décision de la CNDA, sauf si un délai différent est prévu par la loi.
Que se passe-t-il si mon pourvoi n'est pas admis ?
Si le pourvoi n'est pas admis, la décision de la CNDA devient définitive et vous ne pouvez plus la contester.

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