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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 4 février 2026, n° 505365

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:505365.20260204

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande d'indemnisation pour harcèlement moral et changement d'affectation est-il admis ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a demandé au tribunal administratif de Lyon la condamnation de la commune de Givors à lui verser 5 000 euros en réparation de préjudices liés à un changement d'affectation et à un harcèlement moral.
  • Le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande par un jugement du 21 mars 2025.
  • Mme B... a formé un pourvoi en cassation contre ce jugement, transmis au Conseil d'État par ordonnance du président de la cour administrative d'appel de Lyon.
  • Dans son pourvoi, elle soutient que le tribunal a commis une erreur de droit et de qualification juridique des faits en jugeant que le changement d'affectation n'était pas une sanction déguisée.
  • Elle soutient également que le tribunal a inexactement qualifié les faits et dénaturé les éléments du dossier en jugeant qu'il n'y avait pas de présomption de harcèlement moral.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 351-2 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Lyon de condamner la commune de Givors à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis en raison du changement d’affectation dont elle a fait l’objet et du harcèlement moral dont elle estime avoir été victime. Par un jugement n° 2303214 du 21 mars 2025, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande. Par une ordonnance n° 25LY01351 du 17 juin 2025, enregistrée le même jour au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, le président de la cour administrative d’appel de Lyon a transmis au Conseil d’Etat, en application de l’article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi, enregistré le 21 mai 2025 au greffe de cette cour, formé par Mme B... contre ce jugement. Par ce pourvoi et un mémoire complémentaire enregistré le 3 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Givors la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général de la fonction publique ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Cécile Isidoro, conseillère d'Etat, - les conclusions de M. Arnaud Skzryerbak, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Krivine, Viaud, avocat de Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’elle attaque, Mme B... soutient que le tribunal administratif de Lyon a : - commis une erreur de droit et de qualification juridique des faits en jugeant que la décision de changement d’affectation ne constituait pas une sanction déguisée ; - inexactement qualifié les faits de l’espèce et dénaturé les éléments du dossier en jugeant que les circonstances de l’espèce ne permettaient pas de faire présumer l’existence d’un harcèlement moral à son encontre, alors qu’il ressortait des éléments du dossier qu’elle avait été victime d’une dégradation de ses conditions de travail ainsi que de son état de santé en raison d’agissements répétés de ses collègues. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B.... Copie en sera adressée à la commune de Givors. Délibéré à l'issue de la séance du 15 janvier 2026 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, président de chambre, présidant ; Mme Sylvie Pellissier, conseillère d'Etat et Mme Cécile Isidoro, conseillère d'Etat-rapporteure. Rendu le 4 février 2026. Le président : Signé : M. Stéphane Verclytte La rapporteure : Signé : Mme Cécile Isidoro La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française, qui examine la légalité des décisions rendues par les cours administratives d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission préalable.
Quelles sont les conditions pour que le Conseil d'État admette un pourvoi ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux.
Qu'est-ce qu'un harcèlement moral dans la fonction publique ?
C'est une situation où un agent subit des agissements répétés qui dégradent ses conditions de travail et portent atteinte à ses droits et à sa dignité. Il peut donner lieu à une indemnisation.
Un changement d'affectation peut-il être considéré comme une sanction déguisée ?
Oui, si le changement d'affectation est décidé en réalité pour sanctionner l'agent, il peut être requalifié en sanction déguisée, ce qui ouvre droit à des recours.
Que faire si mon tribunal administratif rejette ma demande ?
Vous pouvez former un appel devant la cour administrative d'appel, puis un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, sous réserve de respecter les délais et conditions.
Quels sont les délais pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai est généralement de deux mois à compter de la notification de la décision de la cour administrative d'appel. Il est impératif de respecter ce délai.

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