Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 12 mars 2026, n° 505927

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:505927.20260312

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel statuant sur la méthode d'évaluation de titres non cotés pour l'établissement de l'impôt sur les sociétés est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par la société requérante n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La SAS Le Nouveau Parc a demandé la décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de contribution sociale au titre de l'exercice 2012.
  • Le tribunal administratif de Limoges a partiellement fait droit à sa demande en réduisant les impositions.
  • La cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté l'appel de la société.
  • La société se pourvoit en cassation contre cet arrêt.
  • Elle conteste notamment la méthode d'évaluation des titres de sociétés civiles immobilières (méthode de productivité, coefficient bêta, taux de capitalisation, etc.).

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 192 du livre des procédures fiscales article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société par actions simplifiée (SAS) Le Nouveau Parc a demandé au tribunal administratif de Limoges de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés et de contribution sociale sur cet impôt auxquelles elle a été assujettie au titre de l’exercice clos en 2012, ainsi que des pénalités correspondantes. Par un jugement n° 2001347 du 20 juin 2023, ce tribunal a prononcé la réduction de ces impositions, ainsi que des pénalités correspondantes, en tant qu’elles ont été établies en tenant compte d’une valeur des titres des dix-neuf sociétés civiles immobilières détenues par la société civile immobilière Le Parc excédant 6 095 922 euros et a rejeté le surplus de sa demande. Par un arrêt n° 23BX02276 du 7 mai 2025, la cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté l’appel formé par la société Le Nouveau Parc contre l’article 3 de ce jugement. Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés les 7 juillet et 7 octobre 2025 et le 19 janvier 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Le Nouveau Parc demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Emile Blondet, auditeur, - les conclusions de M. Charles-Emmanuel Airy, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Piwnica & Molinié, avocat de la SAS Le Nouveau Parc ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la société Le Nouveau Parc soutient que la cour administrative d’appel de Bordeaux : - a commis une erreur de droit en jugeant que la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires n’avait pas commis d’irrégularité en invitant les parties à se rapprocher ; - a commis une erreur de droit en jugeant que l’absence d’avis de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires ne l’avait privée d’aucune garantie ; - a commis une erreur de droit en jugeant qu’elle n’était pas en droit de solliciter la saisine de cette commission à l’issue des recours hiérarchiques ; - a, par suite, commis une erreur de droit en jugeant que la procédure d’imposition n’avait pas été irrégulière ; - a méconnu l’article L. 192 du livre des procédures fiscales en lui faisant supporter la charge de la preuve ; - l’a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en validant, sans répondre à l’argumentation précise dont elle l’avait saisie démontrant les insuffisances manifestes entachant sa mise en œuvre, en particulier sur le coefficient noté beta utilisé par l’administration, sur la prise en compte inadéquate de l’inflation et sur le caractère indifférencié du taux de capitalisation retenu, la méthode de productivité appliquée par le vérificateur pour évaluer la valeur des titres qu’elle détenait dans dix-neuf sociétés civiles immobilières; - l’a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en écartant la méthode de la marge brute d’autofinancement qu’elle proposait ; - l’a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en ne répondant pas à son argumentation détaillée sur la nécessité de l’application d’un coefficient de non-liquidité pour la détermination de la valeur mathématique de ces titres ; - a, par voie de conséquence de son analyse erronée d’une minoration de la valeur des titres en cause, donné aux faits de l’espèce une inexacte qualification juridique en retenant l’existence d’une libéralité ; - a commis une erreur de droit en retenant une valeur vénale des titres différente de celle définitivement retenue par les juridictions judiciaires dans des litiges connexes. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Le Nouveau Parc n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société par actions simplifiée Le Nouveau Parc. Copie en sera adressée au ministre de l'action et des comptes publics.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Quels sont les moyens sérieux pour obtenir l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen qui est de nature à entraîner l'annulation de la décision attaquée, par exemple une erreur de droit, une insuffisance de motivation, ou une inexacte qualification juridique des faits.
Comment évaluer des titres de SCI pour l'impôt sur les sociétés ?
L'administration fiscale peut utiliser plusieurs méthodes, comme la méthode de productivité, la méthode de la marge brute d'autofinancement, ou la valeur mathématique. Le contribuable peut contester la méthode retenue en démontrant son caractère inadéquat.
Quelle est la charge de la preuve en matière d'imposition ?
En principe, la charge de la preuve incombe à l'administration, mais elle peut être transférée au contribuable dans certains cas, notamment lorsque la comptabilité est irrégulière ou que des insuffisances sont constatées.
Peut-on se pourvoir en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel ?
Oui, mais le pourvoi doit être admis par le Conseil d'État. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.