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Conseil d'État, 10ème chambre jugeant seule, 19 juin 2026, n° 505882

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:505882.20260619

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une décision de la CNDA rejetant une demande de réexamen d'une demande d'asile est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a demandé à la CNDA d'annuler la décision de l'OFPRA du 8 août 2024 refusant de réexaminer sa demande d'asile.
  • Sa demande initiale d'asile avait été rejetée par une décision de la CNDA du 6 septembre 2023 devenue définitive.
  • La CNDA a rejeté sa demande de réexamen par une décision du 27 janvier 2025.
  • M. A... a formé un pourvoi en cassation contre cette décision devant le Conseil d'État.
  • Il a soulevé des moyens d'erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... C... A... a demandé à la Cour nationale du droit d’asile d’annuler la décision du 8 août 2024 par laquelle l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a refusé de réexaminer sa demande d’asile après le rejet de sa demande initiale par une décision de la Cour nationale du droit d’asile du 6 septembre 2023 devenue définitive. Par une décision n° 24044815 du 27 janvier 2025, la Cour nationale du droit d’asile a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 7 juillet et 6 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette décision ; 2°) d’annuler la décision de l’OFPRA du 8 août 2024 ; 3°) de mettre à la charge de l’OFRPA la somme de 3 500 euros à verser à la SARL Delvolvé et Trichet, son avocat, au titre des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967, relatifs au statut des réfugiés ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Bruno Delsol, conseiller d'Etat, - les conclusions de Mme Charline Nicolas rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Delvolvé et Trichet, avocat de A.... Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de la décision de la Cour nationale du droit d’asile qu’il attaque, M. A... soutient qu’elle est entachée : - d’erreur de droit en ce qu’elle écarte une pièce qu’il a produite au motif que, non traduite en français, elle ne présente aucune garantie d’authenticité ; - d’erreur de de droit en ce qu’elle lui fait supporter la charge de prouver qu’il était nommément cité dans l’entretien de son compagnon devant l’OFPRA et dans la décision de la CNDA reconnaissant à ce dernier le statut de réfugié ; - d’erreur de droit en ce qu’elle se borne à retenir qu’il n’établissait pas les risques de peines ou traitements inhumains ou dégradants du fait des autorités nigérianes, sans rechercher si ces atteintes pouvaient être le fait d’acteurs non étatiques, notamment de sa famille ou de sa communauté ; - de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle juge qu’il n’y avait pas lieu de modifier l’appréciation portée antérieurement sur son orientation sexuelle. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... C... A.... Copie en sera adressée à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. Délibéré à l'issue de la séance du 16 avril 2026 où siégeaient : M. Bertrand Dacosta, président de chambre, présidant ; M. Olivier Yeznikian, conseiller d'Etat et M. Bruno Delsol, conseiller d’Etat-rapporteur. Rendu le 19 juin 2026. Le président : Signé : M. Bertrand Dacosta Le rapporteur : Signé : M. Bruno Delsol La secrétaire : Signé : Mme Marie-Léandre Monnerville La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Puis-je demander un réexamen de ma demande d'asile après un rejet définitif ?
Oui, vous pouvez demander un réexamen à l'OFPRA, mais celui-ci peut être refusé si aucun élément nouveau n'est présenté.
Quels sont les motifs pour lesquels l'OFPRA peut refuser un réexamen ?
L'OFPRA peut refuser un réexamen si la demande ne repose pas sur des éléments nouveaux ou s'ils ne sont pas de nature à justifier une nouvelle examen.
Comment former un pourvoi en cassation contre une décision de la CNDA ?
Vous devez déposer un pourvoi devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois, avec un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi doit d'abord être admis par le Conseil d'État. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux.
Quels moyens peuvent être invoqués dans un pourvoi contre une décision de la CNDA ?
Vous pouvez invoquer des moyens de droit (erreur de droit, erreur de qualification juridique) ou de fait (dénaturation des pièces).
La CNDA doit-elle rechercher les risques de persécution par des acteurs non étatiques ?
Oui, la CNDA doit examiner les risques de persécution ou d'atteintes graves, qu'ils proviennent d'autorités ou d'acteurs non étatiques.

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