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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 20 mars 2026, n° 505328

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:505328.20260320

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'annulation d'un refus de permis de construire valant autorisation d'exploitation commerciale est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante, tirés de la dénaturation des pièces du dossier et de l'erreur de droit, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Nemau a demandé l'annulation de l'arrêté du 13 octobre 2023 par lequel le maire de Nîmes a refusé de lui délivrer un permis de construire valant autorisation d'exploitation commerciale pour un complexe immobilier comprenant des commerces d'une surface de vente de 4 695 m².
  • La cour administrative d'appel de Toulouse a rejeté la requête de la société par un arrêt du 17 avril 2025.
  • La société Nemau a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • La société soutenait que l'arrêt était entaché de dénaturation des pièces du dossier en ce qu'il jugeait que le projet portait atteinte aux commerces de proximité du centre-ville de Nîmes.
  • Elle soutenait également une erreur de droit et une dénaturation en ce que l'arrêt retenait un impact négatif sur les flux de circulation.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Nemau a demandé à la cour administrative d’appel de Paris d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 13 octobre 2023 par lequel le maire de Nîmes a refusé de lui délivrer un permis de construire valant autorisation d’exploitation commerciale pour l’édification d’un complexe immobilier comprenant notamment des commerces pour une surface de vente de 4 695 m². Par une ordonnance n° 23PA05214 du 18 janvier 2024, le premier vice-président de la cour administrative d’appel de Paris a transmis sa requête à la cour administrative d’appel de Toulouse. Par un arrêt n° 24TL00184 du 17 avril 2025, cette cour administrative d’appel a rejeté la requête. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 juin et 19 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Nemau demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa requête ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Nîmes la somme de 4 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de commerce ; - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Anne Villette, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Cyrille Beaufils, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Lyon-Caen, Thiriez, avocat de la société Nemau ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Toulouse qu’elle attaque, la société Nemau soutient qu’il est entaché : - de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il juge que le projet litigieux est de nature à porter atteinte aux commerces de proximité du centre-ville de Nîmes ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que le projet litigieux aura un impact négatif sur les flux de circulation. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Nemau n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Nemau. Copie en sera adressée à la commune de Nîmes, à la Commission nationale d’aménagement commercial à la société Nîmes Coupole, à l’association des commerçants du centre commercial La Coupole des Halles, à l’association En toute franchise – Département du Gard, à l’Office du commerce et de l’artisanat de Nîmes et au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française pour contester une décision rendue en dernier ressort par une cour administrative d'appel. Le pourvoi doit passer par une procédure d'admission, qui est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux.
Quels sont les moyens de cassation recevables ?
Les moyens de cassation doivent porter sur des erreurs de droit, des vices de procédure, ou une dénaturation des pièces du dossier. En l'espèce, les moyens de dénaturation et d'erreur de droit ont été jugés non sérieux.
Qu'est-ce qu'une dénaturation des pièces du dossier ?
C'est une erreur du juge qui interprète de manière manifestement erronée les pièces du dossier, par exemple en déformant leur contenu. C'est un moyen de cassation recevable mais il doit être sérieux.
Comment obtenir un permis de construire valant autorisation d'exploitation commerciale ?
Il faut déposer une demande auprès de la mairie, qui doit vérifier notamment l'impact du projet sur l'animation commerciale et les flux de circulation. Le refus peut être contesté devant le juge administratif.
Quels sont les critères pour refuser un permis de construire commercial ?
Le maire peut refuser si le projet porte atteinte aux commerces de proximité, à l'animation de la ville, ou s'il a un impact négatif sur les flux de circulation. Ces critères sont issus du code de commerce et du code de l'urbanisme.
Que se passe-t-il si mon pourvoi en cassation n'est pas admis ?
Si le pourvoi n'est pas admis, la décision de la cour administrative d'appel devient définitive. Vous ne pouvez plus la contester, sauf recours en rectification d'erreur matérielle ou en révision dans des cas très limités.

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