Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 7ème chambre jugeant seule, 5 février 2026, n° 505458

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:505458.20260205

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel statuant sur la garantie décennale des constructeurs et la responsabilité contractuelle est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par la commune de Nolay n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La commune de Nolay a demandé la condamnation in solidum de plusieurs constructeurs pour des désordres affectant le revêtement de la place de la commune.
  • Le tribunal administratif de Dijon a condamné solidairement M. A... et la société GCBAT à verser 84 684 euros sur les fondements décennal et contractuel.
  • La cour administrative d'appel de Lyon a annulé partiellement le jugement et condamné M. A... à verser 34 542,04 euros sur le fondement de la responsabilité contractuelle.
  • La commune de Nolay a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen n'était sérieux.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La commune de Nolay a demandé au tribunal administratif de Dijon de condamner in solidum M. B... A..., la société Cabinet d’études Marc Merlin, la société SATP Sud Est, représentée par son liquidateur Me Sabourin, la société GCBAT et la société Cominex à lui verser la somme de 84 684 euros sur le fondement de la garantie décennale, à titre subsidiaire, sur le fondement de la responsabilité contractuelle ou quasi délictuelle, en réparation des désordres affectant le revêtement de la place de la commune, outre la prise en charge des frais et honoraires d’expertise liquidés à la somme de 17 027,48 euros et des intérêts au taux légal. Par un jugement n° 1900272 du 26 avril 2023, le tribunal a mis hors de cause la société Cabinet d’études Marc Merlin, a condamné solidairement M. A... et la société GCBAT à verser à la commune de Nolay la somme de 84 684 euros sur les fondements décennal et contractuel, a mis les frais et honoraires d’expertise solidairement à la charge de M. A... et de la société GCBAT, a condamné M. A... à garantir la société GCBAT à hauteur de 40% des condamnations prononcées à son encontre, a condamné la société GCBAT à garantir M. A... à hauteur de 5 % des condamnations prononcées à son encontre et a rejeté le surplus des conclusions des parties). Par un arrêt n°s 23LY02124, 23LY02152 du 30 avril 2025, la cour administrative d’appel de Lyon a annulé le jugement du tribunal administratif de Dijon en tant qu’il prononce la condamnation solidaire de M. A... et de la société GCBAT à verser à la commune de Nolay la somme de 84 684 euros et qu’il condamne la société GCBAT à garantir M. A..., à hauteur de 5% de la condamnation prononcée à son encontre, condamné M. A... à verser à la commune de Nolay, sur le fondement de la responsabilité contractuelle, la somme de 34 542,04 euros et rejeté le surplus des conclusions des parties. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 juin et 10 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la commune de Nolay demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de rejeter l’appel de la société CGBAT et de M. A... ; 3°) de mettre à la charge de M. A... et de la société GCBAT la somme de 5 000 euros chacun au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Alexandre Denieul, maître des requêtes, - les conclusions de M. Nicolas Labrune, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Delamarre et Jéhannin, avocat de la commune de Nolay ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la commune de Nolay soutient que la cour administrative d’appel de Lyon : - l’a insuffisamment motivé en s’abstenant de se prononcer sur la charge des frais d’expertise, d’un montant de 17 027,48 euros, que le tribunal administratif de Dijon avait mis solidairement à la charge de M. A... et de la société GCBAT ; - l’a insuffisamment motivé en omettant de se prononcer sur le moyen, qu’elle avait soulevé en première instance, tiré de ce qu’elle recherchait à titre subsidiaire la responsabilité contractuelle de la GCBAT ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que la responsabilité de M. A... et de la société GCBAT ne pouvait être engagée au titre de la garantie décennale des constructeurs, les désordres affectant le lot n° 2 étant apparents lors de la réception de ce lot ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en réduisant la condamnation de M. A... sur le fondement de sa responsabilité contractuelle au titre des désordres affectant le lot n° 3 à 34 542, 04 euros TTC ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en retenant que la garantie décennale des constructeurs ayant participé aux travaux du lot n° 3 ne pouvait être engagée faute de réception de ce lot. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la commune de Nolay n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la commune de Nolay. Copie en sera adressée à M. B... A..., à la société GCBAT, société SATP Sud Est, société Cominex et au cabinet d’études Marc Merlin.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la garantie décennale des constructeurs ?
La garantie décennale est une responsabilité de plein droit qui pèse sur les constructeurs pendant dix ans après la réception des travaux pour les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination.
Comment obtenir la réparation des désordres affectant une construction publique ?
Le maître d'ouvrage public peut agir contre les constructeurs sur le fondement de la garantie décennale ou de la responsabilité contractuelle, en saisissant le juge administratif.
Quelles sont les conditions pour que le Conseil d'État admette un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne comporte aucun moyen sérieux.
Quelle est la différence entre la garantie décennale et la responsabilité contractuelle ?
La garantie décennale est une responsabilité légale de plein droit pour les dommages graves, tandis que la responsabilité contractuelle est fondée sur la faute dans l'exécution du contrat.
Que faire si les désordres sont apparents lors de la réception ?
Si les désordres sont apparents et non réservés à la réception, la garantie décennale ne peut pas être invoquée pour ces désordres. Il faut alors se tourner vers la responsabilité contractuelle.
Qui peut être tenu responsable des désordres dans un marché public de travaux ?
Tous les constructeurs (entrepreneurs, architectes, bureaux d'études) peuvent être tenus responsables, solidairement ou non, selon leur rôle dans les désordres.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.