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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 16 avril 2026, n° 506060

Renvoi incompétence Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:506060.20260416

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant la demande d'annulation d'une sanction disciplinaire d'exclusion définitive d'un agent public hospitalier est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par la requérante n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a été exclue définitivement de l'établissement public de santé mentale Jean-Martin Charcot par décisions des 13 décembre 2021 et 22 juillet 2022.
  • Le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande d'annulation le 23 février 2024.
  • La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté son appel le 16 mai 2025.
  • Mme B... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat contre l'arrêt de la cour.
  • Les moyens invoqués portent sur des irrégularités, dénaturations, erreurs de droit et une disproportion de la sanction.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Rennes d’annuler pour excès de pouvoir les décisions des 13 décembre 2021 et 22 juillet 2022 par lesquelles la directrice de l’établissement public de santé mentale Jean-Martin Charcot de Caudan (Morbihan) a prononcé son exclusion définitive. Par un jugement n° 2200729 du 23 février 2024, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24NT01168 du 16 mai 2025, la cour administrative d’appel de Nantes a rejeté l’appel formé par Mme B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 10 juillet et 10 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’établissement public de santé mentale Jean-Martin Charcot la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ; - la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ; - le décret n° 89-822 du 7 novembre 1989 ; - le décret n° 97-487 du 12 mai 1997 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Erwan Le Bras, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Maxime Boutron, rapporteur public. La parole ayant été donnée, après les conclusions, au cabinet Rousseau, Tapie, avocat de Mme B.... Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, Mme B... soutient qu’il est entaché : - d’irrégularité en ce qu’il ne vise pas les textes dont il fait application ; - de dénaturation des pièces du dossier et d’une méconnaissance de son office par la cour, en se saisissant d’un manquement qui n’avait pas été retenu par la décision de sanction disciplinaire ; - d’erreur de droit en retenant des faits différents de ceux retenus par l’administration pour caractériser un des manquements ayant fondé la décision de sanction ; - de dénaturation des pièces du dossier en retenant des faits différents de ceux attestés par un témoignage recueilli par l’administration pour fonder la décision de sanction ; - d’erreur de droit en retenant que les faits mentionnés dans le rapport circonstancié de sa supérieure hiérarchique devaient être regardés comme établis alors que certains d’entre eux ne relevaient que d’une suspicion ; - de dénaturation en retenant que devait être regardé comme établi un manquement tenant à un geste envers un patient qui ne ressortait pas des pièces du dossier ; - d’inexacte qualification des faits en retenant que les manquements allégués constituaient des actes de maltraitance à l’encontre de personnes vulnérables. 3. Elle soutient en outre que cet arrêt maintient une sanction hors de proportion avec la gravité des fautes retenues. 4. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B.... Copie en sera adressée à l’établissement public de santé mentale Jean-Martin Charcot. Délibéré à l'issue de la séance du 12 mars 2026 où siégeaient : Mme Laurence Helmlinger, assesseure, présidant ; M. Jérôme Marchand-Arvier, conseiller d'Etat et M. Erwan Le Bras, maître des requêtes en service extraordinaire-rapporteur. Rendu le 16 avril 2026. La présidente : Signé : Mme Laurence Helmlinger Le rapporteur : Signé : M. Erwan Le Bras Le secrétaire : Signé : M. Bernard Longieras

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'Etat ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Quels moyens peuvent justifier l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Les moyens sérieux peuvent être, par exemple, une erreur de droit, une dénaturation des faits, une irrégularité de procédure, ou une inexacte qualification juridique des faits.
Que se passe-t-il si le pourvoi n'est pas admis ?
Si le pourvoi n'est pas admis, la décision attaquée (l'arrêt de la cour administrative d'appel) devient définitive et la sanction disciplinaire est maintenue.
Puis-je contester une sanction disciplinaire directement devant le Conseil d'Etat ?
Non, le Conseil d'Etat est juge de cassation. Il ne rejuge pas les faits. Vous devez d'abord saisir le tribunal administratif, puis la cour administrative d'appel, et enfin le Conseil d'Etat en cassation.
Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai est généralement de deux mois à compter de la notification de la décision de la cour administrative d'appel.

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