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Conseil d'État, 6ème et 5ème chambres réunies, 11 mars 2026, n° 505574

Rejet Publication : C ECLI : ECLI:FR:CECHR:2026:505574.20260311

Synthèse de la décision

Question juridique

Les moyens contestant la légalité d'une décision implicite de rejet d'une demande de maintien en activité sont-ils opérants à l'encontre du décret d'admission à la retraite qui n'est pas pris pour son application ?

Principe retenu

Le décret d'admission à la retraite n'est pas pris pour l'application de la décision implicite de rejet de la demande de maintien en activité, laquelle ne constitue pas sa base légale. Par suite, les moyens contestant la légalité de cette décision implicite sont inopérants à l'encontre du décret. Les conclusions indemnitaires présentées sans demande préalable sont irrecevables.

Faits clés

  • M. A..., conseiller maître à la Cour des comptes, a atteint la limite d'âge le 20 juillet 2024.
  • Il a bénéficié d'un maintien en activité jusqu'au 20 juillet 2025 inclus sur le fondement de l'article 1er de la loi du 23 décembre 1986.
  • Le 28 janvier 2025, il a demandé un maintien en activité pour une année supplémentaire.
  • Par décret du 30 avril 2025, il a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 21 juillet 2025.
  • Il conteste ce décret en soulevant des moyens contre la décision implicite de rejet de sa demande de maintien en activité.

Articles cités

article L. 556-1 du code général de la fonction publique article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration article 1er de la loi n° 86-1304 du 23 décembre 1986

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 27 juin et 28 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B… A… demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler pour excès de pouvoir le décret du 30 avril 2025 par lequel il a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 21 juillet 2025 ; 2°) de lui accorder une indemnité au titre du préjudice que lui a causé ce décret. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général de la fonction publique ; - le code des relations entre le public et l’administration ; - la loi n° 86-1304 du 23 décembre 1986 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Karin Schor, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Nicolas Agnoux, rapporteur public ; Considérant ce qui suit : 1. Il ressort des pièces du dossier que M. B… A…, conseiller maître à la Cour des comptes, a atteint le 20 juillet 2024 la limite d’âge prévue au 1° de l’article L. 556-1 du code général de la fonction publique. Il a bénéficié d’un maintien en activité jusqu’au 20 juillet 2025 inclus, sur le fondement des dispositions de l’article 1er de la loi du 23 décembre 1986 relative à la limite d’âge et aux modalités de recrutement de certains fonctionnaires civils de l’Etat. Par une demande en date du 28 janvier 2025, il a demandé à bénéficier d’un maintien en activité pour une année supplémentaire, sur le fondement des mêmes dispositions. Par le décret du 30 avril 2025 dont il demande l’annulation pour excès de pouvoir, il a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 21 juillet 2025. 2. Aux termes de l’article L. 231-4 du code des relations entre le public et l’administration : « Par dérogation à l’article L. 231-1, le silence gardé par l’administration pendant deux mois vaut décision de rejet : / (…) 5° Dans les relations entre l’administration et ses agents ». 3. Pour contester le décret du 30 avril 2025, M. A... se borne à faire valoir des moyens contestant la légalité de la décision implicite de rejet de sa demande de maintien en activité, née en application des dispositions précitées de l’article L. 231-4 du code des relations entre le public et l’administration. Toutefois, le décret attaqué n’est pas pris pour l’application de cette décision de rejet, laquelle ne constitue pas davantage sa base légale. Par suite, les conclusions tendant à l’annulation pour excès de pouvoir de ce décret, au soutien desquelles tous les moyens soulevés sont inopérants, ne peuvent qu’être rejetées. 4. Pour leur part, les conclusions indemnitaires présentées par M. A..., qui n’ont pas fait l’objet d’une demande préalable, ne sont pas recevables. D E C I D E : -------------- Article 1er : La requête de M. A... est rejetée. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B… A… et au Premier ministre. Copie en sera adressée à la première présidente de la Cour des comptes. Délibéré à l'issue de la séance du 11 février 2026 où siégeaient : M. Jacques-Henri Stahl, président adjoint de la section du contentieux, présidant ; Mme Isabelle de Silva, M. Jean-Philippe Mochon, présidents de chambre ; Mme Laurence Helmlinger, M. Jérôme Marchand-Arvier, M. Stéphane Hoynck, M. Christophe Pourreau, M. Jean-Luc Matt, conseillers d'Etat et Mme Karin Schor, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 11 mars 2026. Le président : Signé : M. Jacques-Henri Stahl La rapporteure : Signé : Mme Karin Schor La secrétaire : Signé : Mme Marie-Adeline Allain

Questions fréquentes

Puis-je contester un décret de mise à la retraite en invoquant l'illégalité d'une décision implicite de rejet de ma demande de maintien en activité ?
Non, si le décret n'est pas pris pour l'application de cette décision implicite, les moyens contestant cette décision sont inopérants.
Quels sont les recours possibles contre un refus de maintien en activité ?
Vous pouvez contester la décision de refus (expresse ou implicite) par un recours pour excès de pouvoir dans les deux mois suivant sa notification ou sa naissance.
Comment obtenir une indemnisation pour un préjudice lié à une mise à la retraite ?
Vous devez d'abord adresser une demande préalable à l'administration, puis saisir le juge administratif si elle est rejetée ou en cas de silence.
Quelle est la différence entre une décision implicite de rejet et un décret individuel ?
Une décision implicite naît du silence de l'administration pendant deux mois, tandis qu'un décret est un acte explicite. Le décret peut avoir une base légale distincte.
Quels moyens sont opérants pour contester un décret d'admission à la retraite ?
Les moyens doivent être relatifs à la légalité du décret lui-même (compétence, forme, motif, but), et non à des actes antérieurs qui ne sont pas sa base légale.

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