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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 19 décembre 2025, n° 505581

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:505581.20251219

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel confirmant le refus d'autorisation de licenciement économique est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à permettre l'admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par les sociétés requérantes n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Alyzia Roissy Check 1 (ARC 1) a demandé l'annulation de la décision de l'inspectrice du travail du 10 juin 2022 retirant son autorisation de licenciement économique de M. A... B... et refusant de l'autoriser.
  • Le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande par jugement du 24 avril 2024.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté l'appel par arrêt du 29 avril 2025.
  • Les sociétés ARC 1, Alyzia et ARC 2 ont formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • Les moyens invoqués portaient sur une irrégularité de procédure, une erreur de droit, une inexacte qualification juridique des faits et une dénaturation des pièces du dossier.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Alyzia Roissy Check 1 (ARC 1) a demandé au tribunal administratif de Montreuil d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 10 juin 2022 par laquelle l’inspectrice du travail de l’unité de contrôle n° 5 de l’unité départementale de Seine-Saint-Denis a, d’une part, retiré sa décision du 22 février 2022 par laquelle elle avait autorisé cette société à licencier M. C... A... B... pour motif économique et, d’autre part, refusé d’autoriser ce licenciement. Par un jugement n° 2212522 du 24 avril 2024, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24PA02473 du 29 avril 2025, la cour administrative d’appel de Paris a, après avoir admis l’intervention des sociétés Alyzia et Alyzia Roissy Check 2 (ARC 2), rejeté l’appel formé par la société Alyzia Roissy Check 1 (ARC 1) contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 27 juin et 24 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société ARC 1, la société Alyzia et la société ARC 2 demandent au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à l’appel de la société ARC 1 ; 3°) de mettre à la charge de M. A... B... la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code du travail ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Anne Villette, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Cyrille Beaufils, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Rocheteau, Uzan-Sarano & Goulet, avocat de la société Alyzia Roissy Check 1 (ARC1), de la société Alyzia et de la société Alyzia Roissy Check 2 (ARC2) ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Paris qu’elles attaquent, la société Alyzia Roissy Check 1 (ARC 1), la société Alyzia et la société Alyzia Roissy Check 2 (ARC 2) soutiennent qu’il est entaché : - d’irrégularité en ce que la cour a soulevé un moyen d’ordre public sans l’avoir préalablement communiqué aux parties ; - d’erreur de droit, d’inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que la société ARC 1 a été mise à même de faire valoir ses observations préalablement au retrait de la décision du 22 février 2022 par laquelle l’inspectrice du travail l’avait autorisée à licencier M. A... B... pour motif économique ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il neutralise l’illégalité affectant l’un des motifs, relatif à la réalité de la suppression du poste du salarié, sur lesquels l’inspectrice du travail a fondé sa décision refusant l’autorisation de licenciement du salarié, sans rechercher si l’inspectrice du travail aurait pris la même décision en ne se fondant que sur le second motif de sa décision tiré de l’absence de recherche sérieuse des possibilités de reclassement ; - d’insuffisance de motivation, de méprise sur la portée des écritures de la société ARC 1, d’erreur de droit, d’inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que cette société n’a pas procédé à une recherche sérieuse des possibilités de reclassement du salarié. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi des sociétés Alyzia Roissy Check 1 (ARC 1), Alyzia et Alyzia Roissy Check 2 (ARC 2) n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Alyzia Roissy Check 1 (ARC 1), première dénommée, pour l’ensemble des requérantes. Copie en sera adressée à M. C... A... B... et au ministre du travail et des solidarités.

Questions fréquentes

Quelle est la procédure pour licencier un salarié pour motif économique ?
L'employeur doit obtenir une autorisation de l'inspecteur du travail si le salarié est protégé (par exemple, représentant du personnel). La demande doit être motivée et l'employeur doit justifier de la réalité du motif économique et avoir recherché des possibilités de reclassement.
Que faire si l'inspecteur du travail refuse d'autoriser un licenciement économique ?
L'employeur peut contester cette décision devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois. En cas de rejet, il peut faire appel devant la cour administrative d'appel, puis se pourvoir en cassation devant le Conseil d'État, sous réserve de l'admission du pourvoi.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation doit d'abord être admis par le Conseil d'État. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne soulève aucun moyen sérieux. Seuls les pourvois présentant un intérêt juridique important sont admis.
L'employeur doit-il rechercher un reclassement avant de licencier pour motif économique ?
Oui, l'employeur doit rechercher sérieusement des possibilités de reclassement du salarié dans l'entreprise ou le groupe, avant de procéder au licenciement. Cette obligation est vérifiée par l'inspecteur du travail.
Quels sont les recours contre une décision de l'inspecteur du travail ?
Les recours sont le recours gracieux ou hiérarchique, puis le recours contentieux devant le tribunal administratif. En appel, la cour administrative d'appel, et en cassation, le Conseil d'État.
Que se passe-t-il si l'inspecteur du travail retire une autorisation de licenciement déjà accordée ?
Le retrait d'une décision créatrice de droits n'est possible que dans un délai de quatre mois et si la décision est illégale, après avoir mis l'intéressé à même de présenter ses observations. L'employeur peut contester ce retrait.

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