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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 28 novembre 2025, n° 505403

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:505403.20251128

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'admission à la retraite pour invalidité et d'attribution d'une rente viagère d'invalidité est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à permettre l'admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés d'une méprise sur la portée de ses écritures et de la méconnaissance du caractère contradictoire de la procédure, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé son admission à la retraite pour invalidité à compter du 25 janvier 2002, avec un taux de 83,20%, et l'attribution d'une rente viagère d'invalidité, ainsi qu'une pension civile d'invalidité au taux de 50% avec majoration pour tierce personne.
  • Ses demandes ont été rejetées par décisions implicites du ministre de l'intérieur.
  • Le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande le 3 mai 2019.
  • La cour administrative d'appel de Nancy a rejeté son appel le 31 décembre 2021, mais le Conseil d'État a annulé cet arrêt le 12 mars 2024 et renvoyé l'affaire.
  • La cour administrative d'appel de Nancy a de nouveau rejeté son appel le 22 avril 2025.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une décision n° 462067 du 12 mars 2024, le Conseil d’Etat, statuant au contentieux, a annulé l’arrêt n° 19NC02326 du 31 décembre 2021 par lequel la cour administrative d’appel de Nancy a rejeté l’appel formé par M. A... B... contre le jugement n° 1604215 du 3 mai 2019 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant d’une part, à l’annulation pour excès de pouvoir des décisions implicites nées du silence gardé par le ministre de l’intérieur sur ses demandes des 3 août 2001, 14 février et 16 juin 2002 tendant à son admission à la retraite à compter du 25 janvier 2002 pour invalidité au taux de 83,20% et à l’attribution d’une rente viagère d’invalidité, ainsi que d’une pension civile d’invalidité au taux de 50% complétée de la majoration spéciale définitive au titre de l’assistance journalière d’une tierce personne, et des rappels ou arrérages dus à compter du 25 janvier 2002, d’autre part, d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui accorder le bénéfice de ces demandes, et de condamner l’Etat au versement d’une somme de 150 510 euros en réparation des préjudices subis, et renvoyé l’affaire à la cour administrative d’appel de Nancy. Par un arrêt n° 24NC00632 du 22 avril 2025, la cour administrative d’appel de Nancy a de nouveau rejeté l’appel formé par M. B... contre le jugement du tribunal administratif. Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un autre mémoire, enregistrés les 20 juin, 15 septembre et 19 septembre 2025, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3° de mettre à la charge de l’Etat la somme de 11 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code des pensions civiles et militaires de retraite ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Coralie Albumazard, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Maxime Boutron, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Gadiou, Chevallier, avocat de M. B... ; Vu la note en délibéré, enregistrée le 24 octobre 2025, présentée par M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. B... soutient que la cour administrative d’appel : - s’est méprise sur la portée de ses écritures en retenant qu’il lui demandait d’enjoindre au ministre de l’intérieur de le radier des cadres pour admission à la retraite pour invalidité, alors que ses conclusions tendaient à ce qu’il soit enjoint aux ministres de procéder d’office à son admission à la retraite pour invalidité ; - a méconnu le principe général du caractère contradictoire de la procédure et commis une erreur de droit en fondant sa décision sur l’autorité de chose jugée attachée à un précédent arrêt de la cour administrative d’appel de Nancy du 3 décembre 2009 et à un jugement du tribunal administratif de Strasbourg du 24 septembre 2015 sans avoir soumis au préalable cet arrêt et ce jugement au contradictoire. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Délibéré à l'issue de la séance du 21 octobre 2025 où siégeaient : M. Jean-Philippe Mochon, président de chambre, présidant ; M. Alain Seban, conseiller d’Etat et Mme Coralie Albumazard, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 28 novembre 2025. Le président : Signé : M. Jean-Philippe Mochon La rapporteure : Signé : Mme Coralie Albumazard La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Pilet

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour obtenir une retraite pour invalidité dans la fonction publique ?
L'admission à la retraite pour invalidité est possible si l'agent est atteint d'une invalidité d'un taux déterminé, généralement au moins 60%, et qu'il est dans l'incapacité d'exercer ses fonctions. La demande doit être adressée à l'administration.
Comment demander une rente viagère d'invalidité ?
La rente viagère d'invalidité est attribuée aux fonctionnaires qui sont admis à la retraite pour invalidité. Elle est demandée auprès de l'administration, qui statue sur la base des certificats médicaux et de l'avis de la commission de réforme.
Que se passe-t-il si l'administration ne répond pas à ma demande ?
Le silence gardé pendant deux mois vaut décision implicite de rejet. Vous pouvez alors former un recours contentieux devant le tribunal administratif dans les deux mois suivant la notification de la décision implicite.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État doit d'abord être admis. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne soulève aucun moyen sérieux. Cette procédure filtre les pourvois.
Puis-je demander réparation pour le préjudice subi en raison d'un refus de retraite pour invalidité ?
Oui, si le refus est illégal, vous pouvez demander réparation des préjudices subis, mais il faut démontrer une faute de l'administration et un lien de causalité avec le préjudice.

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