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Conseil d'État, 6ème et 5ème chambres réunies, 11 mars 2026, n° 505714

Rejet Publication : C ECLI : ECLI:FR:CECHR:2026:505714.20260311

Synthèse de la décision

Question juridique

Le décret admettant un fonctionnaire à la retraite peut-il être contesté par des moyens dirigés contre la décision implicite de rejet de sa demande de maintien en activité, alors que ce décret n'est pas pris pour l'application de cette décision ?

Principe retenu

Les moyens soulevés contre une décision implicite de rejet d'une demande de maintien en activité sont inopérants à l'encontre du décret admettant l'agent à la retraite, dès lors que ce décret n'est pas pris pour l'application de cette décision implicite et n'en constitue pas la base légale. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de ce décret ne peuvent qu'être rejetées.

Faits clés

  • M. A..., conseiller maître à la Cour des comptes, a atteint la limite d'âge le 24 janvier 2025.
  • Il a bénéficié d'une prolongation d'activité jusqu'au 24 août 2025.
  • Le 25 novembre 2024, il a demandé un maintien en activité pour un an sur le fondement de la loi du 23 décembre 1986.
  • Le silence de l'administration a fait naître une décision implicite de rejet.
  • Par décret du 30 avril 2025, il a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 25 août 2025.

Articles cités

article L. 556-1 du code général de la fonction publique article L. 556-5 du code général de la fonction publique article 1er de la loi n° 86-1304 du 23 décembre 1986 article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête, un mémoire en réplique et un nouveau mémoire, enregistrés les 30 juin 2025, 9 janvier et 5 février 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B… A… demande au Conseil d’Etat : 1°) d’ordonner, avant dire droit, la communication de différents documents se rapportant à la gestion du budget et des ressources humaines à la Cour des comptes et, subsidiairement, de surseoir à statuer le temps de l’exercice des voies de recours contre le refus du Premier ministre et de la Cour des comptes de lui communiquer lesdits documents ; 2°) d’annuler pour excès de pouvoir le décret du 30 avril 2025 par lequel il a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 25 août 2025 ; 3°) d’enjoindre au Premier ministre de procéder, à la date de la décision du Conseil d’Etat à intervenir, à la reconstitution rétroactive de sa carrière, avec mise en œuvre de l’ensemble de ses droits ; 4°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général de la fonction publique ; - le code des relations entre le public et l’administration ; - la loi n° 86-1304 du 23 décembre 1986 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Karin Schor, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Nicolas Agnoux, rapporteur public ; Vu la note en délibéré, enregistrée le 16 février 2026, présentée par M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Il ressort des pièces du dossier que M. B… A…, conseiller maître à la Cour des comptes, a atteint le 24 janvier 2025 la limite d’âge prévue au 1° de l’article L. 556-1 du code général de la fonction publique. Il a bénéficié d’une prolongation d’activité jusqu’au 24 août 2025 inclus, sur le fondement des dispositions de l’article L. 556-5 du même code. Par une demande en date du 25 novembre 2024, il a demandé à bénéficier d’un maintien en activité pour une durée d’un an, sur le fondement des dispositions de l’article 1er de la loi du 23 décembre 1986 relative à la limite d’âge et aux modalités de recrutement de certains fonctionnaires civils de l’Etat. Par le décret du 30 avril 2025 dont il demande l’annulation pour excès de pouvoir, il a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 25 août 2025. 2. Aux termes de l’article L. 231-4 du code des relations entre le public et l’administration : « Par dérogation à l’article L. 231-1, le silence gardé par l’administration pendant deux mois vaut décision de rejet : / (…) 5° Dans les relations entre l’administration et ses agents ». 3. Pour contester le décret du 30 avril 2025, M. A... se borne à faire valoir des moyens contestant la légalité de la décision implicite de rejet de sa demande de maintien en activité, née en application des dispositions précitées de l’article L. 231-4 du code des relations entre le public et l’administration. Toutefois, le décret attaqué n’est pas pris pour l’application de cette décision de rejet, laquelle ne constitue pas davantage sa base légale. Par suite, les conclusions tendant à l’annulation pour excès de pouvoir de ce décret, au soutien desquelles tous les moyens soulevés sont inopérants, ne peuvent qu’être rejetées, sans qu’il soit besoin de surseoir à statuer ou d’ordonner que des pièces complémentaires soient versées aux débats. D E C I D E : -------------- Article 1er : La requête de M. A... est rejetée. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B… A… et au Premier ministre. Copie en sera adressée à la première présidente de la Cour des comptes. Délibéré à l'issue de la séance du 11 février 2026 où siégeaient : M. Jacques-Henri Stahl, président adjoint de la section du contentieux, présidant ; Mme Isabelle de Silva, M. Jean-Philippe Mochon, présidents de chambre ; Mme Laurence Helmlinger, M. Jérôme Marchand-Arvier, M. Stéphane Hoynck, M. Christophe Pourreau, M. Jean-Luc Matt, conseillers d'Etat et Mme Karin Schor, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 11 mars 2026. Le président : Signé : M. Jacques-Henri Stahl La rapporteure : Signé : Mme Karin Schor La secrétaire : Signé : Mme Marie-Adeline Allain

Questions fréquentes

Puis-je contester mon admission à la retraite en invoquant le refus de ma demande de maintien en activité ?
Non, si le décret d'admission à la retraite n'est pas pris pour l'application de la décision de refus, les moyens contre cette décision sont inopérants.
Que faire si l'administration ne répond pas à ma demande de maintien en activité ?
Le silence gardé pendant deux mois vaut décision de rejet. Vous pouvez former un recours contre cette décision implicite dans les délais.
Quels sont les recours possibles contre un décret de mise à la retraite ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le juge administratif, mais les moyens doivent être dirigés contre ce décret lui-même.
Le silence de l'administration vaut-il acceptation ou refus de ma demande ?
Dans les relations entre l'administration et ses agents, le silence gardé pendant deux mois vaut décision de rejet.
Puis-je obtenir une prolongation d'activité au-delà de la limite d'âge ?
Oui, sous conditions, notamment sur le fondement de l'article L. 556-5 du code général de la fonction publique ou de la loi du 23 décembre 1986.

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