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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 30 décembre 2025, n° 505500

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:505500.20251230

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une décision de la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des médecins est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme D... a porté plainte contre M. B... devant le conseil départemental de la Charente-Maritime de l'ordre des médecins.
  • La chambre disciplinaire de première instance a infligé à M. B... une interdiction d'exercer la médecine pour une durée d'un mois.
  • La chambre disciplinaire nationale a rejeté l'appel de M. B... et, sur appel de Mme D..., a porté la sanction à trois mois d'interdiction, dont deux avec sursis.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen sérieux n'était soulevé.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... D... a porté plainte contre M. C... B... devant le conseil départemental de la Charente-Maritime de l’ordre des médecins, qui a transmis cette plainte à la chambre disciplinaire de première instance de Nouvelle-Aquitaine de l’ordre des médecins, sans s’y associer. Par une décision du 20 novembre 2023, la chambre disciplinaire de première instance a infligé à M. B... la sanction de l’interdiction d’exercer la médecine pour une durée d’un mois. Par une décision du 24 avril 2025, la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins a rejeté l’appel de M. B... contre cette décision et, sur appel de Mme D..., a interdit à celui-ci d’exercer la médecine pour une durée de trois mois, dont deux mois assortis du sursis. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 25 juin et 25 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette décision ; 2°) de mettre à la charge Mme D... la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la santé publique ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Julien Fradel, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Cyrille Beaufils, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à Me Occhipinti, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de la décision de la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins qu’il attaque, M. B... soutient qu’elle est entachée : - d’erreur de droit en ce qu’elle retient le caractère fautif de son comportement, sans apprécier, au préalable, la véracité de l’attestation produite par Mme D... ; - d’inexacte qualification juridique des faits en ce qu’elle retient que l’envoi de la lettre à Mme D... est constitutif d’un manquement au devoir de moralité ; - d’inexacte qualification juridique des faits en ce qu’elle juge que l’envoi de cette lettre est constitutif d’un acte de nature à déconsidérer la profession de médecin et en ce qu’elle retient que l’envoi de ce courrier, comportant des menaces adressés à Mme D..., caractérise un manquement à l’obligation d’entretenir de bons rapports avec les membres des professions de santé. Il soutient en outre que la sanction prononcée est hors de proportion avec les fautes qui lui sont reprochées. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C... B.... Copie en sera adressée à Mme D... et au Conseil national de l’ordre des médecins.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Quels sont les moyens sérieux pour obtenir l'admission d'un pourvoi ?
Un moyen sérieux est un moyen qui est de nature à permettre l'admission du pourvoi, c'est-à-dire un moyen qui n'est pas manifestement infondé et qui soulève une question juridique importante.
Quelle est la sanction pour un médecin qui envoie des menaces à un patient ?
La sanction peut être une interdiction d'exercer la médecine pour une durée déterminée, comme dans cette affaire où le médecin a été interdit d'exercer pour une durée de trois mois, dont deux avec sursis.
Comment se déroule une procédure disciplinaire contre un médecin ?
La procédure disciplinaire est engagée par une plainte devant le conseil départemental de l'ordre, qui la transmet à la chambre disciplinaire de première instance. Celle-ci peut prononcer une sanction. L'appel est possible devant la chambre disciplinaire nationale.
Qu'est-ce que le devoir de moralité pour un médecin ?
Le devoir de moralité est une obligation déontologique qui impose au médecin de se comporter de manière irréprochable, tant dans sa vie professionnelle que privée, afin de préserver la confiance du public.
Qu'est-ce que la déconsidération de la profession médicale ?
La déconsidération de la profession médicale est un manquement disciplinaire qui consiste à adopter un comportement qui porte atteinte à l'image et à la réputation de la profession médicale.

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