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Conseil d'État, 10ème chambre jugeant seule, 31 décembre 2025, n° 505975

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:505975.20251231

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension rejetant la demande d'un fonctionnaire de l'aviation civile contestant son affectation hors de Polynésie française est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B..., spécialiste exploitation de la navigation aérienne, a demandé en référé la suspension de plusieurs décisions refusant de reconnaître le transfert de ses intérêts matériels et moraux en Polynésie française, refusant de renouveler son séjour, constatant la fin de son séjour en fonctions et le plaçant en congé administratif, et l'affectant à l'aéroport de Beauvais-Tillé.
  • Le juge des référés du tribunal administratif de la Polynésie française a rejeté ses demandes par ordonnance du 23 juin 2025.
  • M. B... s'est pourvu en cassation contre cette ordonnance, soulevant plusieurs moyens : erreur de droit, insuffisance de motivation, dénaturation des pièces, atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale.
  • Le Conseil d'Etat a examiné le pourvoi selon la procédure d'admission prévue à l'article L. 822-1 du code de justice administrative.
  • Le Conseil d'Etat a jugé qu'aucun des moyens n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de la Polynésie française, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’une part, d’ordonner la suspension de l’exécution des décisions par lesquelles le directeur général de l’aviation civile, le 24 février 2025, a refusé de reconnaître le transfert du centre de ses intérêts matériels et moraux en Polynésie française, le 25 février 2025, a refusé de renouveler son séjour pour deux années supplémentaires, le 24 mars 2025, a constaté la fin de son séjour en fonctions en Polynésie française et l’a placé en congé administratif pour deux mois à compter du 1er mai 2025, ainsi que de l’arrêté du 19 mai 2025 par lequel le ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation l’a affecté à l’aéroport de Beauvais-Tillé en tant que spécialiste exploitation de la navigation aérienne et, enfin, de la décision du 5 mai 2025 transmise par courriel par laquelle son recours hiérarchique contre les décisions précédentes a été implicitement rejeté, et, d’autre part, d’enjoindre au ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation de l’exclure de toute procédure de réaffectation en dehors de la Polynésie française, de le réaffecter au service d’Etat de l’aviation civile en Polynésie française, de réexaminer ses demandes de reconnaissance du transfert du centre de ses intérêts matériels et moraux et de prolongation de son séjour en Polynésie française, en lui appliquant le coefficient de majoration de son traitement pendant le congé administratif. Par une ordonnance n° 2500250 du 23 juin 2025, le juge des référés du tribunal administratif de la Polynésie française a rejeté ses demandes. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 et 23 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à ses demandes ; 3°) d’enjoindre au ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation de réexaminer ses demandes dans un délai de 48 heures à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ; 4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la loi organique n° 2004-192 du 27 février 2004 ; - le code général de la fonction publique ; - le décret n° 90-998 du 8 novembre 1990 ; - le décret n° 96-1026 du 26 novembre 1996 ; - le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Renaud Vedel, conseiller d'Etat, - les conclusions de M. Frédéric Puigserver, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Waquet, Farge, Hazan, Feliers, avocat de M. B... ; Vu la note en délibéré, enregistrée le 8 décembre 2025, présentée par M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de la Polynésie française qu’il attaque, M. B... soutient qu’elle est entachée : - d’erreur de droit et d’insuffisance de motivation en ce qu’elle n’expose pas les circonstances de fait ou de droit sur lesquelles elle se fonde ; - d’erreur de droit en ce qu’elle considère qu’aucun des moyens de sa demande ne paraît de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 24 février 2025 alors qu’elle repose quasi exclusivement sur des critères dits d’irréversibilité mentionnés par les lignes directrices de l’administration pour refuser que lui soit reconnu l’établissement du centre de ses intérêts matériels et moraux en Polynésie française ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle écarte le moyen tiré de ce que l’administration s’est fondée sur des faits matériellement erronés et a ignoré plusieurs éléments de fait déterminants établissant la fixation de sa vie privée et personnelle en Polynésie française ; - d’erreur de droit en ce qu’elle ne considère pas comme de nature à créer un doute sérieux quant à sa légalité le moyen tiré de l’erreur de droit dont est entachée la décision du 25 mars 2025 par laquelle l’administration a refusé le renouvellement de son affectation en Polynésie française pour deux ans supplémentaires ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle écarte le moyen tiré de ce que la décision du 19 mai 2025 prononçant son affectation à l’aéroport de Beauvais-Tillé porte une atteinte manifestement disproportionnée à sa vie privée et familiale. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B.... Copie en sera adressée au ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation. Délibéré à l'issue de la séance du 4 décembre 2025 où siégeaient : M. Bertrand Dacosta, président de chambre, présidant ; M. Olivier Yeznikian, conseiller d'Etat et M. Renaud Vedel, conseiller d'Etat-rapporteur. Rendu le 31 décembre 2025. Le président : Signé : M. Bertrand Dacosta Le rapporteur : Signé : M. Renaud Vedel La secrétaire : Signé : Mme Marie-Léandre Monnerville

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le référé suspension ?
Le référé suspension est une procédure d'urgence permettant de demander à un juge de suspendre l'exécution d'une décision administrative tant que le juge du fond ne s'est pas prononcé sur sa légalité.
Quels sont les critères pour obtenir la suspension d'une décision ?
Il faut démontrer l'urgence (préjudice grave et immédiat) et l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Comment se déroule l'admission d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. Le Conseil d'Etat examine les moyens et refuse l'admission s'ils ne sont pas sérieux.
Qu'est-ce que le centre des intérêts matériels et moraux ?
C'est un critère utilisé pour déterminer le lieu de résidence d'une personne, en tenant compte de ses attaches familiales, professionnelles et matérielles.
Puis-je contester une affectation qui me sépare de ma famille ?
Oui, vous pouvez contester une affectation en invoquant une atteinte disproportionnée à votre vie privée et familiale, mais il faut démontrer un préjudice grave et un doute sérieux sur la légalité.

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