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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 5 février 2026, n° 505598

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:505598.20260205

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement annulant le retrait d'un permis de construire tacite est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la commune de Clamart ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Batival a demandé l'annulation de l'arrêté du 27 février 2023 par lequel le maire de Clamart a retiré un permis de construire tacite pour la démolition d'un pavillon et la construction d'un immeuble de trois logements.
  • Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé cet arrêté et enjoint à la commune de délivrer un certificat de permis de construire tacite.
  • La commune de Clamart a formé un pourvoi en cassation contre ce jugement.
  • La commune soutenait que le tribunal avait commis des erreurs de droit concernant le contenu du plan de masse et l'appréciation de l'unité foncière.
  • Le Conseil d'État a jugé qu'aucun de ces moyens n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 431-9 du code de l'urbanisme article UE9 du règlement du plan local d'urbanisme de Clamart article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Batival a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d’annuler l’arrêté du 27 février 2023 par lequel le maire de Clamart (Hauts-de-Seine) a retiré le permis de construire tacite pour la démolition d’un pavillon et la construction d’un immeuble de trois logements dont elle était titulaire et d’enjoindre à la commune de lui délivrer un certificat de permis tacite. Par un jugement n° 2305063 du 25 avril 2025, le tribunal administratif a annulé cet arrêté et enjoint à la commune de Clamart de délivrer à la société Batival un certificat de permis de construire tacite dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 27 juin et 29 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la commune de Clamart demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de rejeter la demande de la société Batival ; 3°) de mettre à la charge de la société Batival une somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Paul Bernard, maître des requêtes, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Gury et Maitre, avocat de la commune de Clamart ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’elle attaque, la commune de Clamart soutient que le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a : - commis une erreur de droit en estimant que le plan de masse que le pétitionnaire doit joindre à sa demande de permis de construire en application de l’article R. 431-9 du code de l’urbanisme ne doit pas nécessairement faire apparaître les distances entre les baies et les limites séparatives ; - commis une erreur de droit en jugeant que la demande de précision relative au contenu du plan de masse était illégale et dénaturé les pièces du dossier en estimant qu’en tout état de cause les précisions sollicitées étaient identifiables sur le plan de masse initialement produit ; - commis une erreur de droit en jugeant que le respect de l’article UE9 du règlement du plan local d’urbanisme de la commune devait s’apprécier au regard de la seule parcelle mentionnée par la société pétitionnaire dans sa demande, et non de l’unité foncière qu’elle constitue avec trois autres parcelles contigües. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la commune de Clamart n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la commune de Clamart. Copie en sera adressée à la société Batival. Délibéré à l'issue de la séance du 15 janvier 2026 où siégeaient : M. Alain Seban, président de chambre, présidant ; M. Jérôme Goldenberg, conseiller d’Etat en service extraordinaire et M. Paul Bernard, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 5 février 2026. Le président : Signé : M. Alain Seban Le rapporteur : Signé : M. Paul Bernard Le secrétaire : Signé : M. Guillaume Auge

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un permis de construire tacite ?
Un permis de construire tacite est un permis accordé implicitement par l'administration lorsque celle-ci n'a pas répondu dans le délai légal d'instruction (généralement deux mois).
Un maire peut-il retirer un permis de construire tacite ?
Oui, un maire peut retirer un permis de construire tacite s'il est illégal, dans un délai de trois mois suivant sa délivrance, sous réserve de respecter la procédure contradictoire.
Que doit contenir un plan de masse pour une demande de permis de construire ?
Le plan de masse doit faire apparaître les constructions existantes et projetées, leurs dimensions, les distances par rapport aux limites séparatives et aux autres constructions, ainsi que l'implantation sur le terrain.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, notamment un tribunal administratif ou une cour administrative d'appel. Il vise à faire contrôler la légalité de la décision.
Quelles sont les conditions pour qu'un pourvoi en cassation soit admis ?
Le pourvoi en cassation doit être recevable (délai, qualité pour agir) et soulever un moyen sérieux. Le Conseil d'État refuse l'admission si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux.
Que se passe-t-il si le pourvoi en cassation n'est pas admis ?
Si le pourvoi n'est pas admis, la décision de la juridiction inférieure devient définitive. Le pourvoi est rejeté sans examen au fond.

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