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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 5 février 2026, n° 505289

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:505289.20260205

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'annulation d'un permis de construire et d'un permis de régularisation est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à permettre l'admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par les requérants, tirés d'une inexacte qualification juridique des faits, d'une erreur de droit et d'une omission de répondre, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le maire de Quintal a accordé un permis de construire à la société IDEIS pour un ensemble de huit logements.
  • Le tribunal administratif a sursis à statuer et a imposé la délivrance d'un permis de régularisation.
  • Un permis de régularisation a été délivré le 25 octobre 2023.
  • Le tribunal administratif a rejeté la demande d'annulation, confirmé par la cour administrative d'appel de Lyon.
  • Les requérants ont formé un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la cour.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme article R. 111-2 du code de l'urbanisme article UH 3 du règlement du PLU article UH 4.3 du règlement du PLU

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. G... B..., Mme D... B..., M. F... A... et Mme C... E... ont demandé au tribunal administratif de Grenoble d’annuler l’arrêté du 30 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Quintal (Haute-Savoie) a accordé un permis de construire à la société d’habitat à loyer modéré IDEIS pour la construction d’un ensemble immobilier de huit logements. Par un premier jugement n° 2204705 du 22 juin 2023, le tribunal administratif a sursis à statuer sur cette demande, en application de l’article L. 600-5-1 du code de l’urbanisme, dans l’attente de la délivrance d’un permis de construire de régularisation devant intervenir dans un délai de cinq mois à compter de la notification du jugement. Par un arrêté du 25 octobre 2023, le maire de la commune de Quintal a délivré un permis de construire de régularisation. Par un second jugement n° 2204705 du 25 mars 2024, le tribunal administratif a rejeté la demande de M. et Mme B..., M. A... et Mme E.... Par un arrêt n° 23LY02723, 24LY01485 du 17 avril 2025, la cour administrative d'appel de Lyon a rejeté l’appel formé par M. et Mme B... et autres contre ces jugements. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 17 juin et 17 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. et Mme B... demandent au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de la commune de Quintal et de la société IDEIS la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Paul Bernard, maître des requêtes, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Le Prado – Gilbert, avocat de M. et Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’ils attaquent, M. et Mme B... soutiennent que la cour administrative d’appel de Lyon a : - inexactement qualifié les faits de l’espèce en jugeant que le projet n’était pas incompatible avec les dispositions de l’article UH 3 du règlement du plan local d’urbanisme et l’orientation d’aménagement et de programmation sectorielle n° 2 dite « route de Viuz » à laquelle il renvoie, alors que l’accès depuis le parking du cimetière communal qu’il prévoit ne pouvait être qu’un accès secondaire et non l’unique accès au projet ; - commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en écartant le moyen tiré de la méconnaissance, par le permis de construire modificatif, des dispositions de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme et de l’article UH 4.3 du règlement du règlement du plan local d’urbanisme alors que le projet modifié prévoyait un cheminement rallongé de l’écoulement de l’eau suivant une prescription spéciale qu’il n’est pas possible de réaliser ; - omis de répondre au moyen tiré de ce que les aménagements en cause n’étaient ni prévus ni suffisamment dimensionnés par le projet. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. et Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. G... B..., premier dénommé. Copie en sera adressée à la commune de Quintal et à la société IDEIS. Délibéré à l'issue de la séance du 15 janvier 2026 où siégeaient : M. Alain Seban, président de chambre, présidant ; M. Jérôme Goldenberg, conseiller d’Etat en service extraordinaire et M. Paul Bernard, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 5 février 2026. Le président : Signé : M. Alain Seban Le rapporteur : Signé : M. Paul Bernard Le secrétaire : Signé : M. Guillaume Auge

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un permis de régularisation ?
Un permis de régularisation est un permis de construire délivré après l'annulation d'un premier permis, afin de régulariser les vices constatés par le juge. Il permet de maintenir la construction si les irrégularités sont corrigées.
Comment contester un permis de construire ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de l'affichage du permis. Il est conseillé de consulter un avocat spécialisé en droit de l'urbanisme.
Que signifie 'pourvoi non admis' ?
Cela signifie que le Conseil d'État a refusé d'examiner le fond de l'affaire, car le pourvoi ne présentait pas de moyen sérieux. La décision attaquée devient définitive.
Quels sont les moyens sérieux pour un pourvoi en cassation ?
Les moyens sérieux peuvent être une erreur de droit, une dénaturation des faits, un défaut de motivation, ou une méconnaissance de la compétence. Ils doivent être de nature à remettre en cause la solution du litige.
Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification de l'arrêt de la cour administrative d'appel. Passé ce délai, le pourvoi est irrecevable.
Le permis de construire peut-il être régularisé après une annulation ?
Oui, le juge peut surseoir à statuer et accorder un délai pour obtenir un permis de régularisation, comme le prévoit l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

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