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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 19 décembre 2025, n° 505579

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:505579.20251219

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel statuant sur le refus d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par les sociétés requérantes n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Alyzia Roissy Check 1 (ARC 1) a demandé l'annulation de la décision de l'inspectrice du travail du 10 juin 2022 retirant une autorisation de licenciement pour motif économique et refusant cette autorisation.
  • Le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande par jugement du 24 avril 2024.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté l'appel par arrêt du 29 avril 2025.
  • Les sociétés ARC 1, Alyzia et ARC 2 ont formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, considérant qu'aucun moyen n'était sérieux.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Alyzia Roissy Check 1 (ARC 1) a demandé au tribunal administratif de Montreuil d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 10 juin 2022 par laquelle l’inspectrice du travail de l’unité de contrôle n° 5 de l’unité départementale de Seine-Saint-Denis a, d’une part, retiré sa décision du 22 février 2022 par laquelle elle avait autorisé cette société à licencier M. B... A... pour motif économique et, d’autre part, refusé d’autoriser ce licenciement. Par un jugement n° 2212490 du 24 avril 2024, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24PA02469 du 29 avril 2025, la cour administrative d’appel de Paris a, après avoir admis l’intervention des sociétés Alyzia et Alyzia Roissy Check 2 (ARC 2), rejeté l’appel formé par la société Alyzia Roissy Check 1 (ARC 1) contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 27 juin et 24 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société ARC 1, la société Alyzia et la société ARC 2 demandent au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à l’appel de la société ARC 1 ; 3°) de mettre à la charge de M. A... la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code du travail ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Anne Villette, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Cyrille Beaufils, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Rocheteau, Uzan-Sarano & Goulet, avocat de la société Alyzia Roissy Check 1 (ARC1), de la société Alyzia et de la société Alyzia Roissy Check 2 (ARC2) ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Paris qu’elles attaquent, la société Alyzia Roissy Check 1 (ARC 1), la société Alyzia et la société Alyzia Roissy Check 2 (ARC 2) soutiennent qu’il est entaché : - d’irrégularité en ce que la cour a soulevé un moyen d’ordre public sans l’avoir communiqué préalablement aux parties ; - d’erreur de droit, d’inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que la société ARC 1 a été mise à même de faire valoir ses observations préalablement au retrait de la décision du 22 février 2022 par laquelle l’inspectrice du travail l’avait autorisée à licencier M. A... pour motif économique ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il neutralise l’illégalité affectant l’un des motif, relatif à la réalité de la suppression du poste du salarié, sur lesquels l’inspectrice du travail a fondé sa décision refusant l’autorisation de licenciement du salarié, sans rechercher si l’inspectrice du travail aurait pris la même décision en ne se fondant que sur le second motif de sa décision tiré de l’absence de recherche sérieuse des possibilités de reclassement ; - d’insuffisance de motivation, de méprise sur la portée des écritures de la société ARC 1, d’erreur de droit, d’inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que cette société n’a pas procédé à une recherche sérieuse des possibilités de reclassement du salarié. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi des sociétés Alyzia Roissy Check 1 (ARC 1), Alyzia et Alyzia Roissy Check 2 (ARC 2) n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Alyzia Roissy Check 1 (ARC 1), première dénommée, pour l’ensemble des requérantes. Copie en sera adressée à M. B... A... et au ministre du travail et des solidarités.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un licenciement économique ?
Un licenciement économique est un licenciement effectué par un employeur pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié, résultant d'une suppression ou transformation d'emploi ou d'une modification refusée du contrat de travail, consécutives notamment à des difficultés économiques, des mutations technologiques ou une réorganisation.
Qui est considéré comme salarié protégé ?
Les salariés protégés sont ceux qui bénéficient d'une protection particulière en raison de leur mandat représentatif ou de leur fonction syndicale, comme les délégués syndicaux, les membres du comité social et économique, etc. Leur licenciement nécessite une autorisation de l'inspection du travail.
Que se passe-t-il si l'inspection du travail refuse d'autoriser un licenciement ?
L'employeur peut contester cette décision devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois. Si le tribunal rejette sa demande, il peut faire appel devant la cour administrative d'appel, puis se pourvoir en cassation devant le Conseil d'État.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
Devant le Conseil d'État, le pourvoi en cassation est soumis à une procédure préalable d'admission. Le pourvoi n'est admis que s'il soulève un moyen sérieux. Si aucun moyen sérieux n'est retenu, le pourvoi est rejeté.
Quels sont les motifs de refus d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé ?
L'inspection du travail peut refuser l'autorisation si le licenciement n'est pas justifié par un motif économique réel et sérieux, si l'employeur n'a pas respecté l'obligation de reclassement, ou si le licenciement est en lien avec le mandat du salarié.

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