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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 12 février 2026, n° 505643

Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:505643.20260212

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance rejetant l'appel d'un jugement rejetant une demande d'indemnisation pour accident causé par un ouvrage public est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens de dénaturation des pièces du dossier concernant le lien de causalité et les conditions d'engagement de la responsabilité de l'État pour défaut d'entretien de l'ouvrage public ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... et la société B... Avocats ont demandé au tribunal administratif de Versailles de condamner l'État à leur verser des sommes en réparation des préjudices subis du fait d'un accident survenu le 15 janvier 2020.
  • Le tribunal administratif a rejeté leurs demandes par un jugement du 3 juillet 2023.
  • La cour administrative d'appel de Versailles a rejeté l'appel par une ordonnance du 30 avril 2025.
  • Mme B... et la société B... Avocats se pourvoient en cassation contre cette ordonnance.
  • Ils soutiennent que l'ordonnance est entachée de dénaturation des pièces du dossier en retenant que le lien de causalité entre l'accident et l'ouvrage public n'est pas établi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme C... B... et la société B... Avocats, ont demandé au tribunal administratif de Versailles de condamner l'Etat à leur verser respectivement les sommes de 47 000 euros et de 25 000 euros, sauf à parfaire notamment après expertise le cas échéant, en réparation des préjudices subis du fait de l'accident survenu le 15 janvier 2020, ces sommes devant porter intérêts à compter de la date de la réclamation préalable du 23 juillet 2020. Par un jugement n° 2100111 du 3 juillet 2023, le tribunal administratif a rejeté leurs demandes. Par une ordonnance n° 23VE02081 du 30 avril 2025, le premier vice-président de la cour administrative d’appel de Versailles a rejeté l’appel formé par Mme B... et la société B... Avocats contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 30 juin et 30 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme A... et la société B... Avocats demandent au Conseil d’Etat : 1°) d'annuler cette ordonnance ; 2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Julia Flot, auditrice, - les conclusions de M. Clément Malverti, rapporteur public, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Le Prado-Gilbert, avocat de Mme B... et de la société B... Avocats ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elles attaquent, Mme B... et la société B... Avocats soutiennent qu’elle est entachée : - de dénaturation des pièces du dossier en retenant que le lien de causalité entre l’accident subi et l’ouvrage public en cause n’est pas établi ; - de dénaturation ses pièces du dossier en retenant que les conditions d’engagement de la responsabilité de l’Etat pour défaut d’entretien de l’ouvrage public ne sont pas réunies. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... et de la société B... Avocats n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B..., à la société A... Avocats et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour engager la responsabilité de l'État pour défaut d'entretien d'un ouvrage public ?
Il faut démontrer l'existence d'un ouvrage public, un défaut d'entretien normal, et un lien de causalité entre ce défaut et le dommage.
Que signifie la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation doit d'abord être admis par le Conseil d'État. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux dans un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à entraîner l'annulation de la décision attaquée.
Comment prouver le lien de causalité entre un accident et un ouvrage public ?
Il faut apporter des éléments de preuve, comme des témoignages, des rapports d'expertise, ou des constats, montrant que l'ouvrage public a été la cause directe du dommage.
Que se passe-t-il si le pourvoi en cassation n'est pas admis ?
Si le pourvoi n'est pas admis, la décision attaquée devient définitive et le requérant ne peut plus la contester.

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