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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 5 février 2026, n° 505554

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:505554.20260205

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'annulation d'un refus de titre de séjour et d'une OQTF est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a demandé au tribunal administratif de Nancy l'annulation de l'arrêté du 30 septembre 2022 refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par jugement du 4 mai 2023.
  • La cour administrative d'appel de Nancy a rejeté son appel par arrêt du 28 janvier 2025.
  • Mme B... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
  • Elle soutenait que la cour avait commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier concernant sa résidence, ses moyens d'existence et ses liens familiaux en France.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Nancy d’annuler l’arrêté du 30 septembre 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par un jugement n° 2300040 du 4 mai 2023, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 23NC02997 du 28 janvier 2025, la cour administrative d’appel de Nancy a rejeté l’appel de Mme B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 26 juin et 26 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 3 000 euros à verser à la SAS Hannotin avocats, son avocat, au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - l’accord du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l’emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Paul Bernard, maître des requêtes, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Hannotin avocats, avocat de Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, Mme B... soutient que la cour administrative d’appel de Nancy a : - commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en retenant qu’elle ne dispose, pour l’application de l’article 7 bis de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968, ni d’une résidence ni de moyens d’existence suffisants ; - dénaturé les pièces du dossier en retenant qu’elle n’établit pas l’existence de liens familiaux en France suffisants pour prétendre à la délivrance sur le fondement de l’article 6 du même accord d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » et qu’elle ne justifie pas que la décision litigieuse porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Délibéré à l'issue de la séance du 15 janvier 2026 où siégeaient : M. Alain Seban, président de chambre, présidant ; M. Jérôme Goldenberg, conseiller d’Etat en service extraordinaire et M. Paul Bernard, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 5 février 2026. Le président : Signé : M. Alain Seban Le rapporteur : Signé : M. Paul Bernard Le secrétaire : Signé : M. Guillaume Auge

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française pour contester une décision d'une cour administrative d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission : seuls les pourvois fondés sur un moyen sérieux sont examinés au fond.
Quels sont les délais pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification de la décision de la cour administrative d'appel.
Que signifie 'moyen sérieux' ?
Un moyen sérieux est un argument de droit ou de fait qui paraît de nature à remettre en cause la décision attaquée. S'il est jugé non sérieux, le pourvoi est rejeté sans examen au fond.
Puis-je obtenir un titre de séjour en tant que ressortissant algérien ?
Oui, l'accord franco-algérien de 1968 prévoit des conditions spécifiques pour la délivrance de titres de séjour. Par exemple, l'article 6 concerne la vie privée et familiale, et l'article 7 bis concerne la résidence et les moyens d'existence.
Que faire si mon titre de séjour est refusé ?
Vous pouvez contester la décision devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois. En cas de rejet, vous pouvez faire appel devant la cour administrative d'appel, puis un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.

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