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Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 20 avril 2026, n° 505925

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:505925.20260420

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement prononçant la décharge de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères pour disproportion entre le taux et les dépenses est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par l'établissement public territorial ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Medipreim a demandé la décharge des cotisations de taxe d'enlèvement des ordures ménagères pour les années 2020 et 2021.
  • Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a prononcé la décharge pour 2020 et rejeté le surplus.
  • L'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris a formé un pourvoi en cassation contre ce jugement.
  • L'établissement soutenait que le tribunal avait commis une erreur de droit en ne substituant pas le taux de 2019 au taux de 2020 jugé disproportionné.
  • Il soutenait également une erreur de droit et une dénaturation des pièces concernant l'identification des dépenses par comptabilité analytique.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Medipreim a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise de prononcer la décharge des cotisations de taxe d’enlèvement des ordures ménagères auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021 dans les rôles de la commune de Chatenay Malabry (Hauts-de-Seine). Par un jugement n° 2315813 du 6 mai 2025, la magistrate désignée par le président de ce tribunal, après avoir admis l’intervention de l’établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris, a prononcé la décharge des cotisations contestées au titre de l’année 2020 et rejeté le surplus de sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 7 juillet et 7 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, l’établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler l’article 2 de ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond dans cette mesure, de rejeter la demande de la société Medipreim ou, à titre subsidiaire, de substituer au taux de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères relatif à l’année 2020 le taux résultant de la délibération applicable à l’année 2019 ; 3°) de mettre à la charge de la société Medipreim la somme de 6 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des collectivités territoriales ; - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Anne Blondy-Touret, conseillère d'Etat, - les conclusions de M. Charles-Emmanuel Airy, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Piwnica & Molinié, avocat de l’établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’il attaque, l’établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris soutient que le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a : - commis une erreur de droit en s’abstenant de rechercher s’il y avait lieu de substituer au taux de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères pour l’année 2020, qu’il a jugé disproportionné par rapport aux dépenses que la taxe a vocation à couvrir, le taux résultant de la délibération applicable à l’année précédente ; - commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant qu’il n’avait pas identifié, au moyen d’une comptabilité analytique suffisamment précise, les dépenses qui, parmi celles liées à son administration générale, devaient être regardées comme ayant été directement exposées pour le service public de collecte et de traitement des déchets ménagers ou assimilés. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de l’établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à l’établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris. Copie en sera adressée à la société Medipreim et au ministre de l'action et des comptes publics.

Questions fréquentes

Comment contester une taxe d'enlèvement des ordures ménagères trop élevée ?
Vous pouvez former une réclamation préalable auprès de l'administration fiscale, puis saisir le tribunal administratif. Si le tribunal vous donne raison, l'administration peut se pourvoir en cassation devant le Conseil d'État, mais ce pourvoi doit passer par une procédure d'admission.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un filtre : le pourvoi n'est admis que s'il est recevable et fondé sur un moyen sérieux. En l'espèce, le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi de l'établissement public territorial, car les moyens soulevés n'étaient pas sérieux.
Comment prouver que le taux de la TEOM est disproportionné par rapport aux dépenses ?
Il faut démontrer que le produit de la taxe excède manifestement les dépenses de collecte et de traitement des déchets. Cela peut nécessiter une comptabilité analytique précise pour identifier les dépenses directement liées au service.
Un établissement public territorial peut-il se pourvoir en cassation contre un jugement fiscal ?
Oui, s'il est partie à l'instance. Mais son pourvoi doit être admis par le Conseil d'État, ce qui suppose qu'il soulève des moyens sérieux.
Quelles sont les conditions pour qu'un pourvoi en cassation soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable (délais, qualité pour agir) et fondé sur au moins un moyen sérieux. En l'absence de moyen sérieux, il est rejeté.
Que signifie 'moyen sérieux' dans une procédure de cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à remettre en cause la décision attaquée. En l'espèce, les moyens de l'établissement public territorial ont été jugés non sérieux.

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