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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 26 novembre 2025, n° 505621

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:505621.20251126

Synthèse de la décision

Question juridique

L'inspecteur du travail d'une section peut-il légalement assurer l'intérim d'une autre section et signer une décision d'autorisation de licenciement ?

Principe retenu

L'inspecteur du travail normalement affecté à une section ne peut légalement assurer l'intérim d'une autre section et signer une décision d'autorisation de licenciement que s'il est compétent pour ce faire. L'annulation pour incompétence de la décision de l'inspecteur du travail emporte par voie de conséquence l'annulation de la décision ministérielle confirmative.

Faits clés

  • M. A... a été licencié par la société Boulanger après autorisation de l'inspectrice du travail du 4 juin 2021.
  • La ministre du travail a rejeté le recours hiérarchique de M. A... le 17 novembre 2021.
  • Le tribunal administratif de Melun a annulé ces décisions, suivi par la cour administrative d'appel de Paris.
  • La société Boulanger a formé un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la cour.
  • La société soutenait que l'inspectrice du travail de la 4ème section pouvait assurer l'intérim de la 5ème section.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 741-7 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Melun d’annuler pour excès de pouvoir, d’une part, la décision du 4 juin 2021 par laquelle l’inspectrice du travail de la 4ème section de l’unité de contrôle n° 2 du Val-de-Marne a autorisé la société Boulanger à le licencier pour motif disciplinaire, ensemble la décision du 17 novembre 2021 par laquelle la ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion a rejeté son recours hiérarchique contre cette décision, et, d’autre part, les décisions des 2 mars et 3 avril 2021 par lesquelles la société Boulanger lui a infligé des mises à pied à titre conservatoire. Par un jugement n° 2200350 du 2 avril 2024, le tribunal administratif a annulé la décision de l’inspectrice du travail et la décision de la ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion et a rejeté le surplus des conclusions de la demande de M. A.... Par un arrêt n° 24PA02402 du 29 avril 2025, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel de la société Boulanger contre ce jugement en tant qu’il a annulé la décision de l’inspectrice du travail et la décision de la ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 27 juin et 8 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Boulanger demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de M. A... la somme de 4 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code du travail ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Julien Fradel, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Jean-François de Montgolfier, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Gatineau, Fattaccini, Rebeyrol, avocat de la Société Boulanger ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Paris qu’elle attaque, la société Boulanger soutient qu’il est entaché : - d’irrégularité en ce que sa minute ne serait pas revêtue des signatures requises par l’article R. 741-7 du code de justice administrative ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il juge que l’inspectrice du travail normalement affectée à la 4ème section de l’unité de contrôle n° 2 de l’unité départementale du Val-de-Marne ne pouvait légalement assurer l’intérim de l’inspectrice du travail affectée à la 5ème section de la même unité de contrôle et, par suite, compétemment signer la décision autorisant le licenciement de M. A... ; - d’erreur de droit en ce qu’il juge que l’annulation, pour incompétence, de la décision de l’inspectrice du travail autorisant le licenciement de M. A... emportait, par voie de conséquence, l’annulation de la décision de la ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion ayant confirmé cette décision. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Boulanger n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Boulanger. Copie en sera adressée à M. B... A... et au ministre du travail et des solidarités.

Questions fréquentes

Un inspecteur du travail peut-il autoriser un licenciement s'il n'est pas celui normalement affecté au dossier ?
Non, l'inspecteur du travail doit être compétent pour signer la décision. S'il assure un intérim dans une autre section, il doit avoir été régulièrement désigné pour cette fonction.
Que se passe-t-il si l'autorisation de licenciement est annulée pour incompétence ?
L'annulation de l'autorisation de l'inspecteur du travail entraîne par voie de conséquence l'annulation de la décision du ministre qui l'a confirmée, et le licenciement est privé de base légale.
Quel est le recours contre une décision de l'inspecteur du travail autorisant un licenciement ?
Le salarié peut former un recours hiérarchique auprès du ministre du travail, puis un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif.
Un salarié protégé peut-il être licencié sans autorisation de l'inspection du travail ?
Non, tout licenciement d'un salarié protégé est soumis à une autorisation administrative préalable de l'inspecteur du travail.
Quelle est la procédure pour contester une autorisation de licenciement ?
Le salarié doit d'abord exercer un recours hiérarchique auprès du ministre, puis, en cas de rejet, saisir le tribunal administratif d'un recours pour excès de pouvoir.
Quels sont les délais pour former un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi en cassation doit être formé dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée.

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