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Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 19 décembre 2025, n° 505655

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:505655.20251219

Synthèse de la décision

Question juridique

L'État a-t-il commis une faute de nature à engager sa responsabilité en répartissant la subvention destinée à favoriser la participation des électeurs au scrutin de mesure de l'audience des organisations syndicales sur le fondement de critères sans rapport avec cet objectif ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la confédération requérante ne sont pas de nature à justifier l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La Confédération nationale des travailleurs - solidarité ouvrière a demandé réparation de préjudices matériel et moral résultant de la faute de l'État dans l'attribution de la subvention aux organisations syndicales pour les dépenses d'information du public en vue du scrutin de mesure de l'audience syndicale auprès des salariés des entreprises de moins de onze salariés, tenu entre le 22 mars et le 4 avril 2021.
  • Le tribunal administratif de Paris a partiellement fait droit à la demande en condamnant l'État à verser 1 000 euros au titre du préjudice moral.
  • La cour administrative d'appel de Paris a annulé ce jugement et rejeté la demande de première instance.
  • La confédération s'est pourvue en cassation contre cet arrêt.
  • Le pourvoi a été soumis à la procédure d'admission prévue à l'article L. 822-1 du code de justice administrative.

Articles cités

article L. 2122-10-1 du code du travail article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La Confédération nationale des travailleurs - solidarité ouvrière a demandé au tribunal administratif de Paris de condamner l’Etat à lui verser les sommes de 34 300,75 euros au titre de son préjudice matériel et de 20 000 euros au titre de son préjudice moral résultant de la faute commise par l’Etat dans l’attribution de la subvention aux organisations syndicales candidates pour les dépenses d’information du public dans le but, notamment, de favoriser la participation des électeurs au scrutin, prévu à l’article L. 2122-10-1 du code du travail, destiné à mesurer l’audience des organisations syndicales auprès des salariés des entreprises de moins de onze salariés qui s’est tenu entre le 22 mars et le 4 avril 2021. Par un jugement n° 2119678 du 24 octobre 2023, le tribunal administratif de Paris a partiellement fait droit à cette demande en condamnant l’Etat à verser à cette confédération une somme de 1 000 euros en réparation de son préjudice moral. Par un arrêt nos 23PA05009, 23PA05358 du 29 avril 2025, la cour administrative d’appel de Paris, saisie par le ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion et par la Confédération nationale des travailleurs - solidarité ouvrière, a annulé ce jugement et rejeté la demande de première instance de la Confédération nationale des travailleurs - solidarité ouvrière. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 30 juin et 25 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la Confédération nationale des travailleurs - solidarité ouvrière demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel et de rejeter l’appel du ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion ; 3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code du travail ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Jean-Luc Matt, conseiller d’Etat, - les conclusions de M. Thomas Janicot, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Rocheteau, Uzan-Sarano, Goulet, avocat de la Confédération nationale des travailleurs - solidarité ouvrière; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la Confédération nationale des travailleurs - solidarité ouvrière soutient que : - la cour administrative d’appel a méconnu le principe du caractère contradictoire de la procédure et ainsi entaché son arrêt d’irrégularité en se fondant, pour statuer, sur les résultats de la représentativité syndicale pour le cycle 2017-2020 produits par le ministre qui ne lui ont pas été communiqués ; - elle a commis une erreur de droit en jugeant que l’Etat n’a pas commis de faute en répartissant la subvention litigieuse sur le fondement de l’audience électorale des organisations syndicales et de leurs ressources propres qui sont des critères sans rapport avec l’objectif de favoriser la participation des électeurs au scrutin de mesure de la représentativité syndicale ; - elle a insuffisamment motivé son arrêt en ne répondant pas au moyen tiré de la disproportion manifeste de la différence de traitement entre organisations syndicales résultant de la répartition litigieuse. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à justifier l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la Confédération nationale des travailleurs - solidarité ouvrière n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la Confédération nationale des travailleurs - solidarité ouvrière. Copie en sera adressée au ministre du travail et des solidarités. Délibéré à l’issue de la séance du 6 novembre 2025 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Jean-Luc Nevache, conseiller d’Etat et M. Jean-Luc Matt, conseiller d’Etat-rapporteur. Rendu le 19 décembre 2025. La présidente : Signé : Mme Gaëlle Dumortier Le rapporteur : Signé : M. Jean-Luc Matt La secrétaire : Signé : Mme Paule Troly

Questions fréquentes

Quels sont les critères de répartition des subventions aux organisations syndicales pour l'information des électeurs ?
La répartition doit être fondée sur des critères en rapport avec l'objectif de favoriser la participation des électeurs au scrutin. En l'espèce, l'audience électorale et les ressources propres ont été jugés sans rapport avec cet objectif.
L'État peut-il être condamné pour faute dans l'attribution de subventions ?
Oui, si l'État commet une faute de nature à engager sa responsabilité, il peut être condamné à réparer les préjudices en résultant. En l'espèce, le tribunal administratif a reconnu un préjudice moral, mais la cour d'appel a rejeté la demande.
Quelle est la procédure pour contester un arrêt de cour administrative d'appel ?
Il faut former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois. Le pourvoi est soumis à une procédure d'admission : il doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux.
Qu'est-ce que la représentativité syndicale ?
La représentativité syndicale est la mesure de l'audience d'une organisation syndicale auprès des salariés, notamment par des élections professionnelles. Elle conditionne l'attribution de subventions et la participation aux négociations.
Puis-je demander réparation pour un préjudice moral subi par mon organisation syndicale ?
Oui, une organisation syndicale peut demander réparation d'un préjudice moral si elle démontre une faute de l'administration et un lien de causalité direct avec le préjudice.

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