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Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 17 décembre 2025, n° 505271

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:505271.20251217

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande de remboursement de crédit de TVA est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante, tirés de la dénaturation des pièces et de l'erreur de droit, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La SARL Artists Proof a demandé le remboursement d'un crédit de TVA de 925 347 euros au titre de l'année 2017 et de plusieurs mois de 2018 et 2019.
  • Le tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande par jugement du 19 octobre 2023.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté l'appel par arrêt du 16 avril 2025.
  • La société a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
  • La société soutenait que la cour avait dénaturé les pièces et commis une erreur de droit en ne vérifiant pas le montant de taxe déductible.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société à responsabilité limitée (SARL) Artists Proof a demandé au tribunal administratif de Melun de prononcer le remboursement d’un crédit de taxe sur la valeur ajoutée d’un montant total de 925 347 euros dont elle estimait disposer au titre de l’année 2017, des mois de février, mars, juin et octobre 2018 et du mois de février 2019. Par un jugement n° 2005153 du 19 octobre 2023, le tribunal a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 23PA05322 du 16 avril 2025, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par la société Artists Proof contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat les 16 juin et 16 septembre 2025, la société Artists Proof demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de renvoyer l’affaire à la cour administrative d’appel de Paris ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Vincent Mahé, conseiller d'Etat, - les conclusions de M. Charles-Emmanuel Airy, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Célice, Texidor, Perier, avocat de la société Artists Proof ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la société Artists Proof soutient que la cour administrative d’appel de Paris a : - dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que les preuves produites pour justifier de l’existence de livraisons intracommunautaires exonérées de taxe sur la valeur ajoutée ne se rapportaient pas à la période en litige ; - commis une erreur de droit et méconnu son office en rejetant sa demande de remboursement d’un crédit de taxe sur la valeur ajoutée au seul motif qu’elle ne justifiait pas que les ventes qu’elle avait réalisées étaient exonérées de cette taxe, sans vérifier si le montant de taxe déductible dont elle pouvait se prévaloir était inférieur à celui de la taxe qu’elle aurait dû collecter. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Artists Proof n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société à responsabilité limitée Artists Proof. Copie en sera adressée à la ministre de l’action et des comptes publics.

Questions fréquentes

Comment obtenir le remboursement d'un crédit de TVA ?
Vous devez déposer une demande auprès de l'administration fiscale, puis en cas de refus, saisir le tribunal administratif. En appel, la cour administrative d'appel peut être saisie, et enfin un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est possible, sous réserve d'admission.
Quelles sont les conditions pour bénéficier de l'exonération de TVA sur les livraisons intracommunautaires ?
Les livraisons intracommunautaires sont exonérées si elles sont effectuées vers un autre État membre de l'UE et si le vendeur justifie de l'expédition ou du transport vers cet État. Des justificatifs doivent être conservés.
Que faire si l'administration refuse de rembourser un crédit de TVA ?
Vous pouvez contester la décision de refus devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois. En cas de rejet, un appel devant la cour administrative d'appel est possible, puis un pourvoi en cassation.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative qui vérifie la légalité de la décision rendue par la cour administrative d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission : seuls les pourvois fondés sur des moyens sérieux sont admis.
Quels sont les moyens sérieux pour obtenir l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Les moyens sérieux peuvent être une erreur de droit, une dénaturation des faits, un défaut de motivation, ou une méconnaissance de la compétence. En l'espèce, les moyens soulevés n'ont pas été jugés sérieux.
La cour administrative d'appel doit-elle vérifier le montant de la taxe déductible ?
La cour doit vérifier si le contribuable justifie de l'exonération des opérations et du montant du crédit demandé. En l'espèce, la cour a estimé que les preuves n'étaient pas rapportées, et le Conseil d'État n'a pas jugé ce raisonnement erroné.

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